• Liliane Bettencourt prête à la "guerre nucléaire" avec sa fille

    Liliane Bettencourt prête à la "guerre nucléaire" avec sa fille

    LEMONDE.FR avec AFP | 02.10.11 | 11h08   •  Mis à jour le 02.10.11 | 15h02

    Liliane Bettencourt et sa fille, Francoise Bettencourt-Meyers, le 6 juillet 2007 à Paris.

    Liliane Bettencourt et sa fille, Francoise Bettencourt-Meyers, le 6 juillet 2007 à Paris.AFP/PATRICK KOVARIK

    Liliane Bettencourt est prête à la "guerre nucléaire" avec sa fille Françoise et a donné pour consigne à ses avocats d'engager des démarches pour révoquer l'accord conclu avec elle en décembre dernier, rapporte le Journal du Dimanche. Selon les termes de cet accord, Liliane Bettencourt, sa fille et le photographe François-Marie Banier renonçaient à leurs plaintes respectives. Il prévoyait aussi une réorganisation de la holding Téthys, qui contrôle la fortune de la milliardaire.

    Me Jean-René Farthouat, qui a confirmé ses déclarations samedi soir à l'AFP, a déclaré au JDD : "J'ai vu Liliane Bettencourt vendredi, et elle est partisane de la guerre nucléaire. Mais nous attendons un peu avant d'engager des actions". Dans un courrier daté de vendredi, la milliardaire demande à Me Farthouat "d'agir sans délai et avec fermeté contre les agisssements de (sa) fille".

    "QUE CESSENT LES HARCÈLEMENTS"

    Elle souhaite la révocation du protocole de réconciliation "du 6 décembre et de ses annexes", demande que soit menée "toute procédure, y compris pénale, pour que cessent les harcèlements" dont elle se dit victime et, enfin, suggère "une action en révocation des donations consenties à (sa) fille pour ingratitude", selon des extraits publiés par le JDD, qui souligne l'ampleur des conséquences financières de telles mesures.

    Me Farthouat a précisé à l'AFP vouloir d'abord saisir la chambre de l'instruction de Bordeaux, où est maintenant traité le dossier Bettencourt, pour demander la "nullité d'une expertise médicale" de Liliane Bettencourt menée en juin dans des conditions contestées par les avocats de la milliardaire. Sur la base de l'expertise, le parquet de Bordeaux a chargé les juges d'instruction d'étudier les abus de faiblesse dont aurait pu être victime Liliane Bettencourt depuis 2006.

    "UN PEU DÉRANGÉE"

    "Ensuite, je réfléchis, je reverrai Mme Bettencourt", a poursuivi Me Farthouat, apparemment soucieux d'éviter d'envenimer les choses. "Je ne suis pas du genre à mettre de l'huile sur le feu", a-t-il ajouté. Ce que veut Liliane Bettencourt, selon lui, c'est "qu'on la laisse tranquille".

    La juge des tutelles de Courbevoie (Hauts-de-Seine) doit décider mardi de placer ou non sous protection Liliane Bettencourt, qui souffre à 88 ans d'une maladie cérébrale et est en conflit ouvert avec sa fille.

    Après un accord de réconciliation très médiatisé conclu en décembre dernier, la guerre entre mère et fille avait repris en juillet, lorsque Françoise Bettencourt-Meyers avait déposé une nouvelle requête en justice, accusant le mandataire financier de sa mère de conflit d'intérêt. Liliane Bettencourt avait répliqué en conseillant à sa fille, "un peu dérangée", de "voir un psy".

    "IL Y A BELLE LURETTE"

    Dans un entretien accordé à l'animateur Marc-Olivier Fogiel, qui sera diffusé dimanche sur M6, Liliane Bettencourt promet elle-même de "beugler" si elle est placée sous tutelle, une "imbécillité monstre" selon elle. La milliardaire affirme par ailleurs dans l'entretien qu'elle n'a pas donné d'argent à Nicolas Sarkozy pour financer sa campagne pour la présidentielle de 2007. "Franchement, non", assure-t-elle.

    Mme Bettencourt, 88 ans, a été au coeur d'une tentaculaire affaire politico-fiscale à l'été 2010, née d'un conflit familial qui a débordé sur le terrain politique et conduit au départ de l'ex-ministre Eric Woerth pour des soupçons de conflits d'intérêts et de financement illégal.

    Début septembre, un livre-brûlot de deux journalistes du Monde a relancé cette affaire : une magistrate y accuse le pouvoir d'avoir fait pression sur des témoins qui auraient vu Nicolas Sarkozy recevoir des sommes d'argent en liquide de la famille Bettencourt pour financer sa campagne de 2007. Des accusations rejetées comme "mensongères" par l'Elysée.

    Interrogée sur M6 pour savoir si elle n'avait jamais donné d'argent à M. Sarkozy en 2007, Mme Bettencourt répond : "Pourquoi voulez-vous que je lui en donne ?", avait-elle dit peu avant. "Pour financer sa campagne", avait alors relancé le journaliste. "Non, mais alors, il y a belle lurette avant, alors, quand il était jeune homme", avait-elle répondu, comme déroutée par la question.

    En dépit des démentis de la présidence, l'affaire avait suffisamment embarrassé le pouvoir pour qu'il ait fait surveiller les communications d'un journaliste du Monde enquêtant sur ce dossier et celles de sa source.


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