• Loi santé: entre 19.000 et 50.000 blouses blanches défilent à Paris

    Loi santé: entre 19.000 et

    50.000 blouses blanches défilent

    à Paris

    Publié le 15-03-2015 à 07h33Mis à jour à 20h46

    lien 

    Manifestation de médecins généralistes contre la loi santé, le 23 décembre 2014 à Lyon (c) Afp

    Manifestation de médecins généralistes contre la loi santé, le 23 décembre 2014

    à Lyon (c) Afp

    Paris (AFP) - "Tous unis pour la santé de demain": derrière ce slogan, entre 19.000 et 50.000 blouses blanches, en colère contre le projet de loi santé, ont défilé dimanche à Paris et une délégation a été reçue par la ministre Marisol Touraine dont certains professionnels demandent le départ du gouvernement.

    Les professionnels de la santé, médecins, internes, infirmiers libéraux, dentistes, espéraient dépasser le cap des 20.000 manifestants pour modifier, voire supprimer le texte de loi qui doit débuter mardi son parcours parlementaire.

    "Tous unis", les professionnels de santé affirment "leur refus de ce projet de loi qui remet en cause les valeurs les plus essentielles de nos métiers: la liberté, l'égalité et la santé", ont proclamé des manifestants aux abords du ministère de la Santé (VIIe arrondissement), s'adressant à Marisol Touraine et au président François Hollande.

    C'est le message que des représentants syndicaux de médecins et d'internes devaient transmettre directement à la ministre qui les recevaient en fin d'après-midi, alors que quelques dizaines de manifestants, tenus à distance du ministère, scandaient encore "Marisol, montre-toi" ou "Marisol, démission".

    Si une partie des manifestants, partis de Denfert-Rochereau (XIVe) en début d'après-midi, réclament le retrait du texte, voire la démission de la ministre, d'autres plaident pour une réécriture du projet de loi. Tous dénoncent un manque de concertation.

    Autant de griefs, autant de slogans. "Tiers payant généralisé - médecins enchaînés, patients trompés", "les Marisoldes de la santé", "loi Touraine nuit gravement à la santé", pouvait-on notamment lire dans le cortège, où se côtoyaient tee-shirts blancs, vendus dix euros pour l'occasion, blouses blanches et manifestants en tenue de bagnard.

    Les attaques contre la ministre fusaient aussi, comme ces pancartes où l'on pouvait lire "Touraine démago dégage vite ou fracas dans les urnes le 22 mars", lors des élections départementales, ou bien encore "Rendez-nous Roselyne", en allusion à l'ancienne ministre Roselyne Bachelot. Au micro, des slogans "Touraine démission" étaient scandés.

    Les différentes organisations se comptent aussi, à quelques mois des élections professionnelles prévues en fin d'année.

    - Les médecins 'conservateurs' selon un sondage -

    A l'initiative de l'appel à manifester, les jeunes ou futurs médecins ont insisté sur "le malaise" des jeunes praticiens.

    Venue de Lyon avec une soixantaine de confrères, Agnès Laville, généraliste de 33 ans, a ainsi choisi de porter une pancarte proclamant "J'étais généraliste", parce qu'elle a "peur pour l'avenir de sa profession". "Même si je suis un contre-exemple, les jeunes ne s'installent plus", affirme-t-elle.

    La Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) a, elle, réclamé le départ du gouvernement de Marisol Touraine, en accusant la ministre de vouloir "faire disparaître" les cliniques.

    Même l'Ordre des médecins, d'ordinaire discret, a affiché son "soutien" à la manifestation, tout comme l'UMP François Fillon.

    Marisol Touraine a pourtant lâché du lest lundi, en acceptant des aménagements à son texte qui comporte aussi un important volet prévention. Elle a notamment reculé sur la délégation de la vaccination aux pharmaciens, qui fera l'objet d'"expérimentations" au lieu d'être inscrite dans la loi.

    Mais la ministre a maintenu son objectif d'étendre le tiers payant (dispense d'avance de frais lors des consultations) à tous les Français en 2017. Promesse de campagne de François Hollande, la mesure, plébiscitée par les patients, est aussi la plus critiquée par les libéraux. Les médecins redoutent une "usine à gaz" administrative et des difficultés à être remboursés rapidement par l'assurance maladie et les complémentaires santé. Les garanties de la ministre sur les délais de paiement n'ont en rien rassuré les praticiens.

    Le président de MG France (généralistes), Claude Leicher, a récusé dimanche toute "opposition de principe" au tiers payant généralisé, en évoquant "une crainte très forte de se faire contraindre à du travail administratif alors que le métier des médecins est de soigner les patients".

    Mais les contestataires dénoncent aussi un projet de loi décevant au regard de la stratégie nationale de santé, dévoilée en 2013.

    Du côté des patients, si une large majorité de Français (88%) ont une "bonne opinion" des médecins, deux sur trois les jugent "conservateurs" et "fermés aux réformes", selon un sondage Odoxa publié dimanche dans Le Parisien.

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :