• Dernière modification : 15/07/2012 

    Visite de Fabius en Algérie : exorciser le passé et sauver le Mali

     Visite de Fabius en Algérie : exorciser le passé et sauver le Mali 

    Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, est arrivé dimanche à Alger pour une visite de deux jours visant à renforcer les relations bilatérales entre les deux pays. La crise au Mali devrait être un point phare des discussions.

    Par Mehdi Chebil (texte)
     

    Le symbole est fort. Pour sa première visite dans un pays arabe en tant que chef de la diplomatie, Laurent Fabius a choisi une Algérie empêtrée dans un long hiver politique plutôt que les pays en pleine transition démocratique à la suite du printemps arabe.

    Diaporama : Paroles d'Algériens, 50 ans après l'indépendance
    (Cliquez pour voir le diaporama)

    Le ministre des Affaires étrangères français doit arriver dimanche 15 juillet à Alger pour rencontrer son homologue algérien, Mourad Medelci. Il verra, lundi, le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, pour un entretien dont l’objectif affiché est de donner une nouvelle tonalité aux relations bilatérales entre les deux pays.

    S’il s’agit de préparer la visite du président Hollande, prévue pour la fin de l’année, Laurent Fabius devrait aussi évoquer le sujet brûlant d’une intervention armée au Mali voisin.

    "Nous, ce qu’on demande, c’est que tous les pays de la région travaillent ensemble et se mobilisent pour trouver une solution au problème du terrorisme", affirme un porte-parole du Quai d’Orsay contacté par FRANCE 24.

    Dix jours après les célébrations du cinquantenaire de l’indépendance algérienne, Laurent Fabius est particulièrement attendu par les Algériens sur un autre dossier : le lourd contentieux historique hérité de l’occupation coloniale française (1830-1962).

    Repentance et réconciliation

    Dans un message envoyé à l’Élysée à l’occasion de la fête du 14-Juillet, le président Bouteflika a appelé son homologue français à "exorciser le passé" et à faire "un examen lucide et courageux" de la guerre d’Algérie afin de renforcer les relations entre les deux pays. Ces dernières étaient restées relativement distendues depuis l’échec du projet de traité d'amitié franco-algérien initié par Jacques Chirac en 2003.

    Syndiquer le contenuCinquantième anniversaire de l'indépendance de l'Algérie

    Alors que les mémoires sont encore à vifs chez ceux qui ont vécu la guerre d’Algérie (1954-1962), les signes précurseurs d’une forme de repentance française se sont multipliés ces derniers mois.

    Le plus récent fut la lettre envoyée par François Hollande à Abdelaziz Bouteflika au début du mois de juillet, à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance algérienne, dans laquelle le nouveau président français affirmait qu’ il y avait désormais la "place pour un regard lucide et responsable" sur le lourd contentieux colonial entre les deux pays.

    De l’autre côté du spectre politique français, c’est l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin qui a exhorté le gouvernement socialiste à assumer cette histoire "douloureuse" en envoyant des "signaux forts" pour relancer les relations entre l’Algérie et la France.

    "J’ai la conviction que la clé d’une nouvelle politique arabe de la France, c’est une nouvelle relation de la France et de l’Algérie fondée sur une réconciliation historique comme nous l’avons fait avec l’Allemagne", écrivait l’ancien Premier ministre dans une tribune publiée par "Le Monde" à la veille des festivités algériennes.

    "Afghanisation" du Sahel

    La mémoire des crimes commis pendant le conflit franco-algérien pourrait revenir d’autant plus facilement aux autorités françaises, qu’elles ont besoin de la coopération d’Alger pour faire face à une poussée islamiste sans précédent dans le Sahel.

    Le nord du Mali – un territoire grand comme deux fois la France – a été conquis par un mouvement rebelle touareg appuyé par le groupe islamiste Ansar Dine en mars dernier, à la faveur d’un coup d’État militaire à Bamako.

    Une intervention militaire extérieure est envisagée de plus en plus sérieusement depuis que les groupes islamistes, alliés à Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), ont chassé les rebelles touareg et renforcé leur emprise sur les grandes villes du nord malien.

    La possibilité et les modalités d’une telle opération militaire seront donc au menu des discussions entre Laurent Fabius et les responsables algériens, Paris comme Alger redoutant une prolifération djihadiste et une forme d’"afghanisation" du nord Mali.

    Vers une intervention militaire?

    L’enjeu pour Laurent Fabius consiste à convaincre l’Algérie, puissance militaire régionale, d’accepter une intervention militaire internationale à ses portes. Il y a un peu plus d’un an, Alger s’était opposé à une intervention occidentale en Libye en affirmant que la chute de Kadhafi déstabiliserait l’ensemble de la région – une prédiction devenue réalité au grand dam du Mali voisin.

    Consciente de son image d’ancienne puissance coloniale, la France avance ses pions avec prudence afin de ménager les susceptibilités des pays de la région. Laurent Fabius a ainsi déclaré que toute "utilisation de la force" devrait être menée par des troupes africaines bénéficiant d’un soutien logistique international. L’éventuelle implication des forces spéciales françaises du COS, basées à Ougadougou au Burkina Faso voisin, reste taboue pour le moment.

    Quant à l’Algérie, elle est longtemps restée arc-boutée sur ses positions, prônant une solution politique basée sur le "dialogue" entre tous les acteurs de la crise malienne. Si Paris et Alger parviennent à accorder leurs violons durant cette visite, Laurent Fabius pourra s’enorgueillir d’avoir posé un jalon important pour en finir avec ce que l’actuel chef de la diplomatie française a appelé le "Sahélistan".

     

     


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  • L'Algérie célèbre 50 années d'indépendance

    Par Sylvain Chatelain Mis à jour <time class="updated" datetime="05-07-2012T17:32:00+02:00;">le 05/07/2012 à 17:32</time> | publié <time datetime="05-07-2012T15:11:00+02:00;" pubdate="">le 05/07/2012 à 15:11</time>

    VIDÉO - Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a lancé mercredi soir une année entière de festivités, sans la France qui n'était pas conviée, mais avec un spectacle historique et des feux d'artifice dans tout le pays.

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  • Dernière modification : 04/07/2012 

    Polémiques autour des festivités du cinquantenaire de l'indépendance

    Polémiques autour des festivités du cinquantenaire de l'indépendance

    Tandis que l’Algérie s’apprête à commémorer en grande pompe, à partir de ce mercredi, le cinquantenaire de son indépendance, les dépenses générées par les célébrations, tout autant que l'organisation et la programmation, suscitent les polémiques.

    Par FRANCE 24 (texte)
     

    Pour célébrer la date historique de son indépendance, marquant le départ de la puissance coloniale française, les autorités algériennes ont vu les choses en grand. Le programme des festivités qui comprend spectacles, conférences, diffusions de documentaires, concours, expositions et colloques, vont s’étaler sur un an, soit jusqu’au 5 juillet 2013.

    Le président algérien Abdelaziz Bouteflika donne, en personne, le coup d’envoi de la commémoration du cinquantenaire de l'indépendance de l’Algérie, proclamée le 5 juillet 1962, en assistant, dès mercredi 4 juillet, à un spectacle musical retraçant l'histoire du pays. Un "méga show ", selon le site officiel des festivités, qui aura lieu dans la station balnéaire de Sidi Fredj - à l'ouest d'Alger- lieu du débarquement des Français en 1830.
     
    LE président algérien Abdelaziz Bouteflika
    Une fête confisquée ?
     
    Du côté d’Alger, pourtant, l’ambiance n’est pas encore à la fête. Ces derniers jours, plusieurs polémiques ont éclaté autour des dépenses engendrées par ces commémorations, soit un budget total de près de 2 milliards d’euros, selon le quotidien "Le Figaro", le gouvernement algérien n’ayant pas dévoilé de chiffre officiel. 
     
    "Les sommes sont colossales, même s’il faut marquer le coup. L’Algérien moyen pense qu’il s’agit d’argent jeté par les fenêtres et qu’il aurait mieux valu l’investir sur quelque chose de plus pérenne qu’un feu d’artifice", explique au téléphone Hamid Saidani, journaliste au quotidien "Liberté", contacté par FRANCE 24. Ces derniers jours, plusieurs voix se sont notamment élevées pour dénoncer le cachet de la vedette libanaise Elissa, rétribuée 96 000 euros pour un concert de gala.
     
    L’organisation des évènements et leur programmation font aussi l’objet de critiques. Certains regrettent que la chorégraphie des festivités du 5 juillet n’ait pas été confiée à un chorégraphe algérien. "Le programme des festivités a été tellement tenu au secret par le gouvernement et ses ministres, que cela a fini par créer un effet d’exclusion : les Algériens ne se sentent pas invités, concernés, associés ou considérés", peste l'éditorialiste et écrivain Kamel Daoud dans une tribune publiée sur le site Algérie-focus. Et de poursuivre : "La fête reste étatique, folklorique, subventionnée et néostalinienne (…).Le Pouvoir a réussi à privatiser le festif par l’officiel", ajoute-t-il.
     
    Faire le bilan
     
    Un constat que partage Faycal Métaoui, journaliste au quotidien francophone "El Watan" depuis 22 ans. "Les avis sont partagés sur ces festivités, mais beaucoup redoutent qu’elles ne versent dans le folklore stalinien. D’ailleurs, certains discours d’autopromotion et de glorification du pouvoir, relayés ces derniers jours par les médias publics, me font croire que cela a déjà commencé", explique-t-il au téléphone à FRANCE 24. "Vu que les festivités commencent ce soir, on saura rapidement s’il y a une adhésion de la population et jusqu’à quel point elle sera associée à la fête", poursuit Faycal Métaoui.
     
    Au-delà de l’aspect évènementiel, c’est le sens donné à la commémoration du cinquantenaire qui fait débat. "Il fallait profiter de cet anniversaire pour faire le bilan des cinquante années qui viennent de s’écouler et ouvrir un débat serein sur l’histoire même de l’indépendance algérienne, qui reste à écrire", estime Faycal Métaoui.
     
    Et Hamid Saidani de renchérir : "le débat sur l’Algérie est, et sera toujours tronqué tant que la machine étatique organisera les séminaires et les colloques censés éclairer les Algériens sur leur histoire".
     

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  • Algérie : le scrutin du 10 mai «non transparent et non crédible»

    Publié le 02.06.2012, 18h10 | Mise à jour : 19h11

    Alger (Algérie), samedi. La nouvelle Assemblée nationale algérienne a connu une première session mouvementée avec le boycott d'élus islamistes mécontents du scrutin du 10 mai.

    Alger (Algérie), samedi. La nouvelle Assemblée nationale algérienne a connu une première session mouvementée avec le boycott d'élus islamistes mécontents du scrutin du 10 mai. | Farouk Batiche

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    Les législatives du 10 mai en Algérie sont «non crédibles et non transparentes», selon le rapport de la commission nationale de surveillance (Cnisel), présenté samedi à la presse. Une quinzaine de partis, dont des islamistes (hors FIS-dissous), ont déjà dénoncé le déroulement de ce scrutin et ont déposé 165 recours.
     
    Ils ont d'ailleurs perturbé l'installation du nouveau peu après la validation par le conseil constitutionnel des résultats, qui donnent en le parti historique FLN et le RND du Premier ministre Ahmed Ouyahia.

    «Les législatives du 10 mai 2012 ont été entachées par de nombreux dépassements et infractions, du début de l'opération jusqu'à sa fin ce qui a terni sa probité et sa transparence», conclut le rapport de la Cnisel lu par son président Mohamed Seddiki. «La commission considère que les élections ont perdu leur crédibilité», ajoute-t-il.

    La CNISEL, composée de représentants des 44 partis qui ont participé au scrutin, note dans son rapport toutes les irrégularités dont elle a eu connaissance, depuis la convocation du corps électoral jusqu'à l'annonce des résultats officiels. Trente cinq de ses membres ont signé le rapport, quatre étaient absents. Le FLN et le Rassemblement national démocratique, vainqueurs des élections, ont refusé de le signer et les autres se sont abstenus.


    La commission a échappé au contrôle de l'administration 

    Une première version du rapport, longue de 70 pages, a circulé mardi dans plusieurs rédactions algériennes. Selon Mohamed Seddiki, cette première version avait été rédigée par huit membres de la commission et le texte définitif n'a été adopté qu'après lecture et débats. Il n'a pas été «dilué sous la pression», a-t-il assuré, refusant de parler de «fraude» mais qualifiant le scrutin de «non crédible».

    Pour la première fois depuis l'instauration du multipartisme en 1989, la présidence de cette commission, chargée du «suivi et du contrôle des opérations électorales», a échappé au contrôle de l'administration. Lors des précédents scrutins, sa présidence avait toujours été confiée à une personnalité, désignée par les autorités. Mohamed Seddiki a été élu par ses pairs.

    Le Front de libération nationale (parti présidentiel) est le grand vainqueur de ce scrutin avec 208 sièges, suivi du Rassemblement national démocratique avec 68 sièges et de l'Alliance de l'Algérie verte (AAV, trois partis islamistes) avec 49 sièges. La nouvelle Assemblée compte 462 députés dont 145 femmes.

    LeParisien.fr


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  • Algérie: Des islamistes quittent la séance inaugurale du parlement

    Mis à jour le 26.05.12 à 21h22  lien

    Plusieurs dizaines de députés islamistes ont quitté samedi la séance inaugurale du parlement algérien en signe de protestation contre des élections législatives qui ont été selon eux truquées dans le but de donner une majorité à l'élite dirigeante du pays.

    L'Algérie, qui fournit un cinquième du gaz qu'importe l'Europe, est le seul pays d'Afrique du Nord à avoir été pratiquement épargné par les mouvements de contestation du "printemps arabe", mais certains experts prévoient des troubles si l'establishment ne relâche pas son emprise sur le pouvoir.

    Des députés islamistes ont brandi des affiches clamant "Non à la fraude!" durant la séance inaugurale, consécutive aux élections législatives tenues le 10 mai. Puis ils ont quitté l'hémicycle de l'APN (Assemblée populaire nationale).

    Les députés qui ont ainsi protesté sont membres de la coalition islamiste modérée Alliance de l'Algérie verte ainsi que de deux petites formations islamistes, qui totalisent une soixantaine des 462 sièges du parlement.

    Reuters

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