• "Maître Corbeau, vous votez Poutine?": le Russe revient aux blagues d'URSS

    "Maître Corbeau, vous votez Poutine?": le Russe revient aux blagues d'URSS

    - Publié le 07/10/2011 à 16:08

    • Par Pierre-Antoine Delhommais

    • Par Nicolas Hénin

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    "Maître Corbeau, vous votez Poutine?": le Russe revient aux blagues d'URSS

    Léonid Brejnev, qui était à la tête d'un régime réprimant toute critique, et était très diminué à la fin de ses 18 ans de pouvoir (1964-1982), était le héros involontaire de nombreuses blagues que les Soviétiques se répétaient en privé.

    Prêtant le flanc à la comparaison avec Léonid Brejnev avec l'annonce de son prochain retour au Kremlin après deux mandats présidentiels et quatre ans de gouvernement, Vladimir Poutine, 59 ans vendredi, a relancé la floraison de blagues qui rappellent celles de l'époque soviétique.

    Ces "anecdotes", selon le terme russe, à l'humour souvent acide, se multiplient sur internet, plus que cela n'a jamais été le cas depuis l'arrivée au pouvoir de l'ex-agent du KGB il y a onze ans.

    Comme celle-ci, sur la réalité des rôles au sein du pouvoir russe durant la présidence de Dmitri Medvedev, désigné en 2008 comme son dauphin par Vladimir Poutine faute de pouvoir faire plus de deux mandats consécutifs :

    "Bonjour, vous appelez le président de la Fédération de Russie. Pour avoir Dmitri Medvedev, appuyez sur 2".

    Celle-là, sur l'issue prévisible du scrutin dans un pays où l'opposition a été laminée et où la suspicion de falsification des résultats est toujours répandue :

    "Poutine est dans un avion avec Grigori Iavlinski (chef du parti d'opposition Iabloko) et Guennadi Ziouganov (chef des communistes). Un moteur tombe en panne, l'avion commence à tomber et il n'y a qu'un parachute.

    Les trois organisent entre eux un vote secret, Poutine gagne et saute après leur avoir dit adieu.

    Iavlinski : c'est la démocratie !

    Ziouganov : je ne comprends tout de même pas comment il a pu avoir 1.800 voix de plus que nous !"

    Encore une, sur la domination de M. Poutine dans le pays :

    "Maître Corbeau, vous votez pour Poutine?

    - Oui...oups, mon fromage!

    - Et tu crois que si tu avais dit non, ça aurait changé quelque chose ?, rétorque le renard".

    Ou encore: "Tu votes pour qui, pour Poutine ou pour Poutine? - Ils me fatiguent ces deux-là. Je vais voter pour Poutine".

    Ou celle-là: "Sondage: 'N'êtes-vous pas contre la politique de Vladimir Poutine?' Cochez 'non, pas contre' ou bien 'oui, pas contre".

    D'autres ont pour objet la personnalité intransigeante et le passé d'agent du KGB de Vladimir Poutine.

    Comme celle où l'homme fort du pays "ouvre son frigo et voit le flan trembler sur son assiette.

    - N'aie pas peur, c'est de la crème que je vais m'occuper".

    M. Poutine, qui pourrait rester au pouvoir jusqu'en 2024 avec deux nouveaux mandats présidentiels de 6 ans cette fois, est désormais comparé à l'ex-dirigeant soviétique Léonid Brejnev, symbole de l'immobilisme étouffant de l'URSS des années 1970.

    Léonid Brejnev, qui était à la tête d'un régime réprimant toute critique, et était très diminué à la fin de ses 18 ans de pouvoir (1964-1982), était le héros involontaire de nombreuses blagues que les Soviétiques se répétaient en privé.

    Mercredi, le porte-parole de Vladimir Poutine a cependant estimé qu'il n'y avait pas de honte à être comparé à celui qui avait représenté selon lui un "grand plus" pour le pays.

    Des décennies plus tard, "la vie politique s'est retranchée de nouveau dans les blagues, comme à l'époque de Brejnev", estime le politologue indépendant Dmitri Orechkine.

    Pour la spécialiste du langage politique Irina Levontina, "c'est aussi la langue de bois des dirigeants qui fait renaître ce genre".

    En Russie où quatre personnes sur cinq (83 %) accusent aujourd'hui le pouvoir de ne servir que ses propres intérêts, "ridiculiser les dirigeants est le seul moyen de s'exprimer", ajoute-t-elle.

    Interrogé par l'AFP, le porte-parole de M. Poutine a assuré qu'il n'y aurait en Russie "pas de tabou" dans ce domaine.

    "Pour le pouvoir, ces blagues sont nécessaires comme la soupape d'une chaudière", relève l'écrivain satirique Viktor Chenderovitch.

    Mais c'est "grâce à ces satires que l'URSS s'est précipitée vers sa fin", conclut-il.


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