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    "Barack Obama nous avait manqué, il est revenu"

    Créé le 17-10-2012 à 12h31 - Mis à jour à 15h17

    Bob Vallier, délégué démocrates pour les Américains de l'étranger, se dit rassuré par la performance de son candidat "éloquent et passionné". Interview.

     
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     (Spencer Platt/Getty Images/AFP)

    (Spencer Platt/Getty Images/AFP)

    Le camp démocrate a poussé un soupir de soulagement après la prestation de leur candidat lors du deuxième débat télévisé de la présidentielle américaine. Interview de Bob Vallier, délégué démocrate élu à la convention de Charlotte, représentant les Américains de l'étranger et professeur à Science-Po à Paris.

    Barack Obama a laissé une très bonne impression lors de son deuxième débat télévisé pour la présidentielle américaine. Après sa décevante prestation, il y a deux semaines, vous êtes rassuré ?

    - Moi je n'en doutais pas trop, mais c'est vrai que de nombreux démocrates étaient inquiets après sa dernière performance. L'ancien Barack Obama nous avait manqué, il est revenu hier soir et c'est un soulagement.

    Qui est ce Barack Obama qui vous "avait manqué" ?

    - C'est le Barack Obama, champion de la classe moyenne, qui s'intéresse à la justice et à l'égalité. Un Obama très éloquent et passionné.

    Qu'est-ce qui vous a plu hier soir ?

    - Il a été très fort. La diversité des questions et les réponses directes des candidats étaient intéressantes. Mitt Romney a menti à plusieurs reprises mais cette fois-ci, Barack Obama a répondu pour rétablir la vérité. Il s'est entraîné, isolé dans une sorte de camp d'entraînement pendant trois jours : il était "à point". Il s'est adressé directement au peuple américain et non pas au modérateur comme la dernière fois. Enfin, il était très clair dans ces énoncés avec des détails.

    En revanche, je regrette que certaines questions n'aient pas été posées : sur les droits des minorités, sur l'ouverture du mariage aux homosexuels, sur les droits des femmes...

    Que doit-il faire encore pour assurer sa victoire ?

    - Il a beaucoup fait hier soir pour récupérer ce qu'il avait perdu. Mais ce qui nous manque encore c'est une raison pertinente pour voter de nouveau pour lui. Les partisans républicains sont motivés par le simple fait d'éjecter le président sortant. Cette raison se perçoit dans les sondages. Les démocrates, eux, ont l'enthousiasme un peu mou, surtout par rapport à 2008. Barack Obama explique qu'il va continuer à travailler pendant le deuxième mandat et qu'il va suivre le même agenda. Mais les Américains ont oublié de quel agenda il s'agit. Il faudrait une révision de cet agenda, une vision plus claire de l'avenir, qu'il articule son programme pour un deuxième mandat et ainsi créer une plus grande envie.

    Barack Obama a été plutôt efficace pour défendre son bilan en politique étrangère. Le dernier débat, qui aura lieu lundi prochain, sera exclusivement consacré à ce sujet...

    - Hier soir, on a eu un aperçu de ce qui peut se passer lundi : un président engagé dans la politique mondiale, un président qui sait reconnaître ses limites et ses faillites. Il a reconnu que la réponse de l'administration dans le dossier libyen n'avait pas été parfaite. Il a assumé ses responsabilités, tout comme Hillary Clinton, avant lui. A ce propos, je pense que la meilleure décision que Barack Obama a pris en politique étrangère est d'avoir placé ce domaine dans les mains expertes d'Hillary Clinton. C'était très bien, car il a, ainsi, revêtu l'habit de président en critiquant la réaction de Mitt Romney dans cette affaire, qu'il a jugé inacceptable.


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  • - Publié le <time datetime="2012-10-14T22:31" itemprop="datePublished" pubdate=""> 14/10/2012 à 22:31</time>

     

    L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) s'indigne dans un communiqué du "record de propos antisémites" suscité par le hashtag #unbonjuif sur le réseau Twitter et demande à rencontrer ses responsables en France pour évoquer la modération des messages.

    L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) s'indigne dans un communiqué du "record de propos antisémites" suscité par le hashtag #unbonjuif sur le réseau Twitter et demande à rencontrer ses responsables en France pour évoquer la modération des messages.

    L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) s'indigne dans un communiqué du "record de propos antisémites" suscité par le hashtag #unbonjuif sur le réseau Twitter et demande à rencontrer ses responsables en France pour évoquer la modération des messages.

    "Dans le climat inquiétant où les propos et les agressions antisémites se multiplient, le hashtag #unbonjuif est arrivé parmi les trois hashtags les plus diffusés et donc mis en Une par Twitter le 10 octobre, donnant lieu à un nombre record de tweets à caractère antisémite", annonce l'UEJF dans un communiqué.

    Le hashtag est un mot clé qui permet de retrouver sur tweeter plusieurs messages traitant du même thème.

    L'UEJF demande "un rendez-vous d'urgence à Twitter France afin de mettre en place un nouveau système de modération des tweets".

    Dans un article dimanche, le site culturel jewpop.com, qui s'intéresse à la communauté juive, a été un des premiers à réagir en affirmant avoir constaté mercredi matin que le hashtag #unbonjuif figurait en "3e position" des sujets les plus twittés.

    Des dizaines de tweets clairement antisémites, encore visibles dimanche sur le réseau social, se sont succédé, certains d'entre-eux, comme le montre jewpop.com avec des captures d'écran, ayant diffusé des photos de victimes de camps de concentration.

    "Jewpop avait déjà mentionné, voilà quelques mois, ce phénomène d'antisémitisme 2.0, que nous avions alors qualifié d'expression d'une +génération Dieudonné+", a précisé le site.

    "Une génération dans une extrême confusion mentale, pour qui le droit de se moquer de tous -avec un humour supposé- permet d'afficher l'antisémitisme le plus nauséabond", a-t-il ajouté en dénonçant sur Twitter une "tendance lourde".

    De nombreux "twittos" se sont aussitôt indignés tandis que d'autres ont essayé de répliquer en lançant le hashtag #unbonarabe, sans être beaucoup suivis.

    "Twitter France doit s'assurer que les messages qui véhiculent des propos haineux, racistes ou antisémites ne soient pas mis en avant ou accessibles à tous sur son réseau social", ajoute le président de l'UEJF, Jonathan Hayoun, cité dans le communiqué.

    "Nous demandons à rencontrer la direction de Twitter France afin de trouver une solution dans la concertation. La lutte contre le racisme et l'antisémitisme est l'affaire de tous, à commencer par ceux qui régulent les réseaux sociaux", conclut il.

    En France, pour un "tweet raciste", "les poursuites sont possibles", précise dimanche le site slate.fr. "Mais dans le cas de la diffamation ou de l'injure (raciste ou non), il faut une plainte pour qu'il y ait une enquête automatique", poursuit-il.


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  • « 1945, je m’en fous » 10/10/2012 à 13h18

    Petit drame à l’hôtel Lutetia : les déportés juifs veulent des excuses

    Stéphane Edelson | Journaliste lien

    Le 4 octobre, lors du dîner mensuel des résistants et déportés de la Shoah, un manque de considération de l’hôtel parisien a ravivé les douleurs de la Libération.

    Making of :

    Stéphane Edelson, journaliste, suit depuis des années un groupe de déportés habitués de ces dîners du Lutetia.

     

    Jeudi, il a assisté à l’incident, symptomatique selon lui d’un manque de respect de plus en plus appuyé de la part de l’hôtel, au fil des années, envers ces « vieux ».

    Comme dans une comédie italienne, jeudi, des octogénaires ont fait un incroyable esclandre au milieu du restaurant du très select hôtel Lutetia, à Paris.

    Dans cette histoire, on trouve un établissement hôtelier au passé problématique, un groupe de déportés juifs qui, malgré le temps, n’ont pas fini d’ouvrir leurs grandes bouches, et un groupe d’anciens résistants portant, 70 ans après la guerre, un regard toujours condescendant sur ces mêmes déportés juifs.

    Un lieu symbolique du retour des camps

    Une fois par mois, les déportés et les résistants se retrouvent pour un dîner au Lutetia qui, fort d’avoir été le siège de l’Abwehr (le service de renseignements de l’état-major allemand), se rattrape en proposant aux associations d’anciens résistants un repas à 23 euros.

    La table des résistants à l’hôtel Lutetia, au printemps 2012 (Stéphane Edelson)

    Dans l’immédiat après-guerre, la plupart des déportés juifs ne faisaient pas partie de ces associations car « déportés civils ». Puis les résistants, au fil du temps et des disparitions, les ont invités à les rejoindre.

    D’abord des juifs déportés de Pologne ne bénéficiant pas d’indemnisations de la part de France en tant que victimes de guerre. Puis des juifs déportés de France, comme Marceline Loridan, Benjamin Sadia ou Ginette Kolinka.

    Si les déportés ont continué à venir, c’est que le Lutetia est un lieu hautement symbolique de leur retour à la vie.

    Reportage d’avril 1945 sur le retour à Paris de déportés et prisonniers.

    Les résistants d’un côté, les déportés juifs de l’autre

    Avec le temps, les effectifs s’amenuisent et il n’y a plus de véritable association constituée, mais les restes de l’Union nationale des déportés, internés et victimes de guerre où l’on trouve des déportés, quelques résistants, mais aussi des anciens combattant de l’Algérie. Tous se réunissent autour de trois grandes tables rondes au restaurant du Lutetia.

    Les anciens résistants d’un côté, les déportés juifs de l’autre.lien

    La table des déportés « gueulards » à l’hôtel Lutetia, au printemps 2012 (Stéphane Edelson)

    Mais jeudi 4 octobre, ça a chauffé quand Armand Bulwa, rescapé de Pologne et de Buchenwald, constate qu’il n’y a qu’une table ronde de réservée pour les résistants et qu’eux, les déportés juifs, se retrouvent relégués à un autre endroit de la salle, sur des petites tables, avec une serviette en papier en guise de nappe et les couverts posés dessus.

    Avec son camarade de déportation, le dessinateur Walter Spitzer, il encourage alors les convives installés, eux, à la jolie table ronde, à protester et à venir par solidarité s’assoir à leurs côtés. Ce qu’ils font.

    Puis Armand et Walter, rejoints par Elie Buzyn, Marceline Loridan-Ivens et Benjamin Sadia, des anciens d’Auschwitz, réclament qu’on leur mette des nappes comme pour les autres clients du restaurant. Le Lutetia leur répond que « c’est comme ça » pour les menus à ce prix.

    Armand Bulwa fait remarquer que ce repas est issu d’un accord avec l’hôtel depuis leur retour des camps en 1945. Le chef de salle lui répond alors :

    « 1945, je m’en fous. »

    « On nous traite comme des moins que rien »

    Il n’en faut pas plus pour que les octogénaires, survivants de la Shoah, se lèvent et fassent un scandale dans le restaurant. Reconnue par de nombreux dîneurs, Marceline Loridan-Ivens, réalisatrice, comédienne et écrivaine, les prend à témoin. Du haut de son 1,54 m et avec l’énergie d’une ado de 15 ans :

    « Voyez, vous avez des nappes et nous, on nous traite comme des moins que rien. »

    Finalement, les autres, « les résistants », n’ont pas bougé et les sept frondeurs et leurs quatre accompagnants ont quitté les arènes du Lutetia.

    Réaction du Lutetia

    Contacté, le directeur général du Lutetia raconte que « des clients mécontents, il y en a toujours. Le Lutetia ne reçoit pas ce groupe pour faire de l’argent mais pour l’Histoire. J’ai eu le “feedback” des employés, et personne n’aurait dit “45, je m’en fous” » (ce que j’ai pourtant distinctement entendu).

     

    Il conclut en disant que ceux qui sont partis seront toujours les bienvenus.

    Après une courte marche, ils ont trouvé asile rue Rousselet, au Domaine de Lintillac, avec un menu à 20 euros et des nappes « sans supplément », ajoute Benjamin Savia.

    Ceux qui n’avaient pas quitté le Lutetia sont depuis en pleines luttes intestines. Le journaliste Arthur Dreyfuss m’a confié qu’un ancien résistant lui avait dit :

    « Les camarades polonais ont toujours profité du menu négocié par notre association alors qu’ils ne règlent pas leur cotisation. »

    Le groupe de « frondeurs » devant Le Domaine de Lintillac, le 4 octobre 2012 (Stéphane Edelson)

    « On ne reviendra pas sans excuses »

    D’autres se font pressants auprès des frondeurs pour qu’ils reviennent. Un des sept révoltés, Elie Buzyn, fait remarquer :

    « Contrairement à l’après-guerre, nous ne sommes plus regardés comme des gens suspects, ceux dont le récit est inimaginable et qui essayaient d’exister au milieu de la foule des résistants solidaires et héroïques. Sans nous, les repas des anciens des camps n’ont plus de raison de se tenir. »

    Le sculpteur Shelomo Selinger ajoute :

    « Nous étions des gamins de 15 ans en 45. Il n’y a plus que nous et personne après nous ! »

    « Mais on ne reviendra pas sans qu’ils [le Lutetia] se soient excusés ! », lance Walter Spitzer. Tous les autres de reprendre, solidaires et plein de gouaille : « Y a intérêt ! »


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  • Human Rights Watch 04/10/2012 à 18h13

    Le Hamas à Gaza : « L’un utilisait une ceinture, l’autre une crosse de fusil »


     

    Un membre du Hamas dans les rues de Gaza City, en octobre 2012 (MAHMUD HAMS/AFP)

    Human Rights Watch publie un rapport de plusieurs pages qui accuse le Hamas, mouvement islamiste qui a pris le contrôle de Gaza en 2007, d’actes de tortures.

    En s’appuyant sur plusieurs témoignages – anciens détenus, avocats de détenus et familles – l’ONG pointe les défaillances du système de justice pénale du Hamas qui expose les Palestiniens à de graves abus : arrestations arbitraires, placements en détention en secret, actes de tortures et procès inéquitable. Les agents du service de sécurité intérieure du Hamas, l’unité antidrogue de la police civile et les enquêteurs de police sont mis en accusation.

    Exceptionnellement présents lors de la conférence de presse de l’ONG, des représentants du Hamas ont qualifié le rapport de « politique » en indiquant qu’il comportait « beaucoup d’erreurs ».

    D’après l’ONG, au moins trois hommes ont été exécutés par le Hamas, après des aveux obtenus certainement sous la torture.

    « Impunité à des services de sécurité abusifs »

    « Cinq ans après l’arrivée au pouvoir du Hamas à Gaza, son système de justice pénale a des relents d’injustice, viole quotidiennement les droits des détenus, et accorde l’impunité à des services de sécurité abusifs », a déclaré Joe Stork, directeur adjoint pour le Moyen-Orient chez Human Rights Watch.

    « Le Hamas devrait mettre fin à ces exactions, d’autant plus que les Egyptiens, les Syriens et d’autres peuples de la région ont risqué leur vie pour mettre fin à des abus similaires. »

    Rue89 publie de longs extraits de ces témoignages, qui ont valeur de document, non d’article ni de tribune. Et nous vous invitons à lire l’intégralité du travail de l’organisation [document en anglais].

    En 2011, la Commission Indépendante des Droits de l’Homme a reçu plus de 200 plaintes pour tortures contre les services de sécurité en Cisjordanie et à Gaza. Pour Human Rights Watch, le nombre d’actes de tortures est certainement plus élevé.

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    M. , avocat : « Ils m’ont frappé aux reins pendant une heure »

     

    M. est avocat. A la fin de l’année 2007, alors qu’il étudiait pour ses examens de droit dans sa maison familiale à Gaza, la police du Hamas l’a arrêté – sans mandat.

    Lorsqu’il a voulu savoir les raisons de cette arrestation, l’un des policiers présents l’a jeté à terre en le frappant avec une crosse de fusil. Embarqué dans une jeep avec les yeux bandés, il s’est retrouvé sur le toit d’un bâtiment de la région centre de Gaza.

    « La nuit fut longue. Ils avaient alignés 22 personnes sur le toit du bâtiment, d’autres étaient détenues à l’intérieur. Certains agents de sécurité portaient des tuyaux d’arrosage, d’autres des bâtons enroulés de chaînes en fer. Ils disaient que nous étions tous des alliés du Fatah et ils nous ont ordonné de nous mettre à quatre pattes.

    C’est à ce moment là qu’ils ont commencé à nous poser des questions, tour à tour. Le gars à coté de moi a répondu : “Je ne suis qu’un simple pêcheur, je n’ai rien à voir avec une quelconque faction politique.” Mon tour est arrivé. L’interrogateur m’a demandé mon nom, mon travail et il m’a insulté. L’un de nous a demandé s’il pouvait prier et leur seul réponse a été de dire que nous n’étions pas musulmans. J’ai rétorqué que si, et ils m’ont battu.

    Ils m’ont ensuite emmené dans une cellule du bâtiment. Mes bras ont été attachés au plafond avec des cordes. Je ne pouvais toucher le sol qu’avec la pointe des pieds. Puis ils m’ont déshabillé en me laissant seulement mes sous-vêtements. Ils m’ont frappé au niveau des reins pendant une heure. Quand ça s’est enfin arrêté, ils m’ont détaché et emmené vers une autre pièce pour commencer l’interrogatoire. La pièce était sombre. Des flashs successifs de lumières vives m’aveuglaient. Quatre officiers se tenaient dans la pièce pour m’interroger.

    Nous avons trouvé des explosifs et des mines dans ta maison, “tu voulais tuer des membres du Hamas”, m’a dit l’un d’entre eux. J’ai nié en bloc. Donc ils m’ont forcé à me tenir debout sur une jambe. Lorsque je posais le pied à terre, je recevais des coups. L’un d’eux utilisait une ceinture pour me frapper, l’autre une crosse de fusil. »

    Le calvaire de M. a duré trois jours de plus. C’est grâce à l’intervention d’un membre de sa famille, membre du Hamas, qu’il a pu être relâché.

    « Je n’ai pas eu à signer une confession et à avouer des faits que je n’avais pas commis. Juste un papier pour certifier que je ne prendrais jamais part à des activités avec le Fatah. »

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    F., ancien employé du Fatah : « Ils m’empêchaient de dormir »

     

    F. est un ancien employé des autorités Palestiniennes. Le 1er mars 2011, il a été arrêté par un homme en civil dans le centre de Gaza City. Après un bref passage par le poste de police, il a été emmené dans un bâtiment des services de la sécurité intérieure.

    Il y a été emprisonné pendant plus d’un mois et demi. Il a pu contacter sa famille dix jours après son arrestation, et prévenir son avocat 45 jours après. Des agents de la sécurité intérieure l’ont interrogé pendant les 45 premiers jours de sa détention.

    « Chaque jour j’étais victime d’abus. Ils me mettaient dans des situations de stress, ils m’empêchaient de dormir un jour sur quatre, ils me forçaient à rester debout pendant des heures, ils me battaient avec des clubs de golf et des tuyaux d’arrosage.

    Lorsqu’ils me torturaient, ils m’expliquaient qu’eux-même avaient subi le même traitement par des agents de la sécurité préventive lorsque le Fatah était au pouvoir. Ce à quoi je répondais : “Qu’est-ce que j’ai à faire la dedans ? Je ne faisais pas parti de la sécurité préventive.” Pour eux c’était comme une revanche. »

    3

    N., avocat : la routine des arrestations arbitraires

     

    Le code de procédure pénale en vigueur à Gaza stipule qu’un procureur militaire peut délivrer un mandat d’arrêt contre un suspect seulement si des preuves tangibles d’infractions lui ont été présentées.

    Dans les faits, des centaines de cas d’arrestations arbitraires sans mandats ont été recensés par des ONG sur place. Un avocat de la défense qui travaille à Gaza a déclaré à Human Rights Watch :

    « Ils arrêtent souvent les gens le vendredi, c’est le jour de repos pour les procureurs. Ils peuvent garder les personnes qu’ils ont arrêtés pendant plus de 24 heures, vu qu’il sera impossible de voir un procureur avant le dimanche.

    Dans les cas les plus graves, les services de la sécurité intérieure ont gardé des gens pendant plus de quinze jours avant de les envoyer à la police. Eux les garderont pour 24 heures de plus avant de les envoyer devant le procureur général qui entamera seulement à ce moment là la procédure “normale”.

    N. est avocat dans un cabinet privé à Gaza. Il a représenté plusieurs clients qui ont déclaré avoir été sérieusement maltraités et a déclaré qu’il avait lui même été maltraité. Il a déclaré à Human Rights Watch être un partisan du Fatah.

    Au printemps 2010, il a été convoqué par les services de la sécurité intérieure. Une note de convocation l’attendait chez lui, lui ordonnant de se rendre le lendemain à 8 heures au bureau de la sécurité intérieure. Il raconte les heures qu’il a passé en détention.

    “J’ai dû m’asseoir sur une chaise qui faisait face au mur où était accroché une photo de Ahmad Yassin, le fondateur du Hamas. Un officier de sécurité était assis derrière moi, devant un bureau, mais je ne pouvais pas le voir. Six ou sept autres personnes se trouvaient dans cette pièce mais j’avais reçu l’ordre de ne pas les regarder.

    Lorsque je bâillais ou bougeais simplement ma tête, l’officier me disait, ‘ne bouge pas !’. Après une heure et demi, ils m’ont laissé quitter cette pièce et m’ont dirigé vers une salle plus petite où se trouvaient seulement deux autres personnes.

    Je ne savais pas pourquoi j’étais là. J’avais peur. Ils m’ont gardé là pendant quelques heures de plus. Finalement, ils m’ont emmené vers un couloir, où une personne derrière un bureau m’a questionné. Ils m’ont demandé des précisions sur un cambriolage qui avait eu lieu six mois plus tôt dans mon bureau, en décembre 2009.

    J’avais envoyé l’un de mes collaborateurs porter plainte à l’époque, mais la police avait refusé de la recevoir. La personne qui m’interrogeait m’a alors expliqué que comme je soutenais le Fatah et que de l’argent m’avait été volé, le Fatah était susceptible de m’avoir donné des fonds pour m’aider à me retourner après le braquage.

    J’étais terrorisé parce qu’une collaboration avec les autorités Palestiniennes (du Fatah) équivaut à une collaboration avec Israël pour le Hamas. Pour avoir accepté cet argent, ils peuvent vous emprisonner pendant cinq ou six ans.

    Après une heure d’interrogatoire, ils m’ont emmené vers une autre pièce qui contenait un bureau et six chaises, et ils m’ont fait subir une heure et demi d’interrogatoire de plus [...]. Ça m’a pris toute la journée – ils ne m’ont rien donné à manger, pas de cigarettes, pas de thé, ni de café ou même un verre d’eau. Ils m’ont finalement laissé partir mais en gardant ma pièce d’identité.”

    En tout, N. a été convoqué quatre fois par les services de sécurité. Un ami qui travaille auprès de l’organisation lui a rendu sa carte d’identité en lui ordonnant de ne parler de cet épisode à personne.


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  • Serbie: L'UE et l'ONU condamnent l'interdiction de la Gay Pride de Belgrade

    Mis à jour le 04.10.12 à 18h14 
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    La Serbie doit davantage protéger les droits de l'homme, ont estimé ce jeudi l'Union européenne et l'ONU au lendemain de l'interdiction pour des raisons de sécurité de la «Gay Pride», la marche des homosexuels prévue samedi à Belgrade.

    Les autorités craignaient que le défilé ne soit la cible d'attaques menées par des groupes d'extrême droite. Tous les rassemblements sont d'ailleurs interdits samedi dans la capitale serbe. «Je condamne avec force l'intimidation et les menaces de la part d'organisations extrémistes contre les organisateurs du défilé et je regrette que ces menaces aient été jugées suffisamment graves pour justifier une interdiction pour des motifs de sécurité», a déclaré le commissaire européen à l'élargissement, Stefan Rule.

    «Une victoire de la discrimination et une défaite amère des droits de l'homme et de la dignité»

    Navi Pillay, Haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, a déclaré que les autorités serbes devraient fixer une nouvelle date pour la «Gay Pride» et permettre la libre expression de tous les droits de l'homme. «L'interdiction de la Gay Pride 2012 de Belgrade est une victoire de la discrimination et une défaite amère des droits de l'homme et de la dignité», a jugé de son côté Amnesty International.

    L'an dernier, la «Gay Pride» de Belgrade avait été interdite au tout dernier moment, de crainte d'une répétition des violences qui avaient marqué le défilé en 2010, quand des extrémistes opposés à la parade avaient affronté la police pendant des heures. Il y avait eu des dizaines de blessés. Pour Boban Stojanovic, l'un des organisateurs de la manifestation des homosexuels, «l'Etat se couche une nouvelle fois devant les hooligans et la violence». Le patriarche Irénée, chef de l'Eglise orthodoxe de Serbie, avait demandé mercredi au Premier ministre, Ivica Dacic, d'interdire cette «parade de la honte» au nom de «la culture chrétienne» et de «la dignité de la famille».

    Avec Reuters

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