• Michel Sapin revoit à la baisse le montant d'économies pour 2015

    Michel Sapin revoit à la baisse le montant d'économies pour 2015

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      • Par Cyrille Pluyette
      • Mis à jour <time data-ago="il y a 2 heures" data-original="le 02/09/2014 à 21:46" datetime="2014-09-02T21:46:47+02:00" itemprop="dateModified">le 02/09/2014 à 21:46</time>
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    <figure>«On ne peut pas avoir les mêmes objectifs avec une inflation qui devient très faible», a reconnu Michel Sapin.<figcaption itemprop="description">

     

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    Le ministre impute cette correction à la faible inflation actuelle.

     
     
     

    C'est un mauvais signal envoyé au moment où le gouvernement ne cessait de marteler la nécessité de suivre le cap du «sérieux budgétaire» et s'apprête à demander à Bruxelles un nouveau délai pour revenir aux 3 % de déficit public par rapport au PIB. L'exécutif renonce à réaliser 21 milliards d'euros d'économies en 2015. Ce montant va être revu à la baisse, a reconnu Michel Sapin, le ministre des Finances, dans une déclaration à l'AFP. Pour Gilles Carrez, le président UMP de la commission des finances, qui s'exprimait mardi soir sur BFM Business et qui n'a jamais jugé réaliste la prévision affichée de baisse des dépenses, cette correction est avant tout «une manipulation», le gouvernement ne voulant pas faire le volume d'économies promis.

    La raison évoquée par l'exécutif est technique. Le coupable désigné est le niveau très bas de l'inflation, une menace dont l'exécutif s'est à plusieurs reprises inquiété cet été, semblant préparer le terrain à sa révision du jour. «On ne peut pas avoir les mêmes objectifs avec une inflation qui devient très faible», a reconnu Michel Sapin. En juin, le taux d'inflation atteignait 0,5 % en glissement annuel, un niveau très éloigné de celui prévu jusqu'ici dans le programme de stabilité envoyé à Bruxelles: 1,2 % en 2014 et 1,5 % en 2015.

    La faible inflation joue en effet sur les recettes (de TVA, par exemple) mais aussi sur le niveau d'économies, calculé par rapport à la hausse tendancielle des dépenses. «L'année prochaine, par exemple, là où, sur une hypothèse d'inflation de 1,5 %, on faisait au-delà de 1 milliard d'économies par le seul gel de prestations, aujourd'hui, ces économies sont remises en cause», poursuit le ministre. Le gouvernement avait notamment annoncé que les retraites ne seraient pas revalorisées en fonction de l'inflation, à l'exception des plus modestes.

    Tenir rapidement un discours de «vérité»

    Le montant d'économies pour l'an prochain devrait donc être réduit d'au moins 1 milliard. Il s'agissait de tenir rapidement un discours de «vérité», assure le cabinet du ministre, car il «aurait été irréaliste de prétendre pouvoir trouver des économies supplémentaires d'ici à la fin du mois», dans un contexte de croissance nulle sur les deux premiers trimestres. «Rajouter des économies ne me paraîtrait pas adapté à la situation», a résumé Michel Sapin. Les fameux 50 milliards d'économies sur trois ans ne seraient en revanche pas remis en cause, leur réalisation étant seulement «décalée dans le temps».

    Lors de son entretien publié jeudi par Le Point mais réalisé avant sa nomination au poste de ministre de l'Économie, Emmanuel Macron semblait anticiper ce revirement. Il affirmait que, lorsque l'inflation est «quasi nulle», «faire des économies devient plus difficile». Et de préciser: «Ce sera d'ailleurs un des seuls aménagements acceptables des 50 milliards d'efforts sur trois ans: si l'inflation n'est pas au rendez-vous, il faudra trouver quelles économies faire à la place, qui prendront sans doute un peu plus de temps», de façon à ne pas «surajuster» pour «compenser».

    L'équation budgétaire était déjà compliquée, mais, avec cette nouvelle déconvenue et le milliard estimé de mesures fiscales annoncées par le premier ministre pour relancer le secteur de la construction, elle se tend encore un peu plus. Le gouvernement qui a admis début août que le déficit dépasserait les 4 % du PIB cette année, doit présenter son projet de budget 2015 autour du 24 septembre.


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