• Ministère du Travail : François Rebsamen passe la mainueil

    Ministère du Travail : François Rebsamen

    passe la main

    Denis Demonpion <time>Publié le 10-08-2015 à 21h09  lien </time>

    Réélu maire de Dijon, "sa" ville conquise de haute lutte à la droite voici 15 ans, le ministre du Travail quitte le gouvernement sur un bilan mi-figue mi-raisin. Et se défend d'avoir voulu se "défiler".

    François Rebsamen se lève sous les applaudissements après sa réélection à la mairie de Dijon. (PHILIPPE DESMAZES/AFP)François Rebsamen se lève sous les applaudissements après sa réélection à la mairie de Dijon. (PHILIPPE DESMAZES/AFP)
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    Il aura tenu seize mois. Réélu lundi maire de Dijon, un siège qu'il a occupé de 2001 à 2014, François Rebsamen quitte le ministère du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue Social sans trop de regrets, n'ayant pas toujours eu les coudées franches pour se faire entendre au sein même de sa famille politique, malgré sa proximité avec le président de la République. Son départ sera officialisé le 19 août, date à laquelle il remettra sa démission du gouvernement.

    A peine avait-il retrouvé sa place à la tête du conseil municipal qu'il avait conquis de haute lutte face à la droite, voici quinze ans, que François Rebsamen s'est défendu d'avoir cherché à sa "défiler" en renonçant à ses fonctions ministérielles.

    Il a tenu à souligner que ce retour dans la capitale des ducs de Bourgogne n'était "pas programmé". Comment d'ailleurs aurait-il pu l'être ? Lors de son entrée au gouvernement, son premier adjoint Alain Millot, lui avait succédé à la mairie et c'est la disparition de ce dernier le 27 juillet, des suites d'un cancer, qui l'a décidé à reprendre les rênes de "sa" ville. Il va également redevenir président de la communauté d'agglomération du Grand Dijon.

    Les mois ont passé, rien n'y a fait

    Homme de terrain et politique aguerri, le ministre s'était attiré très tôt les critiques pour s'être prononcé en faveur d'un renforcement par Pôle Emploi du contrôle des chômeurs, afin de vérifier que ceux-ci cherchent bien un emploi. Sa prise de position partait du constat que dans un pays comme la France qui compte plus de 3,5 millions de chômeurs, 450.000 postes ne sont pas pourvus.

    (Boris Manenti/L'Obs)

    Dès sa nomination dans le gouvernement de Manuel Valls, le ministre du Travail s'était gardé de reprendre à son compte la formule calamiteuse de son prédécesseur Michel Sapin qui avait parié sur une inversion de la courbe du chômage à brève échéance. Mais les mois ont passé et rien n'y a fait. Malgré les mesures de traitement social annoncées, les emplois aidés et autres soutiens à la formation, la cohorte des sans-emploi a progressé inexorablement. Mais, selon Pascal Pavageau, secrétaire confédéral de Force ouvrière (FO), il serait "totalement déplacé" d'attribuer au ministre les chiffres du chômage qui résultent du choix de la politique gouvernementale.

    S'il y a un responsable, c'est François Hollande et l'ensemble de la majorité", insiste le numéro deux de FO.

    Rebsamen aura ouvert la voie à Macron

    François Rebsamen laissera son nom à une loi, celle précisément sur le dialogue social, un texte de simplification des règles de fonctionnement des instances représentatives (Comité d'entreprise, délégués du personnel, comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) au sein des entreprises afin d'en réduire le nombre pour une meilleure efficacité.

    Syndicats et patronat l'ont accueilli avec tiédeur, les premiers redoutant qu'elle préfigure un "détricotage" du dialogue social, les représentants des organisations patronales estimant, en revanche, qu'elle n'allait pas assez loin.

    François Rebsamen et les directions de son ministère avaient beaucoup travaillé à la préparation de ce qui est devenu la loi Macron, en particulier sur le volet relatif au travail le dimanche et la réforme des prud'hommes, mais, comme certains de ses collègues du gouvernement, le ministre du Travail avait peu apprécié que celui de l'Economie s'arroge un texte que les organisations syndicales considèrent comme "ultra-libéral". "Rebsamen n'a pas réussi à gagner les arbitrages pour imposer les éléments sociaux de ce texte. C'est un aveu de faiblesse", dit-on à FO.

    Mais que ce soit du côté syndical ou patronal, tous louent sa "disponibilité" et sa "réactivité". ""Il était toujours à l'écoute", note Pascal Pavageau de FO, qui regrette que François Rebsamen passe la main alors même qu'il reste à mettre en musique sa réforme sur le dialogue social, une tâche qui incombera à son successeur.

    Désireux de partir la tête haute, celui qui reste encore pour quelques jours ministre du Travail s'est hasardé à un pronostic : "Avec tous les dispositifs lancés", la croissance "atteindra 1,5 %, comme le prévoient les économistes, à la fin de l'année". En somme, "Le chômage diminuera", a-t-il assuré. Mais si sa prédiction se réalise, c'est son remplaçant qui en recueillera les bénéfices.

    Denis Demonpion


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