• Népal : les survivants de l'Everest bloqués dans des conditions difficiles

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    Népal : les survivants de l'Everest bloqués

    dans des conditions difficiles

    Le Monde | <time datetime="2015-04-26T16:43:55+02:00" itemprop="datePublished">26.04.2015 à 16h43</time> • Mis à jour le <time datetime="2015-04-26T17:29:47+02:00" itemprop="dateModified">26.04.2015 à 17h29  lien </time>


    Sous la menace de nouvelles avalanches, une... par lemondefr
     

    Au lendemain du terrible séisme qui a ravagé le Népal, samedi 25 avril, et provoqué d'importantes avalanches sur les pentes de l'Everest, les secours tentaient dimanche d'accéder aux parties les plus élevées du point culminant du globe, où environ un millier de personnes se seraient trouvées au moment de la catastrophe. Les nombreuses répliques n'arrangent pas la situation : l'une d'entre elles, de magnitude 6,7 sur l'échelle de Richter, a déclenché de nouvelles avalanches dimanche matin.

    • Au moins 18 morts
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    Le camp de base de l'Everest ravagé par l'avalanche, le 25 avril 2015. </figure>

    Selon un bilan encore provisoire, au moins 18 personnes ont été tuées, et 61 autres, blessées, dans les avalanches de samedi sur l'Everest. Il s'agit de la pire hécatombe sur les pentes du sommet du monde. L'une des victimes est un cadre dirigeant de Google, Dan Fredinburg, a annoncé sa famille samedi soir.

    • Quelques blessés évacués
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    Des secours transportent des blessés du camp de base sur l'Everest, dimanche 26 avril. </figure>

    Quinze premiers blessés ont été évacués dimanche vers Katmandou. Ces douze sherpas népalais, un Chinois, un Coréen et un Japonais souffrent principalement de fractures et de blessures mineures.

    • Les survivants, bloqués, s'organisent
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    Des survivants au camp de base de l'Everest, dimanche 26 avril. </figure>

    Les mauvaises conditions météorologiques et les difficultés de communication retardent l'arrivée des secours sur les pentes. En attendant, les survivants vivent dans des conditions très précaires, dans le froid et sous la menace de nouvelles avalanches, à plus de 5 000 mètres d'altitude – pour comparaison, le mont Blanc culmine à 4 810 mètres.

    Une centaine d'alpinistes seraient bloqués dans les camps 1 (5 940 mètres) et 2 (6 400 mètres), dans la cascade de glace Khumbu et au-dessus du lieu de l'avalanche, rendu impraticable.

    C'est le camp de base (5 300 mètres) qui a été principalement frappé par les avalanches. Plusieurs médecins étaient présents parmi les alpinistes. Une cardiologue américaine, Ellent Gallant, a ainsi rapporté à l'Agence France-Presse (AFP) avoir soigné plusieurs personnes avec un médecin militaire indien, décrivant des conditions « rudimentaires » :

    « On a travaillé toute la nuit, on faisait des rondes, on distribuait des médicaments, on installait des intraveineuses. Mais l'un des neuf patients est mort : un sherpa de 25 ans. Sa tension artérielle avait dégringolé. On n'a rien pu faire. »
    • « Un immeuble blanc de 50 étages »
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    Photo de l'avalanche prise par le photographe Robert Schmidt peu avant qu'elle ne l'atteigne. </figure>

    Les témoignages de la catastrophe parviennent au fur et à mesure. Tous décrivent des instants d'horreur.

    « Je croyais être mort », lâche ainsi George Foulsham, un spécialiste de biologie de Singapour âgé de 38 ans :

    « J'ai couru, couru, et la vague, semblable à un immeuble blanc de 50 étages, m'a aplati. J'ai essayé de me relever et elle m'a aplati à nouveau. Je n'arrivais plus à respirer. Lorsque je me suis finalement relevé, je n'arrivais pas à croire que la vague était passée sur moi et que j'étais quasiment indemne ! »

    Pour Kanchaman Tamang, un cuisinier népalais de 40 ans employé par l'agence de trekking britannique Jagged Globe, qui a vécu le drame de la saison dernière, quand 16 sherpas avaient été tués dans une avalanche, l'expérience a été particulièrement douloureuse :

    « J'étais dans la tente des repas quand l'avalanche a frappé. La tente a carrément volé. Après le désastre de l'année dernière, je n'étais pas inquiet. J'ai même raconté à ma famille que je travaillais au camp de base et que j'étais en sécurité. »

    L'un des survivants transporté à Katmandou, Bhim Bahadur Khatri, cuisinait dans sa tente quand l'avalanche a frappé :

    « Nous sommes tous sortis des tentes et, l'instant d'après, un énorme mur de neige est tombé sur nous. Je suis arrivé à creuser pour m'extirper de ce qui aurait pu être ma tombe. J'ai gigoté et utilisé mes mains comme des griffes pour creuser autant que je pouvais. Je suffoquais, je ne pouvais pas respirer. Mais je savais que je devais survivre. »

    Plus de 4 000 alpinistes ont escaladé le sommet de 8 850 mètres depuis 1953 et la première ascension par le Néo-Zélandais Edmund Hillard et le sherpa Tenzing Norgay. Le nombre a explosé ces dernières années, avec plus de 800 aventuriers lors du printemps 2013, malgré les grands dangers que l'ascension représentent encore.

    >> Lire notre article après le drame d'avril 2014 : « L'Everest est devenu une boîte à fric »

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