• Nouveau plongeon des Bourses mondiales

    Nouveau plongeon des Bourses mondiales

    Par Pierre Manière Mis à jour <time class="updated" datetime="22-09-2011T16:23:00+02:00;">le 22/09/2011 à 16:23 </time>

    <time class="updated" datetime="22-09-2011T16:23:00+02:00;"><time datetime="22-09-2011T08:08:00+02:00;" pubdate=""></time> </time>


    Crédits photo : © Charles Platiau / Reuters/X00217

    Les perspectives sur la croissance mondiale ne rassurent pas les investisseurs. Londres, Paris et Francfort perdent entre 4% et 5%, entraînées par la chute des valeurs bancaires.

    Les inquiétudes sur la santé de l'économie américaine pèsent une nouvelle fois sur les marchés parisiens. Dans le sillage de Wall Street la veille et des Bourses asiatiques ce matin, le CAC 40 perd plus de 5%, revenant ainsi sous le seuil psychologique des 2800 points à 2791 points, après avoir déjà reculé de 1,6% lors de sa précédente séance. Même tendance sur les autres places boursières européennes: le Footsie-100 de Londres perd 4,82% à 5150,06 points, le FTSE Mib de Milan, 3,73% à 13.593 points, le Dax de Francfort, 4,39% à 5195 points, et l'Ibex 35 de Madrid, 4,54% à 7837 points.

     

    Les marchés sanctionnent ainsi la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) ce mercredi. De fait, la Banque centrale des États-Unis a annoncé de nouvelles mesures de soutien à l'économie américaine. Elle va ainsi vendre d'ici à la fin juin 2012 pour 400 milliards de dollars de bons du Trésor à court terme et en racheter pour un montant identique avec une maturité plus longue afin de tenter de faire baisser les taux d'intérêt à long terme (soit une opération «twist»). Pour soutenir le marché des prêts immobiliers, elle va aussi racheter des titres immobiliers sans augmenter la taille de son portefeuille, indique le Comité.

    Le FMI inquiet pour la croissance mondiale

    En revanche, les marchés n'ont guère apprécié son verdict sur l'économie, soulignant la «faiblesse persistante» du marché de l'emploi, avec un taux de chômage «élevé» de 9,1%, couplé à des «risques importants» liés aux «tensions sur les marchés financiers mondiaux». «L'opinion de la Fed sur l'économie se détériore beaucoup et il semble qu'elle ne puisse pas faire grand chose, avec les Républicains qui (lui) demandent de ne pas intervenir», résume Yutaka Miura, analyste à la maison de courtage Mizuho Securities, à l'agence Dow Jones Newswires.

    Or les marchés s'attendaient à mieux, surtout après les propos inquiétants du Fonds monétaire international. La veille, l'institution dirigée par Christine n'a pas hésité à brandir le spectre d'une récession mondiale et lancé à l'adresse des responsables politiques de la planète «un appel fervent à l'action». Dans le même temps l'institution a fortement revu à la baisse ses prévisions de croissance pour l'économie mondiale. Celle-ci devrait croître de 4 %, en 2011 comme en 2012, soit 0,5 point de moins que sa précédente prévision 4,5 % d'avril dernier.

    Le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner, a estimé jeudi à Washington que la lenteur de la croissance économique était un défi «plus grand» que celui de la dette et que les Etats du monde entier devaient donner la priorité au soutien à la croissance.

    Pékin voit son activité manufacturière se dégrader

    À cela, il faut ajouter l'apparition d'inquiétudes concernant la situation économique en Chine. L'activité manufacturière du pays s'est détérioré au mois de septembre pour atteindre son plus bas niveau en deux mois, selon l'indice PMI préliminaire de la banque HSBC publié jeudi. L'indice PMI des directeurs d'achat calculé par HSBC a atteint 49,4 en septembre contre 49,9 en août, sachant qu'un chiffre inférieur à 50 est synonyme de contraction. «Nous assistons à une modération de la croissance comme au cours des deux derniers mois. Les craintes d'un atterrissage brutal de l'économie chinoise sont injustifiées», a estimé dans une note Qu Hongbin, le principal économiste pour la Chine de la banque.

    En France, la croissance de l'activité du secteur privé en France est tombée en septembre à son plus bas niveau depuis le début de la reprise en 2009, l'indice PMI «flash» dans l'industrie manufacturière tombant à 47,3 contre 49,1 en août.

    En Allemagne, l'indice PMI composite, qui regroupe industrie et services, est ressorti à 50,8, son plus bas niveau depuis juillet 2009 contre 51,3 en août.

    De plus, les investisseurs sont de plus en plus inquiets concernant l'évolution de la crise des finances publiques en Europe. La Grèce a annoncé mercredi soir son intention de lancer de nouvelles mesures d'austérité afin de convaincre la Troïka et obtenir le versement d'une nouvelle tranche d'aide de 8 milliards d'euros en octobre qui lui permettra d'éviter la faillite.

    Aux États-Unis, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont diminué lors de la semaine au 17 septembre, à 423.000 contre 432.000 (révisé) la semaine précédente, a annoncé jeudi le département du Travail.

    La hausse de l'indice composite des indicateurs économiques américains a ralenti en août, ce qui est signe de risques accrus pour la croissance, a indiqué vendredi le Conference Board. Cet indice, qui regroupe dix indicateurs censés donner une idée de l'évolution de la conjoncture aux Etats-Unis dans les six mois à venir, a progressé de 0,3% par rapport à juillet, où il avait gagné 0,6%, a précisé cet institut de conjoncture privé.

    Sur le marché des changes, le dollar était en hausse face à l'euro. Il valait 1,3544 dollar pour un euro, contre 1,37 dollar la veille en Asie. Les prix du pétrole plongeaient de plus de 5% jeudi à l'ouverture à New York, renouant avec leurs plus faibles niveaux depuis un mois. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» pour livraison en novembre s'échangeait à 81,28 dollars, en baisse de 4,64 dollars (5,4%) par rapport à la veille.

    En début d'après-midi, les marchés attendent également les déclarations de Robert Zoellick et de Christine Lagarde, respectivement président de la Banque mondiale et directrice générale du FMI, à l'ouverture des assemblées annuelles à Washington

    Les valeurs bancaires continuent de plonger

    Secteur bancaire

    BNP Paribas (-4,97% à 23,24 euros), qui a vu son cours de Bourse dévisser de plus de 50% en trois mois, pourrait demander de l'aide aux investisseurs privés croit savoir le Financial Times. Des analystes estiment que l'établissement pourrait chercher à lever jusqu'à 2 milliards d'euros auprès d'investisseurs du Qatar ou d'Abou Dhabi. Une hypothèse que balaye toutefois par le directeur général de la banque Baudoin Prot. Les investisseurs s'attaquen aussi à Société générale (-8,04% à 15,56 euros) et Crédit agricole (-7,97% à 4,29 euros).

    Saint-Gobain (-7,09% à 27,45 euros)

    Le groupe a procédé mercredi au placement d'une émission obligataire en deux tranches pour un montant total de 1,75 milliard d'euros avec une maturité moyenne proche de six ans et un coupon moyen proche de 4% dans le cadre du refinancement de la dette du spécialiste des matériaux de construction. L'opération a été largement sursouscrite puisque le livre d'ordres a atteint globalement pour les deux tranches plus de sept milliards d'euros de la part de près de 400 investisseurs.

    Danone (-4,08% à 42,10 euros)

    La société a lancé de son côté une émission obligataire de 500 millions d'euros échéance 2016.

    BioAlliance Pharma (-8,33% à 3,08 euros)

    Le groupe a annoncé mercredi la confirmation du calendrier d'essai clinique du Livatag contre le cancer primitif du foie, avec un démarrage de l'étude pivot de phase III courant 2012. Le laboratoire a également fait état d'un revenu récurrent de 1,02 million d'euros au premier semestre.


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