• Un observatoire pour surveiller les "attaques de colons" en Cisjordanie

    LEMONDE.FR avec AFP | 19.09.11 | 21h21

    La colonie israélienne de Kiryat Netafim, située en Cisjordanie, près du village de Salfit.

    La colonie israélienne de Kiryat Netafim, située en Cisjordanie, près du village de Salfit.AP/Nasser Ishtayeh

    Afin de faire face à la recrudescence des attaques perpétrées par les colons israéliens en Cisjordanie, des militants palestiniens et des sympathisants israéliens et étrangers ont lancé, lundi 19 septembre, une campagne visant à répertorier ces actes.

     

    Cette initiative, organisée par des comités populaires locaux, sera conduite par des groupes de volontaires qui, à l'exemple d'un observatoire, établiront des rapports détaillés sur les agressions et les actes de vandalisme commis par des colons, a affirmé leur porte-parole, Jonathan Pollak. Leur rôle sera de collecter des preuves et de les filmer, avant de les mettre à la disposition des médias et des associations de défense des droits de l'homme, selon lui.

    Le coordinateur des comités populaires palestiniens, Mohamed Khatib, a estimé qu'il était nécessaire de surveiller les activités des colons en raison du "nombre croissant d'attaques et du peu d'empressement de l'armée israélienne à les empêcher". Il a assuré que les volontaires seraient "non violents et sans armes".

    POLITIQUE DE REPRÉSAILLES

    Les raids de colons extrémistes se sont multipliés ces dernières semaines. A la suite de la démolition par l'armée de trois logements érigés dans une implantation de Cisjordanie, des colons radicaux ont mené une série d'attaques anti-palestiniennes, notamment contre des mosquées. Lundi soir, des colons israéliens ont incendié une oliveraie dans laquelle cinq cents arbres ont brûlé près de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, ont affirmé des responsables des services de sécurité palestiniens.

    Ces colons extrémistes pratiquent une politique de représailles, dite du "prix à payer", qui consiste à se venger sur des cibles palestiniennes, mais aussi récemment sur l'armée israélienne ou des militants israéliens anti-colonisation, chaque fois que les autorités israéliennes prennent des mesures qu'ils jugent hostiles à la colonisation.

     

    Le conflit israélo-palestinien

    Compte rendu L'Union européenne appelle à une "solution constructive"


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  • Dépêches Aujourd'hui à 18h35

    Le Hamas mise sur l'échec de la démarche palestinienne à l'ONU

     

    Le mouvement islamiste, qui a saisi le pouvoir dans la bande de Gaza en chassant en juin 2007 les forces du Fatah, le parti du président Abbas, accuse ce dernier d'avoir agi sans concertation. ( © AFP Mahmud Hams)

    GAZA (Territoires palestiniens) (AFP) - Le Hamas parie sur un échec du projet du président Mahmoud Abbas d'obtenir à l'ONU un Etat de Palestine mais sans s'y opposer frontalement, pour le moment, afin de ne pas rouvrir un conflit interpalestinien impopulaire, selon des experts.

    "Si Abou Mazen (Mahmoud Abbas, NDLR) échoue, le Hamas sera plus fort que jamais car c'est la dernière carte d'Abou Mazen et cela mettra fin au projet des négociations au profit de celui du Hamas", estime l'analyste politique Akram Atallah.

    "Le Hamas mise sur l'échec d'Abou Mazen à l'ONU parce qu'il le comptabilisera comme un point positif pour lui et qu'il a intérêt à hâter la fin de son pouvoir", confirme Moukhaïmer Abou Saada, professeur de science politique à l'Université Al-Azhar de Gaza.

    Le mouvement islamiste, qui a saisi le pouvoir dans la bande de Gaza en chassant en juin 2007 les forces du Fatah, le parti du président Abbas, accuse ce dernier d'avoir agi sans concertation.

    "Il aurait dû y avoir d'abord un consensus sur une stratégie nationale unifiée plutôt qu'une décision solitaire", a déclaré à l'AFP un dirigeant du Hamas, Ismaïl Radwane, faisant allusion aux craintes que l'avènement d'un Etat ne mette en péril les droits des réfugiés hors des Territoires palestiniens.

    Le président Abbas a l'intention de présenter le 23 septembre une demande d'adhésion d'un Etat de Palestine à l'ONU sur les frontières du 4 juin 1967, c'est-à-dire la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est.

    Mais le Premier ministre du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a réitéré dimanche le rejet par son mouvement de l'initiative de Mahmoud Abbas.

    M. Haniyeh a estimé qu'"aucun acteur palestinien n'a de mandat pour faire des concessions historiques sur le territoire palestinien ou les droits des Palestiniens, en particulier le droit au retour", une allusion aux réfugiés.

    Toutefois, le Hamas --au sein duquel s'expriment des opinions différentes même si une seule décision prévaut-- se ménage encore une marge de manoeuvre au cas où la demande à l'ONU aboutirait à des progrès pour les Palestiniens, afin de ne pas heurter de front les aspirations d'une partie de l'opinion.

    Un succès à l'ONU "influencera positivement le Hamas qui s'oriente vers la modération cette année et le rendra plus souple en fonction de la situation", juge Talal Okal, un analyste basé à Gaza, .

    "Si Abou Mazen obtient un Etat, cet Etat sera gouverné par le système politique palestinien, dont le Hamas fait partie, ce qui représente un gain politique pour le Hamas et sa légitimité après la réconciliation", approuve Akram Atallah.

    Le Hamas et le Fatah ont conclu un accord de "réconciliation" le 27 avril au Caire mais ce pacte est aujourd'hui au "réfrigérateur", selon le vice-ministre des Affaires étrangères du Hamas, Ghazi Hamad, en raison notamment de divergences sur la formation d'un nouveau gouvernement palestinien.

    "Nous ne parviendrons pas à l'indépendance sans la réconciliation", arguait récemment M. Hamad, un modéré du Hamas, dans un entretien avec l'AFP.

    Il est certain, selon les commentateurs, que la démarche onusienne représente un danger pour le Hamas car une victoire du président Abbas renforcerait sa position dans l'opinion palestinienne et isolerait un peu plus le mouvement islamiste sur la scène internationale.

    "Il s'agirait d'un revers pour le Hamas dans la mesure où le projet de l'Autorité apparaîtrait comme porteur de meilleurs résultats que le sien: un Etat et la reconnaissance internationale dans un cas, le blocus (israélien, NDLR) dans l'autre", explique Akram Atallah.

    © 2011 AFP


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  • Vers une confrontation entre Israël et la Palestine à l'ONU

    LEMONDE.FR avec AFP | 15.09.11 | 14h54   •  Mis à jour le 15.09.11 | 15h59

    Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, présentera la demande d'adhésion d'un Etat de Palestine au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, le 23 septembre à 12 h 30, sauf alternative "crédible". C'est ce que vient d'annoncer le ministre des affaires étrangères palestinien, Riyad Al-Malki, qui a fait référence aux contacts en cours avec les Etats-Unis et les Européens.

    "  Notre priorité maintenant est d'aller au Conseil de sécurité et de demander notre admission, a annoncé M. Malki à Ramallah, en Cisjordanie. Il a précisé : Nous allons soumettre notre demande pour devenir membre [de l'ONU] à part entière (...) Mais d'ici là, nous sommes ouverts à toutes suggestions et idées qui pourraient venir de tous côtés pour reprendre des négociations sur des bases fermes, avec des termes de référence clairs, un calendrier clair et des garanties claires."  

    INTENSE ACTIVITÉ DIPLOMATIQUE

    Israël et les Etats-Unis s'opposent à cette demande et prônent un retour à des négociations directes, totalement gelées depuis un an. Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a annoncé qu'il ira à l'ONU pour présenter la position d'Israël. "Je dirai la vérité, la simple vérité, qu'Israël veut la paix et a tenté de négocier depuis deux ans et demi. Nous savons que la paix dépend de la reconnaissance [mutuelle] et de la sécurité", a-t-il déclaré. "Des négociations directes de paix et une quête pour la paix, tels sont les deux messages que j'entends transmettre à l'Assemblée générale des Nations unies la semaine prochaine", a ajouté M. Nétanyahou, même si l'enceinte onusienne "ne constitue pas un terrain favorable à Israël et [que] des décisions très hostiles y ont été prises dans le passé". Le chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman, avait déjà mis en garde les Palestiniens sur les "conséquences dures et graves" que pourrait entraîner cette demande d'adhésion.

    Du côté des Américains, Dennis Ross, conseiller spécial du président Barack Obama, et David Hale, l'émissaire pour le Proche-Orient, ont été dépêchés mercredi dans la région pour tenter de dissuader les Palestiniens de présenter leur demande.

    D'ici au 23 septembre, une intense activité diplomatique se poursuit. La chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton, s'est entretenue, jeudi matin, à Jérusalem, avec Benyamin Nétanyahou pour la deuxième fois en vingt-quatre heures, avant de regagner Bruxelles. Elle avait décidé, mercredi, de prolonger son séjour en Israël pour poursuivre ses consultations et tenter de trouver une solution de compromis afin de "ramener les parties à la table des négociations".


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  • Après l'attaque du Caire, Israël craint l'isolement

    Par Marc Henry Publié <time datetime="11-09-2011T22:27:00+02:00;" pubdate="">le 11/09/2011 à 22:27 </time> Réagir

    Vendredi, les manifestants ont détruit le mur d'enceinte et mis à sac les archives de l'ambassade d'Israël au Caire.

    Benyamin Nétanyahou veut préserver le traité de paix avec l'Égypte.

    À Jérusalem

    «En Turquie, le gouvernement est contre nous, en Égypte la populace est contre nous et à l'ONU la majorité des pays est contre nous»: ce constat désabusé dressé par Arieh Golan, un présentateur de la radio pu­blique, résume bien le goût de plus de plus amer laissé aux Israéliens par le «printemps des peuples» au Moyen-Orient.

    Les coups durs se multiplient. En l'espace de quelques jours, l'ambassadeur d'Israël à Ankara a été expulsé, tandis que celui du Caire, menacé de mort, a dû être rapatrié d'urgence ce week-end. «Nous avons frôlé une catastrophe monumentale», a souligné dimanche Benyamin Nétanyahou. Le premier ministre faisait allusion au sort de six gardes israéliens restés dans l'ambas­sade du Caire assiégée par des centaines de manifestants déchaînés, qui avaient réussi à pénétrer de force dans les ­locaux. Ces agents de sécurité ont finalement été sauvés in extremis par l'intervention d'un commando des forces spéciales égyptiennes.

    Plutôt que de se laisser aller à la colère face à un tel affront et à une violation flagrante de toutes les règles de la diplomatie, les dirigeants israéliens ont préféré calmer le jeu. Comme l'a souligné Benyamin Nétanyahou, l'essentiel est de préserver le traité de paix de 1979, le premier signé entre Israël et un pays arabe, considéré comme un «atout diplomatique stratégique». Le premier ministre s'est contenté de demander aux autorités égyptiennes de «prendre les arrangements de sécurité nécessaires afin de permettre à l'ambassadeur de revenir à son poste au Caire». Benyamin Nétanyahou a même poussé la politesse jusqu'à rendre hommage à l'action du commando égyptien.

    Moins conciliants, les médias n'ont pas manqué de souligner que les soldats et les policiers égyptiens en poste devant l'ambassade sont restés les bras croisés durant des heures en laissant les manifestants détruire un mur d'enceinte. Les commentateurs ainsi que le député travailliste d'opposition Benyamin Ben Eliezer ont aussi accusé le chef du conseil militaire suprême qui dirige l'Égypte Mohammed Tantawi d'avoir refusé de répondre aux appels téléphoniques de Benyamin Nétanyahou au moment de la prise d'assaut de l'ambassade et d'avoir donné ordre au commando d'intervenir uniquement lorsque Barack Obama, mobilisé par Benyamin Nétanyahou, l'a pressé de le faire.

    «Hiver islamiste»

    Malgré cette retenue officielle, les responsables israéliens n'ont pas pu s'empêcher de souligner qu'ils avaient eu raison de ne pas se faire d'illusions sur le «printemps des peuples» au Moyen-Orient. «Israël a été un des rares pays à ne pas exulter et applaudir des deux mains. Nous sommes restés très sceptiques et nous avons eu raison de l'être», affirme ainsi Gilad Erdan, ministre de l'Environnement, un proche de Benyamin Nétanyahou. «On pourra peut-être parler de printemps arabe dans cent ou deux cents ans», a pour sa part diagnostiqué Matan Vilnaï, le ministre chargé de la protection de la population civile. Pour Dan Méridor, un autre membre du gouvernement qui chapeaute les services de renseignements, «la région se trouve dans l'œil d'un cyclone, personne ne sait si tout cela ne va pas se terminer par l'émergence de nouvelles dictatures religieuses».

    La semaine dernière, le général Eyal Eisenberg chargé de la défense passive, avait provoqué un début de scandale en évoquant publiquement la possibilité que le «printemps arabe vire à un hiver islamique extrémiste» et aboutisse à une «guerre totale, y compris avec l'utilisation d'armes de destruction massive». Ce tableau alarmiste avait été désavoué officiellement, mais il n'en reflète pas moins un sentiment d'isolement croissant…


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  • Mahmoud Abbas déterminé à demander l'adhésion d'un État palestinien à l'ONU

     

    Malgré l'opposition déclarée d'Israël et des États-Unis, l'Autorité palestinienne a confirmé jeudi son intention de demander l'adhésion d'un État de Palestine à l'ONU, lors de l'Assemblée générale annuelle.

    Une campagne a d'ores et déjà débuté.

    Par Christophe DANSETTE (vidéo)
    Dépêche (texte)
     
    L'ÉTAT PALESTINIEN "DEVRAIT EXISTER DEPUIS LONGTEMPS" (BAN KI-MOON)

    Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a réitéré vendredi son soutien à la création d'un Etat palestinien qui "devrait exister depuis longtemps", selon lui, et pour lequel les Palestiniens s'apprêtent à demander l'adhésion à l'ONU sur les frontières de 1967. 

    "La vision de deux États permettant à Israël et aux Palestiniens de vivre (...) côte à côte dans la paix et la sécurité, c'est une vision toujours valable et je la soutiens pleinement", a déclaré M. Ban à des journalistes au cours d'une visite en Australie.

    AFP - Les Palestiniens ont lancé jeudi une campagne pour appuyer leur demande d'adhésion à l'ONU d'un Etat de Palestine sur les frontières de 1967, un projet auquel s'oppposent Israël et les Etats-Unis et qui divise les pays européens.

    Au même moment, la direction palestinienne confirmait son intention de présenter cette demande d'adhésion aux Nations unies pendant la session annuelle de l'Assemblée générale qui s'ouvre la semaine prochaine.

    La campagne, baptisée "Campagne nationale pour la Palestine, 194e Etat (l'ONU compte 193 membres, NDLR)", a été lancée à Ramallah, où une centaine de Palestiniens, brandissant drapeaux et pancartes, ont défilé jusqu'au QG de l'ONU et remis une lettre sollicitant le soutien du secrétaire général Ban Ki-moon à l'adhésion d'un Etat de Palestine.

    "Aujourd'hui, nous avons commencé notre campagne sur le terrain et nous espérons que les Nations unies répondront à nos demandes", a expliqué à l'AFP un des coordinateurs de la campagne Ahmad Assaf.

    La lettre a été symboliquement déposée par une réfugiée du camp d'Al-Amari, près de Ramallah, Latifa Abou Hmed, 60 ans, dont six fils sont ou ont été détenus par Israël et un septième été tué par l'armée israélienne.

    "J'adresse ce message à l'ONU pour dire que nous avons droit à notre Etat comme n'importe qui dans le monde et droit à la fin de l'occupation", a-t-elle déclaré.

    Le président palestinien Mahmoud Abbas doit lui-même remettre en personne la demande d'adhésion à M. Ban le 20 septembre, faute de perspective de reprise des négociations de paix avec Israël.

     

    La direction palestinienne appelle à "une large mobilisation en Palestine, dans les camps (de réfugiés, NDLR) dans le monde arabe et dans tous les pays du monde pour soutenir la démarche aux Nations unies", selon un communiqué diffusé à l'issue d'une réunion à Ramallah autour de M. Abbas.

    Elle "affirme la nécessité de poursuivre la démarche à l'ONU pour obtenir la reconnaissance de l'adhésion d'un Etat de Palestine sur les frontières du 4 juin 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale", soit la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza, selon le texte lu par le secrétaire général du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine Yasser Abed Rabbo

     

    "La direction palestinienne estime que parvenir à ce but favorisera la relance d'un processus de paix sérieux et de nouvelles négociations avec l'objectif clair d'une solution à deux Etats sur les frontières de 1967", précise-t-elle.

    Un participant, Azzam al-Ahmad, a qualifié avant la réunion la décision "de "définitive et irréversible", affirmant que "la demande d'adhésion serait soumise au Conseil de sécurité et non à l'Assemblée générale".

    Le président palestinien et deux émissaires américains ont constaté mercredi leurs divergences sur l'opportunité de cette demande.

    "Le fossé entre les positions palestinienne et américaine persiste après la rencontre", a indiqué le porte-parole de M. Abbas, Nabil Abou Roudeina, au terme d'entretiens avec David Hale, émissaire américain pour le Proche-Orient, et Dennis Ross, conseiller spécial du président américain Barack Obama.

    Israël s'oppose à cette initiative, de même que les Etats-Unis qui ont menacé d'utiliser leur veto au Conseil de sécurité, arguant qu'un Etat palestinien ne peut être que le résultat des pourparlers de paix, enlisés depuis près d'un an.

     

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