• Paris, capitale mondiale de la résistance au terrorisme

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    Paris, capitale mondiale de la résistance au terrorisme

    <time>Publié le 11-01-2015 à 07h32Mis à jour à 23h56</time>
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    Un enfant dans la foule lors de la marche républicaine le 11 janvier 2015 à Paris
 (c) Afp
    Un enfant dans la foule lors de la marche républicaine le 11 janvier 2015 à Paris (c) Afp
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    Paris (AFP) - Une marée humaine de plusieurs millions de personnes a serré les coudes dimanche, en province comme dans les rues de Paris en état de siège, marchant avec François Hollande et des dirigeants étrangers pour expurger entre larmes et sourires la souffrance d'une folle semaine de violence.

    Plus 3,3 millions de manifestants dans la France entière dont 1,3 à 1,5 million à Paris selon les organisateurs - des "Charlie" des "Musulmans", des "Juifs" et des "policiers", référence aux 17 morts des attentats - ont défié dans le calme le terrorisme islamiste déchainé trois jours durant au coeur de la capitale, communiant en un rassemblement d'une ampleur "sans précédent", "impossible à chiffrer" selon le ministère de l'Intérieur.

    Cette foule, grave et frondeuse à la fois, a ainsi battu le record des quelque 1,5 million de personnes réunies lors de la victoire au Mondial de football de 1998.

    Partout dans le pays, des rassemblements similaires ont réuni largement plus d'un million de personnes sous les drapeaux tricolores et les bannières "Je Suis Charlie", réclamant "Liberté, Fraternité" entre Marseille, Lyon, Grenoble, Rennes ou Perpignan.

    Bras dessus, bras dessous, le président de la République François Hollande et ses invités étrangers, des responsables du monde entier, ont avancé avec les familles des victimes le front ceint d'un bandeau blanc, personnalités de tous bords, partis, syndicats, artistes, associations, groupes religieux juifs, chrétiens, musulmans, protestant du même pas lent.

    "Paris est aujourd'hui la capitale du monde, a salué François Hollande à la mi-journée. Le pays tout entier va se lever vers ce qu'il a de meilleur". "Inouï, extraordinaire" et "historique", s'est réjoui le Premier ministre Manuel Valls.

    La place de la République, épicentre de la douleur et de la résistance d'où partait la manifestation, s'est trouvée rapidement congestionnée en début d'après-midi, avant même le début de la marche à 15h00, sous une très forte surveillance policière, fréquemment acclamée par les manifestants. Des quatre coins de Paris a convergé un flot continu de centaines de milliers de personnes, ont observé des journalistes de l'AFP, avec rues bloquées, métros saturés et bus à l'arrêt.

    - Sommet diplomatique -

    Cette marche conçue initialement comme un hommage aux victimes des trois jihadistes revendiqués, dont les irrévérencieux dessinateurs de Charlie Hebdo massacrés mercredi, une jeune policière municipale tuée jeudi et quatre Juifs assassinés dans une supérette casher vendredi, a également pris un tour de sommet diplomatique.

    Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, le président palestinien Mahmoud Abbas et le couple royal jordanien étaient présents, de même que le président ukrainien, Petro Porochenko, et le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

    Participaient aussi les plus hauts dirigeants européens, d'Angela Merkel à David Cameron, de Mariano Rajoy à Jean-Claude Juncker en passant par Matteo Renzi, ainsi que huit présidents africains. Particulièrement marquante, l'image de la chancelière allemande, reposant son front, yeux fermés, sur celle de François Hollande.

    Des dirigeants plus controversés, comme Viktor Orban (Hongrie) ou Ali Bongo (Gabon), ont aussi fait le voyage. La Turquie est représentée par son Premier ministre, Ahmet Davutoglu.

    Avant M. Hollande, seul un président français avait déjà participé à une manifestation de rue: François Mitterrand, en 1990, après la profanation du cimetière juif de Carpentras.

    Au total, ce sont une cinquantaine de dirigeants étrangers qui se sont retrouvés à l’Élysée en début d'après-midi avant de rejoindre la manifestation avec François Hollande, en cars.

    Ils ont avancé une vingtaine de minutes sur le boulevard Voltaire avant de se figer pour une minute de silence à hauteur de la mairie du XIe et de repartir.

    François Hollande, resté dans le cortège, est ensuite allé à la rencontre des familles et des proches des victimes, étraignant longuement l'urgentiste et chroniqueur Patrick Pelloux, en larmes.

    - 'Charlie, Liberté!' -

    En plus du gouvernement français au grand complet, l'ancien président Nicolas Saroky était présent - Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac ayant décliné - ainsi que les ex-Premier Ministre de Michel Rocard à Jean-Marc Ayrault, en passant par Alain Juppé, Edouard Balladur ou Lionel Jospin.

    A l’Élysée, même si on salue "la mobilisation internationale exceptionnelle", on évoque d'abord le "rassemblement du peuple français".

    Dans la foule, les anonymes sont souvent venus en famille. "Ceux qui ont un fusil et tuent des gens sont lâches, explique Jean-Alain, 39 ans, à son fils de 7 ans. "On voulait venir ici pour que ce soit concret pour lui, qu'il voie qu'on pense tous la même chose" indique-t-il.

    La statue qui trône au centre de la Place de la République a été rebaptisée "Place de la liberté d'expression". Sur le parcours, les panneaux publicitaires affichent sur fond noir "Je suis Charlie".

    Sous les drapeaux, la foule chante la Marseillaise, entonne des "Charlie, Liberté!" .

    C'est "un vrai signe de la force de la France (...), elle est unie contre toutes ces personnes" extrémistes, se réjouit Lassina Traoré, un Français de 34 ans de confession musulmane venu très en avance.

    Un père qui se présente comme Charlie est venu avec son fils Samuel de 9 ans. "Je suis là en tant que Juif, Français, républicain, je voulais montrer à mon fils qu'il n'était pas seul".

    Tous les partis étaient représentés dans le cortège parisien, à l'exception du Front national. Marine Le Pen, pas invitée formellement, a appelé à manifester seulement en province. Elle était à Beaucaire (Gard), une mairie d'extrême droite, où elle a été acclamée par une petite foule.

    De fortes mobilisations ont également été rapportées dans des villes plus petites : à Dammartin-en-Goële, en Seine-et-Marne, localité de 8.000 habitants où s'est déroulé l'assaut contre les deux frères Kouachi vendredi, près de 10.000 personnes se sont retouvées.

    A Lyon, il a fallu rallonger le parcours pour accueillir la foule, souvent en larmes.

    A La Rochelle, une pancarte "Raid, GIGN = merci", témoignait des applaudissements souvent entendus dans les cortèges par les journalistes de l'AFP, destinés aux forces de l'ordre. Un policier posté sur un toit à Paris est repéré par la foule qui l'ovationne pendant de longues minutes: "Merci! Merci!". Quand l'intéressé s'en aperçoit, il brandit son pouce en remerciement.

    Une même émotion a saisi de nombreuses capitales à travers le monde, à Berlin (18.000), Vienne (12.000 personnes), Londres ou Madrid. New York et Washington, entre autres, devaient suivre. A Bruxelles, l'ambassadeur de France Bernard Valero a salué les 10.000 personnes rassemblées : "Merci Bruxelles (...) pour ce magnifique bras d'honneur à la connerie".

    Aucun incident n'a été relevé au fil de la journée.

    Dimanche matin, un quotidien allemand qui avait publié des caricatures de Mahomet venant de Charlie Hebdo, a été la cible d'une attaque avec un engin incendiaire, sans blessés.

    - Contrôles aux frontières -

    A l’Élysée, François Hollande avait d'abord reçu dimanche matin, avec Manuel Valls, les représentants de la communauté juive, toujours plus inquiets après la prise d'otages sanglante, porte de Vincennes, vendredi. Il doit se rendre à 19H00 à la Grande synagogue de Paris, rue de la Victoire.

    Sur fond de nouvelles menaces formulées contre la France, Bernard Cazeneuve, onze ministres de l'Intérieur européens et le ministre américain de la Justice, Eric Holder, réunis à Beauvau, ont appelé à renforcer les contrôles des mouvements aux frontières extérieures de l'Union européenne. Et jugé "indispensable" le partenariat avec les opérateurs internet pour identifier et retirer rapidement les "contenus incitant à la haine et à la terreur".

    "L'Europe va gagner le défi contre le terrorisme", a estimé le chef du gouvernement italien Matteo Renzi. Moins optimiste, son homologue britannique David Cameron a prévenu que la menace jihadiste serait "avec nous pour encore beaucoup d'années".


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