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    Real Madrid-FC Barcelone : pourquoi ce Clasico ne sera pas comme les autres

    LEMONDE.FR | 10.12.11 | 15h52   •  Mis à jour le 10.12.11 | 18h09

    Le Madrilène Pepe et le Barcelonais Messi à la lutte pour le ballon, le 16 avril.

    Le Madrilène Pepe et le Barcelonais Messi à la lutte pour le ballon, le 16 avril.AFP/DOMINIQUE FAGET

    Six. C'est le nombre de confrontations entre le Real Madrid et le FC Barcelone disputées au cours de la saison précédente. La fameuse manita du 30 novembre 2010 (victoire du Barça 5-0), les quatre "Clasico" du mois d'avril, les duels à distance entre Messi et Cristiano Ronaldo, les joutes verbales entre José Mourinho et Pep Guardiola, des polémiques sur l'arbitrage, et surtout des rencontres de très haut niveau. Les amateurs de grandes affiches, celles qui le temps d'une semaine mobilisent toute l'attention du microcosme footballistique, ont été rassasiés.

    Mais samedi à 22 heures, les compteurs sont remis à zéro.   Le stade Santiago Bernabeu accueillera le premier Clasico de l'exercice 20111-2012.   Après tant d'effervescence suscitée par les six rounds acharnés de la saison dernière, quels motifs d'enthousiasme trouver à ce nouvel affrontement entre les deux rivaux éternels ? Quelles nouveautés le spectacle proposera-t-il cette fois ? Voici les raisons pour lesquelles ce Real Madrid-FC Barcelone sera unique.

    LE REAL MADRID EST MEILLEUR QUE LA SAISON DERNIÈRE

    Fin d'année 2010, José Mourinho venait de prendre les rênes de l'équipe madrilène. Le Portugais commençait à esquisser les croquis de ce qui allait devenir la charpente de sa future "maison blanche". Ricardo Carvalho, Ozil, Khedira, Di Maria, le "Special One" incorpore de nouveaux ingrédients pour trouver la recette du succès. Le Real impressionne vite mais semble se chercher encore. La cinglante défaite subie au Camp Nou en novembre 2010 (5-0) lui rappelle que l'autorité est toujours catalane.

    Mais cette saison, l'équipe madrilène a achevé son évolution. Percussion, engagement, recherche constante de verticalité, actions collectives de classe : la mécanique madrilène n'a jamais semblé si bien huilée. En défense, Sergio Ramos a glissé dans l'axe et apporte une qualité de relance supplémentaire. Il laisse à Arbeloa ou Lassana Diarra le soin de batailler dans le couloir droit, ce dont le Français, retrouvé, s'acquitte parfaitement. Au milieu, la pierre angulaire Xabi Alonso est au somment de son art et abreuve les lignes offensives de ballons exploitables. Mezut Ozil rayonne, Di Maria rend folles les défenses adverses et l'alternance Benzema-Higuain n'a jamais été si fructueuse.

    De plus, les arrivées estivales ont apporté à l'effectif la profondeur qui pouvait lui faire encore défaut. Fabio Coentrao peut évoluer sur chaque côté de la défense ou au milieu de terrain, Callejon rempli son rôle de joker offensif et Kaka ressemble de plus en plus au génie qu'il fut jadis. Les Turcs Sahin et Altintop offrent d'autres options au milieu. A chaque poste la concurrence fait rage mais n'a jamais semblé aussi saine. Cette saison, José Mourinho n'a pas bouleversé son équipe type. Il a enrichi son banc de touche et peaufiné son collectif. Le cas de Cristiano Ronaldo en est l'exemple éloquent : là où le Portugais forçait parfois trop ses exploits individuels, non sans réussite, il semble se dévouer plus instinctivement à la cause commune. Et le danger devient davantage plurilatéral. Enfin, l'équipe tout entière s'est imprégnée de l'esprit combatif que Mourinho a toujours su insuffler là où il est passé.

    BENZEMA N'EST PLUS UN "CHAT"

    En décembre 2010, Gonzalo Higuain, victime d'une hernie discale, doit déclarer forfait pendant trois mois. Karim Benzema le remplace à la pointe de l'attaque. Mourinho encore sceptique sur les capacité de l'ancien Lyonnais à assumer seul le rôle de buteur de son équipe a sa méthode bien à lui pour le motiver : "Si tu vas à la chasse avec un bon chien, tu chasses plus. Si tu vas avec un chat, tu chasses moins mais tu chasses quand même." Le message est clair.

    A cette époque, Karim Benzema est contesté. Ses prestations peinent à convaincre son entraîneur. Ce dernier clame d'ailleurs son envie de recruter un troisième attaquant au mercato d'hiver. Chose faite : Emmanuel Adebayor, prêté par Manchester City, viendra renforcer les rangs offensifs. Jugé encore trop tendre bien que décisif en huitièmes de finale de la Ligue des champions face à Lyon (buteur à l'aller et au retour), Benzema assistera à la victoire des siens contre Barcelone en Coupe du roi depuis le banc de touche. Idem en demi-finales de la Ligue des champions.

    Mais depuis, l'international tricolore a su s'imposer. Pièce maîtresse du Real cette saison, il a déjà inscrit 7 buts en 12 matches de Liga et 4 en Ligue des champions. Affûté et en confiance, le Français sait enfin se montrer décisif, comme lorsqu'il ouvre le score à Valence le 19 octobre dernier (3-2 pour le Real). Et la concurrence de Higuain à son poste se fait moins belliqueuse : les deux hommes alternent les buts à chacune de leurs apparitions respectives, leurs temps de jeu s'équilibre et leur rendement s'accroît. La saison dernière, Benzema semblait encore trop inoffensif pour peser sur la défense de Barcelone, cette fois les Blaugrana s'en méfieront sûrement davantage. D'autant qu'au match aller de la Supercoupe d'Espagne en août dernier (2-2), il a ouvert son compteur de buts face aux Catalans.

    LE REAL MADRID REÇOIT EN SOLIDE LEADER

    Six. C'est aussi le nombre de points d'avance sur son historique rival dont le Real Madrid dispose au lendemain de la 14e journée de Liga. Si, entre temps, les hommes de Guardiola sont revenus à trois points en remportant un match avancé face au Rayo Vallecano (4-0), les Merengue profitent toujours d'une avance plutôt confortable, qu'un match nul lors du Clasico suffirait à préserver.

    Le Real Madrid vient de cumuler quinze succès de rang toutes compétitions confondues depuis le 24 septembre. Un record vieux de cinquante ans pour le club. En Ligue des champions, les troupes de Mourinho n'ont pas laissé une seule miette à la concurrence, terminant premiers de leur groupe avec six victoires en autant de matches et une différence de buts de +17, soit le meilleur résultat d'une équipe lors de la phase de poules. Les Madrilènes abordent donc ce Clasico en pleine confiance et, au vu du retard qu'il accuse, le FC Barcelone n'a guère d'autre choix que de l'emporter s'il ne veut pas laisser son adversaire s'échapper un peu plus en tête de la Liga.

    BARCELONE A L'AVANTAGE PSYCHOLOGIQUE

    Sur les six confrontations de la saison écoulée, le Real Madrid ne s'est imposé qu'une seule fois, qui plus est après prolongations, lors de la finale de la Coupe du roi (1-0). Sur les trois oppositions jouées à Santiago Bernabeu, les coéquipiers de Cristiano Ronaldo ont été tenus en échec à deux reprises (1-1 en Liga et 2-2 en match aller de la Supercoupe d'Espagne au mois d'août) et battus une fois, en quart de finale aller de la Ligue des champions (2-0).

    Certes les Madrilènes ont pu se consoler en décrochant leur premier trophée depuis trois ans, tout en privant Barcelone du triplé (championnat, coupe, coupe d'Europe), mais c'est bien le Barça qui a remporté la Liga pour la troisième année de suite et tyrannisé la Ligue des champions. Et la gifle du 30 novembre 2010 au Camp Nou hante encore les esprits madrilènes.

    Si la finale de la Supercoupe d'Espagne au mois d'août fut bien plus accrochée que les affrontements précédents (2-2, 3-2), à l'épilogue, les coéquipiers de Messi ont encore soulevé le trophée. Depuis son arrivée sur le banc du Barça, Pep Guardiola n'a jamais connu la défaite à Santiago Bernabeu. Les Madrilènes se consoleront en constatant que cette saison les Blaugrana, accrochés face à Séville, Valence, Bilbao ou Milan, n'ont pas toujours brillé face à un adversaire coriace.

    L'ÉLÉMENT FABREGAS

    Recruté cet été pour 30 millions d'euros, l'ancien Gunner s'apprête à vivre son premier Clasico. Alors que l'on pouvait s'interroger sur sa capacité à s'intégrer dans une équipe déjà solidement en place, l'Espagnol s'est imposé tout naturellement comme un élément majeur du dispositif catalan. Positionné un peu partout depuis son arrivée, le plus souvent dans un 3-4-3 récemment instauré par Guardiola.

    Au poste de milieu relayeur dans l'entre-jeu, sur les côtés et même attaquant, Fabregas à su s'adapter aux circonstances tout en assurant un rendement aussi efficace qu'inattendu. Résultat : 7 buts en 11 matches de Liga et 2 en Ligue des champions, faisant de lui le deuxième meilleur buteur du Barça cette saison, derrière Lionel Messi. Rodé aux rendez-vous d'importance avec son ancien club d'Arsenal, Cesc Fabregas pourrait jouer un rôle crucial dans ce premier Clasico de la saison.

    Corentin Rocher


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