• Présidents écoutés par la NSA : Paris hausse le ton, la classe politique réagit

    Présidents écoutés par la NSA : Paris

    hausse le ton, la classe politique réagit

    <figure class="article-picture thumbnail ta-c bg-light-grey" data-exclu="" data-surtitre="Espionnage">

    Suite aux révélations de WikiLeaks, François Hollande a convoqué un conseil de Défense en urgence mercredi matin à l'Elysée. Entre 2006 et 2012, la France a été écoutée au plus haut sommet de l'Etat.

    <figcaption class="legend ta-l"> Suite aux révélations de WikiLeaks, François Hollande a convoqué un conseil de Défense en urgence mercredi matin à l'Elysée. Entre 2006 et 2012, la France a été écoutée au plus haut sommet de l'Etat. (Crédits : AFP) </figcaption> </figure> <section class="signature">

    latribune.fr  |  <time datetime="2015-06-24CEST11:49:00+0200" itemprop="datePublished"> 24/06/2015, 11:49 </time>  -  lien 

    </section> <section class="chapeau"> Les réactions politiques affluent, ce matin, après la révélation de l'espionnage systématique des présidents Chirac, Sarkozy et Hollande par les Américains, selon les informations de WikiLeaks, Libération et Mediapart. </section> <section class="contenu-article" itemprop="articleBody"> <aside class="img-links-wrapper"> </aside></section>

    L'histoire se répéterait-elle ? A l'automne 2013, le journal The Guardian révélait que 35 chefs d'Etat étaient écoutés par la NSA. L'Allemagne de son côté était particulièrement irritée apprenant que l'un des téléphones portables de Angela Merkel avait été espionné. Et voilà que le lanceur d'alerte WikiLeaks révèle cette fois que pendant 6 ans, les conversations de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et les premiers jours de François Hollande à l'Elysée ont été écoutés.

    Paris convoque l'ambassadrice des Etats-Unis

    A l'issue du Conseil de défense convoqué en urgence hier soir par François Hollande, l'Elysée a fait savoir ce mercredi matin qu'elle ne "tolérera aucun agissement mettant en cause sa sécurité". Dans un communiqué, l'Elysée rappelle que ces "faits inacceptables" ont déjà donné lieu à des mises au point entre les Etats-Unis et la France, notamment fin 2013 au moment des premières révélations et lors de la visite d'Etat du Président de la République aux Etats-Unis en février 2014. Dans la foulée, Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères a convoqué Jane Hartley, l'ambassadrice des Etats-Unis ce mercredi après-midi, à 18h, au Quai d'Orsay.

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    Le président de la République réunira également une délégation de parlementaires à 12h15 « pour faire le point » sur l'espionnage dont les présidents français ont fait l'objet par la NSA, indique l'Elysée.

    Déclaration ambiguë de la Maison Blanche

    Si Paris hausse le ton, Washington nie de son côté ses écoutes. C'est Ned Price, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale, qui s'est exprimé hier soir dans un communiqué :

    « Nous ne visons pas et ne viserons pas les communications du président Hollande. Comme nous l'avons déjà indiqué, nous ne menons pas d'opérations de surveillance à l'étranger sauf s'il existe un objectif de sécurité nationale spécifique et validé. Cela s'applique aux citoyens et aux dirigeants. Nous travaillons étroitement avec la France sur toutes les questions internationales importantes et les Français sont des partenaires indispensables ».

    En France, la première réaction officielle a eu lieu ce matin, sur l'antenne d'ITélé par la voix de Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement. « C'est inacceptable entre alliés », a-t-il déclaré. "On est dans une situation où c'est difficile d'accepter (...) qu'il puisse y avoir ce type de pratiques". A l'issue de ce Conseil de défense, des précisions seront demandées, a-t-il ajouté.

    La voix d'un ancien du gouvernement n'a pas tardé à se faire entendre. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre au moment des écoutes à l'Elysée s'est exprimé sur son compte Twitter :

    Des écoutes inacceptables mais pas surprenantes

    De son côté, le ministre du Travail, François Rebsamen, invité de France Info ce mercredi matin semble peu surpris des révélations de Wikileaks, publiées par Libération et Mediapart :

    « On le savait finalement. Ces informations qui sont distillées par la presse sont graves, les pratiques sont anormales donc il faut examiner tout ça. Entre amis on ne fait pas ça même si on voit bien que chacun défend d'abord son indépendance nationale donc il faut aussi se protéger de ce genre de choses. Le mieux quand on a effectivement des choses secrètes à se dire c'est de ne pas se les dire au téléphone ». Dont acte.

    Gérard Longuet, ancien ministre de la Défense de 2011 à 2012, invité ce mercredi matin sur  BFM TV,  déplore ces écoutes :

    « C'est consternant pour une grande puissance parce qu'il y a une disproportion manifeste entre le risque en terme d'image qu'elle prend à écouter les chefs de l'Etat et l'intérêt des dites conversations qui recoupent des informations qui sont connues et sues de tout le monde ».

    Pour autant, il confie ne pas être très surpris non plus des révélations sur les grandes oreilles américaines  :

    « pour être très honnête quand j'étais au ministère de la Défense, on m'a dit voilà votre téléphone crypté, tous les autres sont écoutés ».

    Même son de cloche pour l'ancien ministre des Finances, François Baroin sur l'antenne de BFM TV et RMC qui assure au micro de Jean-Jacques Bourdin qu'il se "doutait que le standard de Bercy était écouté", et ajoute qu'il "faisait attention". Il demande par ailleurs une "réponse forte" du gouvernement.

    Dès hier soir, Nicolas Sarkozy, selon son entourage, a réagi dénonçant « des méthodes inacceptables en règle générale et plus particulièrement entre alliés », selon son entourage. Le journal Le Monde a  aussi interrogé Pierre Lellouche, son ancien secrétaire d'Etat au commerce extérieur (2010-2012), concerné par ces écoutes. Il juge les méthodes de la NSA « intolérables ».

     Le FN demande "un geste fort "du gouvernement

    Florian Philippot, vice-président du Front National, interrogé par RTL, attend de son côté une réaction très ferme du gouvernement :

    « C'est évidemment scandaleux qu'on laisse faire pendant dix ans au plus haut sommet de l'état parce qu'on ne m'explique pas que le chef d'Etat n'était pas au courant. Evidemment qu'on était au courant. Je crois que c'est ça qui est inquiétant, de voir la passivité française devant ces pratiques d'espionnage par les Etats Unis (..)  Le gouvernement français ne peut pas ne pas réagir il doit convoquer l'ambassadeur américain et il faut un geste fort comme cesser immédiatement les discussions sur le traité transatlantique que nous sommes en train de négocier justement avec les Etats-Unis ».


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