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    Procès Moubarak: Une troisième audience sous haute tension, reprise mercredi

    Créé le 05/09/2011 à 21h06 -- Mis à jour le 05/09/2011 à 22h13
     
    <aside>Des manifestants anti-Moubarak s'en prennent aux forces de l'ordre à l'extérieur du tribunal qui accueille le procès de l'ex-président égyptien, le 5 septembre 2011, au Caire (Egypte)

    Des manifestants anti-Moubarak s'en prennent aux forces de l'ordre à l'extérieur du tribunal qui accueille le procès de l'ex-président égyptien, le 5 septembre 2011, au Caire (Egypte) A.DALSH / REUTERS

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    MONDE - Des échauffourées ont eu lieu à l'intérieur et hors du tribunal du Caire...

    Des échauffourées ont opposé partisans et adversaires d'Hosni Moubarak ce lundi à l'intérieur et hors du tribunal où avait lieu la troisième audience de son procès, où un premier témoin a défendu le rôle de la police avant le renversement du président égyptien. L'audience devrait reprendre mercredi.

    Caméras interdites

    Les forces de l'ordre ont dû interrompre une bagarre dans la salle d'audience entre certains des nombreux avocats présents, des plaignants et des fidèles de l'ancien raïs, évincé du pouvoir lors d'un soulèvement populaire en février et hospitalisé depuis avril pour problèmes cardiaques notamment.

    Allongé sur une civière, Hosni Moubarak a été conduit dans la cage métallique des prévenus. Agé de 83 ans, il est le premier dirigeant arabe jugé en personne depuis qu'ont éclaté les révoltes du «printemps arabe» au début de l'année. Le juge Ahmed Refaat a interdit les caméras au procès organisé à l'Ecole de police du Caire après les deux premières audiences, que les Egyptiens avaient suivies avec fascination.

    Jets de pierre sur la police

    Selon des personnes présentes dans la salle, une rixe y a éclaté lorsqu'un partisan de l'ex-président a brandi une photo de lui, suscitant la colère de parents de victimes du soulèvement. Des avocats de plaignants se sont aussi jetés dans la mêlée. La police est intervenue pour les séparer. L'agitation qui avait lieu à l'intérieur du tribunal a amené le juge à décider une suspension d'audience qui a retardé les dépositions de quatre témoins de la police.

    A l'extérieur, des manifestants anti-Moubarak ont lancé des pierres sur les cordons de police et certains membres des forces de l'ordre ont répliqué en leur renvoyant leurs pierres. A un moment, des policiers munis de boucliers et de matraques ont chargé un groupe de protestataires. Des accrochages entre pro et anti-Moubarak et la police avaient déjà émaillé les audiences précédentes du procès.

    Aucun ordre de tirer sur les manifestants

    Hosni Moubarak est jugé pour corruption, détournement de fonds publics et meurtre avec préméditation dans le cadre de la répression du mouvement qui a provoqué sa démission en février et fait 840 morts selon un bilan officiel.

    Le premier témoin entendu ce lundi a été le général Hussein Saïd Mohamed Moursi, qui était responsable de la communication au centre opérationnel de la police lors du soulèvement. Il a dit au tribunal que les policiers avaient reçu pour instruction de faire usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour disperser les manifestants la nuit du 25 janvier, quand les manifestations contre Moubarak avaient éclaté. Le général a dit n'avoir eu connaissance d'aucun ordre visant à faire tirer sur des manifestants.

    «Les ordres étaient de faire face aux manifestants»

    «En trente ans d'expérience au sein de la sûreté de l'Etat, je n'ai été informé d'aucun incident où l'on ait ordonné d'utiliser des munitions réelles contre des manifestants», a-t-il indiqué. D'après la télévision d'Etat, Moursi «a nié un éventuel recours à des armes automatiques contre les manifestants». Un reporter de la télévision a également dit que le général Moursi avait déclaré précédemment avoir été informé d'instructions données par le ministre de l'Intérieur Habib al Adli pour que l'on fasse usage d'armes pour disperser des manifestants devant son ministère, des prisons et des postes de police.

    Hussein Moursi a évoqué les événements du 28 janvier, l'une des journées les plus violentes, en déclarant que la police avait reçu l'ordre d'empêcher des manifestants d'atteindre la place Tahrir, point central du mouvement de contestation. «Les ordres étaient de faire face aux manifestants comme l'exigeait la situation, et liberté leur était laissée de le faire comme ils le jugeaient approprié», a-t-il ajouté.

    Trois policiers convoqués

    Habib Adli est jugé en même temps qu'Hosni Moubarak et les deux fils de ce dernier - Gamal, un temps considéré comme son dauphin, et Alaa - ainsi que six hauts responsables de la police. De nombreux postes de police ont été attaqués et incendiés au plus fort d'un soulèvement de 18 jours qui a pris fin avec la démission d'Hosni Moubarak le 11 février. Beaucoup de véhicules de police ont aussi été attaqués, renversés et brûlés.

    Les trois autres témoins convoqués lundi - Emad Badr Saïd, Bassim Mohamed el Otaify et Mahmoud Gala Abdel Hamid - sont également des policiers qui étaient présents au même centre opérationnel durant les 18 jours de la «révolution du Nil». Dix avocats koweïtiens ont annoncé qu'ils se joindraient à l'équipe de défense de l'ancien président. Certains d'entre eux parlent d'un geste de gratitude à l'égard de Moubarak pour son soutien à la coalition rassemblée sous l'égide des Etats-Unis contre l'Irak lors de la guerre du Golfe en 1991.

    Avec Reuters

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