• Qui va payer (encore) plus d’impôts ?

    Qui va payer (encore) plus d’impôts ?

    Source : Capital
    06/12/2011 à 11:00 / Mis à jour le 06/12/2011 à 11:22
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    Pour résorber les déficits et financer les dérapages locaux, sarkozystes et socialistes ont prévu de nous assaisonner après 2012. Mais leur matraquage ne frappera pas du tout les mêmes catégories.

    A vrai dire, nous ne le pensons pas. Mais si, par extraordinaire, il se trouvait encore une poignée de Français assez naïfs pour espérer que les impôts n’augmenteront pas après 2012, deux chiffres devraient suffire à démolir leurs illusions.

    Cette année, la masse salariale de l’Etat s’est établie à exactement 81 milliards d’euros, et le déficit budgétaire à 95,5 milliards. Autrement dit, si Nicolas Sarkozy, pris d’une soudaine frénésie d’économies, décidait de mettre à la porte du jour au lendemain la totalité des 2,4 millions de profs, policiers, magistrats, douaniers, agents des impôts et colonels d’infanterie rémunérés par l’Etat, nos finances publiques ne sortiraient pas pour autant du rouge : il nous faudrait continuer de nous endetter pour payer les 14,5 milliards qui manqueraient encore. Et il n’y aurait plus personne pour tenir les comptes…

    Pas étonnant que la résorption des déficits soit désormais classée grande cause nationale. Et que la droite comme la gauche ne se cachent plus de vouloir faire valser les impôts au lendemain de l’échéance présidentielle. Même si, nous allons le voir, socialistes et sarkozystes n’entendent pas faire peser le fardeau sur les mêmes contribuables, les deux camps ont l’intention de cheminer au même rythme pour ramener notre impasse de 5,7 à 3% du PIB en 2013 – avant de lui régler définitivement son compte d’ici 2016 ou 2017. «3%, au regard de la croissance et de l’inflation actuelles, c’est exactement le niveau qui nous permettrait de stabiliser notre dette», calcule l’économiste PS Pierre-Alain Muet. Celle-ci dépassant aujourd’hui 26 000 euros par Français, ce ne serait pas du luxe.

    Sans doute une partie du travail va-t-elle pouvoir être réalisée grâce à la baisse des dépenses. S’il est réélu, il n’en fait pas mystère, Nicolas Sarkozy poursuivra sa fameuse révision générale des politiques publiques (RGPP) et il continuera de ne pas remplacer un fonctionnaire parti à la retraite sur deux. Signe de sa détermination à serrer les boulons, son projet de loi de finances 2012, actuellement examiné par le Parlement, prévoit une très légère baisse des engagements des ministères à périmètre constant (hors dette et pension), ce qui n’était encore jamais arrivé dans l’Hexagone. Les socialistes se montreront moins grippe-sous s’ils accèdent au pouvoir – ne serait-ce que parce qu’ils doivent financer leurs 300 000 emplois jeunes. Mais eux aussi ont prévenu qu’ils combattraient les déficits avec énergie.

    Le tableau de bord de nos impôts

     

     
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