•  Nuits de colère en Thaïlande  

    Par Florence Compain

    23/04/2010 | Mise à jour : 20:06

    Après les violences de jeudi, l'armée thaïlandaise et les manifestants semblent tentés par l'apaisement. 

     

    Juché sur une barricade de fortune faite de jardinières de béton, de pneus et de bambous affûtés, Somchai Wongwan, un as du lance-pierre, s'exclame : «C'est comme à la fête foraine.»

    Au rythme entraînant du luk thung, la musique des campagnes thaïlandaises, le costaud venu de l'Isaan, le Nord-Est déshérité, ajuste ses écrous et ses billes et vise un groupe d'excités qui s'égosillent : «Rentre chez toi péquenaud», «Buffles, rendez-nous notre ville».

    La nuit venue, Bangkok se livre à un jeu de massacre sanglant. Où «chemises rouges», paysans, ouvriers et défavorisés nostalgiques de l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra ainsi que «sans couleurs», manifestants pro-gouvernementaux, se font face de part et d'autre de l'avenue Rama-IV, s'invectivent et échangent des projectiles divers. Depuis la passerelle du métro aérien, des centaines de militaires, armés de fusils d'assaut, observent ce petit monde à la jumelle comme sur une ligne de front. Et les hélicoptères font des passages incessants.

    Compromis 

    Les nuits de colère en plein quartier financier de la capitale ont fait craindre un glissement vers l'anarchie. Mais les tensions se sont un peu apaisées vendredi matin. La police a réussi à persuader les chemises rouges de reculer leur barricade d'une centaine de mètres, ce qui permet d'éviter un contact direct entre les factions rivales.

    Après les attaques à la grenade de la nuit de jeudi, qui ont fait un mort et 88 blessés et le ton alarmiste utilisé par la presse locale promettant la guerre civile, l'opposition qui manifeste depuis six semaines dans le quartier commercial huppé de Bangkok a offert, vendredi, un compromis au gouvernement : elle propose une dissolution du Parlement dans les trente jours et non plus immédiatement, comme elle le réclamait.

    Autre signe d'apaisement : le chef de l'armée thaïlandaise, Anupong Paochinda, a déclaré lors d'une réunion de l'état-major qu'il n'y aurait pas de répression contre les manifestants barricadés derrière les herses de bambous. Le porte-parole de l'armée avait pourtant laissé entendre qu'une intervention était «imminente» et promettait aux contestataires «chaos et balles perdues». Le général en fin de carrière a, lui, estimé que toute tentative de dispersion des opposants risquait d'enflammer la situation.

    Bien sûr, les questions de fond ne sont pas réglées. «La Thaïlande reste une société malade de ses divisions», explique Sanitsuda Ekachai, éditorialiste du Bangkok Post. La hargne des «sans couleurs», un groupe de manifestants progouvernementaux se disant de simples habitants de Bangkok lassés par la crise politique et les perturbations qu'elle engendre pour leur vie quotidienne, en est un exemple frappant. Après l'explosion des grenades, ils se sont mis à traquer et lyncher de pauvres hères qu'ils suspectaient d'être «rouges».

    Pavin Chachavalpongpun, chercheur à l'institut des études sur le Sud-Est asiatique de Singapour, estime que l'implosion guette toujours la Thaïlande, dévorée par le démon identitaire. «La Thaïlande a longtemps vécu dans un monde fantasmagorique où un idéal de perfection masquait des inégalités criantes et le clivage de la société», explique-t-il. En élaborant le concept du «pays du sourire», un pays où les citoyens affichaient le bonheur garanti par l'autorité bienveillante de Bangkok, «l'establishment politique maintenait sa domination et s'assurait l'obéissance du peuple». Avec ses programmes populistes, le premier ministre Thaksin Shinawatra a redistribué la donne. Les khon ban nok, les villageois, «ont pris conscience que le sens de l'identité nationale ne peut plus être dicté par l'État».

    Officiers renégats 

    Derrière l'énigme des auteurs des attentats à la grenade se cache la question de l'unité dans les rangs de l'armée. Comme pour les 44 autres attaques depuis le début des manifestations, personne n'a été arrêté. Et si le pouvoir affirme que les grenades ont été lancées depuis la zone contrôlée par les «rouges», les manifestants nient. Elles pourraient tout aussi bien être le fait d'officiers renégats pressés d'en découdre ou mis sur la touche dans le jeu des promotions.

    Enfin, la Thaïlande, qui s'est toujours tournée vers son roi en temps de crise, découvre aussi qu'«il n'y a plus de force capable de refréner les haines», estime Sanitsuda Ekachai, éditorialiste au Bangkok Post. Utilisée à tort et à travers, l'institution royale ne peut plus jouer ce rôle. «Pour faire de Thaksin un démon, les “jaunes” ont trop tiré sur la corde du nationalisme ultraroyaliste. Et en attribuant tous les maux du pays à l'amart, l'aristocratie, les “rouges”, avec leurs théories de conspiration, leurs mensonges et leurs insultes, ont insufflé la haine chez leurs supporteurs.»


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  •  Le chef de l'armée thaïlandaise a estimé, vendredi 23 avril, que le recours à laforce n'est pas une solution pour sortir de la crise politique qui paralyse la Thaïlande, au lendemain d'attaques à la grenade qu iont fait un mort et 85 blessés.

    Le général Anupong Paojinda "a déclaré [...] que l'usage de la force ne mettrait pas fin aux problèmes actuels et qu'il aurait de nombreuses répercussions", a indiqué le colonel Sirichan Ngathong, un porte-parole militaire. "Le travail de l'armée maintenant est de prendre soin du peuple et non d'autoriser les Thaïlandais à s'attaquer les uns les autres", a ajouté l'officier.


    Les "chemises rouges" prêts à organiser des élections

    De leur côté, les manifestants thaïlandais qui réclament la démission du Premier ministre, les "chemises rouges", ont estimé que l'organisation d'élections législatives d'ici troismois cons tituait un délai "négociable" pour une sortie de crise.

    "Si le gouvernement annonce une dissolution de la chambre basse dans les trente jours, nous pourrons négocier", a indiqué Veera Musikapong, un des principaux leaders du mouvement des "chemises rouges". "Après la dissolution, le gouvernement disposera de 60 jours supplémentaires pour préparer les élections, soit 90 jours au total", a-t-il ajouté.

    Les "rouges" réclamaient jusqu'à présent une démission immédiate et sans condition du chef du gouvernement Abhisit Vejjajiva, qui pour sa part affirme ne pas vouloir quitter le pouvoir avant la fin de l'année et bénéficie encore du soutien de l'armée.


    Bangkok sous haute tension : un mort et 85 blessés à Bangkok

    Jeudi soir, des attaques à la grenade qui ont fait un mort et 85 blessés à Bangkok, plongeant la Thailandedans une crise politique profonde et  meurtrière.

    Un calme précaire est revenu, vendredi matin, à l'entrée du quartier financier de Silom qui a sombré dans le chaos dans la soirée de jeudi. Cinq grenades M79 avaient été lancées, alors que les manifestant pro et antigouvernementaux se faisaient face. D'après le vice Premier ministre Suthep Thaugsubanes, les attaques situées à proximité de Patpong, le célèbre quartier chaud de la ville fréquenté par les étrangers, ont tué une Thaïlandaise de 26 ans. Les blessés ont été rapidement évacués en ambulance, parmi eux, quatre étrangers, semble-t-il de nationalités américaine, australienne, japonaise et indonésienne.

    Des affrontements sporadiques ont ensuite éclaté entre les deux groupes, "chemises rouges" décidés à renverser le Premier ministre Abhisit Vejjajiva et les "sans couleurs", exaspérés par un mouvement qui dure depuis la mi-mars et pénalise lourdement l'économie.


    Les "chemises rouges" pointées du doigt

    Le pouvoir en place affirme que les grenades ont été lancées depuis la zone contrôlée par les "rouges", retranchés derrière des barricades de pneus et de bambous dans une vaste zone du centre-ville.

    Les manifestants quant à eux ont affirmé que le mouvement n'attaquerait "jamais des gens innocents". "J'ai des preuves que ce qui s'est passé la nuit dernière est le fait du gouvernement", a affirmé Nattawut Saikuar, l'un des cadres de l'opposition, rejetant "toute forme de violence".

    Le pays redoutait depuis quelques jours un nouveau carnage après la tentative ratée des militaires, le 10 avril, de déloger les "chemises rouges" d'un quartier de la vieille ville. L'opération avait fait 25 morts et plus de 800 blessés.


    Nécessaire concession

    La presse locale était sous le choc vendredi, certains journaux décrivant une société malade de ses divisions,notamment entre les élites de Bangkok, palais royal, magistrats, hiérarchie militaires, hommes d'affaires, et les masses rurales et urbaines défavorisées.

    Dans son éditorial, le quotidien anglophone Bangkok Post écrit : "la réalité est que nous devons vivre ensemble, les "chemises rouges", les "chemises jaunes", les multicolores, les militaires, la police, les prétendues élites, les opprimés et les non-alignés". "Une concession doit être faite de part et d'autres ou bientôt, le spectre redouté de la guerre civile pourrait devenir réalité", ajoute le journal.

    Vendredi matin, alors que les forces de l'ordre et manifestants ont échangé poignées de main et bouteilles d'eau, les premiers ont tenté de négocier un recul des barricades d'une centaine de mètres pour sécuriser la circulation sur un des plus gros carrefours de Bangkok. Des litres de liquide inflammable ont été déversés sur la route pour protéger les "rouges" d'un éventuel assaut des forces de l'ordre.

    L'ONU a appelé les autorités et les manifestants à "éviter la violence" et à s'efforcer de résoudre leur conflit "par le dialogue". L'Australie a pour sa part conseillé à ses ressortissants de ne pas se rendre en Thaïlande, mettant en garde contre d'éventuelles nouvelles violences.

     (Nouvelobs.com avec AFP)


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    Holocauste/victimes: hommage d'Obama

    AFP
    11/04/2010 | Mise à jour : 22:10
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    Le président des Etats-Unis Barack Obama a rendu hommage aujourd'hui aux victimes del'Holocausteà l'occasion du 65e anniversaire de la libération du camp de concentration de Buchenwald.

    "Je me joins aux gens ici, en Israël, et dans le monde entier pour le jour du souvenir de l'Holocauste. Cette année, pour le 65e anniversaire de la libération des camps de concentration nazis, nous devons nous engager à nouveau à honorer le souvenir de toutes les victimes et faire en sorte
    qu'elles continuent à faire partie de notre mémoire collective", a déclaré M. Obama dans un communiqué.

    Le président américain a aussi appelé à "renouveler notre engagement à empêcher les génocides et à lutter contre l'antisémitisme et les préjugés sous toutes leurs formes.
    Nous ne devons jamais plus tolérer les stéréotypes haineux contre les Juifs qui se poursuivent malheureusement jusqu'à aujourd'hui".

    A un moment où les relations entre l'administration de M. Obama et le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu traversent une grave crise de confiance, M. Obama et ses ministres rappellent régulièrement que les liens entre Etats-Unis et Etat hébreu restent solides, tout comme l'engagement de Washington envers la sécurité d'Israël.


     

     

    L’heure est à la mémoire : après POUTINE et sa visite à KATIN, Obama rend hommage aux victimes de l’holocauste

    En effet, il a assisté mercredi au 70e anniversaire du massacre de milliers d'officiers polonais.


    De notre envoyée spéciale à Varsovie

    Il est des symboles qui pèsent politiquement lourd. La présence de Vladimir Poutine, mercredi, à Katyn, aux côtés de son homologue polonais Donald Tusk, en est l'illustration. C'est la première fois que Russes et Polonais commémorent ensemble et à un si haut niveau le massacre, en avril 1940, de milliers d'officiers polonais par le NKVD (l'ancêtre du KGB) sur ordre de Staline.

    À Varsovie, l'annonce de cette rencontre a plongé les kremlinologues dans un abîme de perplexité. Ancien chef de la diplomatie, Adam Rotfeld, qui est aussi l'un des artisans de ce sommet en tant que coprésident de la «commission polono-russe pour les dossiers difficiles», reconnaît que la présence du premier ministre russe «est aussi surprenante que paradoxale». Car en accédant au pouvoir, rappelle l'historien  Zbigniew Gluza,  «Poutine s'était empressé de réhabiliter l'Union soviétique et le culte de Staline».

    Circonspects, les observateurs préfèrent décrypter sa présence à Katyn comme un geste cosmétique destiné à présenter «un visage civilisé» auprès de la communauté internationale.

     Dans les milieux diplomatiques, sa rencontre avec Donald Tusk n'en est pas moins perçue «comme un événement politique majeur» pour les relations bilatérales, très crispées depuis 2004.

     Les ambitions polonaises de recouvrer un statut de puissance régionale en mesure de rivaliser avec la Russie dans ce que celle-ci considère être sa sphère d'influence insupportent le Kremlin. Il n'est pas sûr que Vladimir Poutine ait pardonné à Varsovie son soutien actif à la révolution orange en Ukraine ou le projet - entre-temps avorté - d'accueillir un bouclier antimissile américain. Mais la Pologne doit tenir compte des contraintes géopolitiques. L'Iran, l'Afghanistan et le gaz russe obligent les Occidentaux à composer avec la Russie. Le pragmatique Donald Tusk en a pris acte. Tout en plaidant pour une politique énergétique commune visant à réduire la dépendance de l'Europe à l'égard du gaz russe, Varsovie vient ainsi de signer un important accord gazier avec Gazprom. La réconciliation polono-russe devrait se poursuivre avec la visite, cette année, en Pologne, du patriarche de l'Église orthodoxe russe.

    Cosmétique ou pas, la présence de Poutine à Katyn intrigue. Nul ne se risque à l'interpréter comme un signe avant-coureur de démocratisation, mais, à l'instar d'Adam Rotfeld, certains y lisent un message destiné surtout à l'opinion publique russe. Poutine, analyse Rotfeld, «veut moderniser la Russie». Cela passe par «un processus de déstalinisation» réamorcé le 30 octobre dernier lorsque Dmitri Medvedev a condamné les crimes du stalinisme. «En choisissant de s'exprimer sur son site Internet, le président russe ciblait des générations qui n'ont pas été éduquées dans le mensonge», remarque Adam Rotfeld. Le geste de Vladimir Poutine sort, lui, de la confidentialité.

    Sa décision d'aller à Katyn a soulevé à Moscou une levée de boucliers négationnistes. Le député communiste Viktor Ilioukhine exige la création d'une commission d'enquête parlementaire pour prouver que les Allemands sont responsables du massacre tandis qu'Anatoly Tourkounov, coprésident de la «commission polono-russe pour les dossiers difficiles», fait l'objet d'une campagne de dénigrement. Adam Rotfeld se dit sûr cependant que «Poutine est assez puissant pour faire avaler aux Russes cette pilule amère».

    Un signal d'ouverture

    Prudents, les Polonais attendent de voir ce que dira ou fera mercredi le patron du Kremlin.Vendredi dernier, en tout cas, à la stupéfaction générale, la chaîne de télévision publique russe Kultura a diffusé à une heure de grande écoute le film Katyn d'Andrzej Wajda, suivi par un débat. Le film du grand cinéaste polonais n'avait jamais pu être distribué en Russie. À l'instar de l'historien Zbigniew Gluza, nul ne s'imagine en Pologne que Poutine «va demander pardon comme Willy Brandt l'avait fait naguère au nom de l'Allemagne».

    Les Polonais n'en espèrent pas moins des gestes de nature à crédibiliser ce qui pourrait être un signal d'ouverture. Le premier ministre russe pourrait transmettre à Donald Tusk la liste des 3 800 officiers assassinés en Biélorussie. Mais les Polonais attendent davantage, à savoir la publication des conclusions de l'enquête menée par le parquet militaire russe et la réhabilitation des victimes. Cela, selon Zbigniew Gluza, «suffirait à clore enfin le dossier Katyn».


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    La Thaïlande s’enfonce dans la crise.

    La Chine a suspendu ses voyages organisés vers le royaume. Plus alarmant encore, le secrétaire général de l’Association des nations de l'Asie du Sud-Est se dit très inquiet de la situation. Il sait de quoi il parle puisqu’il est lui-même Thaïlandais et son pays fait partie de l’ASEAN. La situation semble en effet plus que jamais dans l’impasse. Suite aux violents affrontements entre forces de l’ordre et manifestants ce week-end, les « chemises rouges » demandent plus que jamais la démission du gouvernement. Des violences qui embarrassent l’armée, traditionnellement silencieuse mais qui continue de jouer un rôle clé dans la vie politique.

     

    Les forces de l’ordre se sont-elles laissées emporter par la violence ce week-end ? Vingt et un morts dont le chef d’état-major de la région du nord-ouest et près de 900 blessés, le gouvernement évoque pour se justifier la piste de terroristes glissés dans la foule des « rouges ». Argument un peu court et de dernier recours qui est loin de convaincre l’opinion. L’armée a demandé, lundi 11 avril, aux responsables politiques du royaume de trouver une solution à la crise car de l’aveu même du chef d’état-major, il n’y aurait d’issue que dans les urnes et dans la tenue d’élections législatives anticipées.

    Les militaires ont-ils mauvaise conscience ? Certains à n’en pas douter ont vu ressortir de la bouteille le « mauvais génie » de 2006, sans pouvoir le maîtriser. Il y a cinq ans en effet, l’armée chassait Thaksin Shinawatra du pouvoir. Depuis, les partisans de l’ancien Premier ministre sont dans la rue et réclament son retour. « L’armée est en difficulté car elle a pris conscience qu’elle avait commis l’irréparable en 2006 » explique Stéphane Dovert, spécialiste de l’Asie du Sud-Est et auteur de Thaïlande contemporaine aux éditions l’Harmattan.

    Ils ont conscience d'avoir commis une erreur

    En 1992 avec le Parti démocrate de l’actuel Premier ministre Abhisit Veijjajiva, puis de 2001 à 2006 sous le gouvernement de Thaksin Shinawatra, la Thaïlande s’est dotée d’institutions stables et démocratiques. Une première en 60 ans ! « L’armée a sapé ces institutions démocratiques, poursuit le fondateur de l’Institut de Recherches sur l’Asie du Sud-Est. Vu que de nombreux gradés thaïlandais ont fait d’excellentes études parfois à l’étranger, ils ont conscience d’avoir commis une erreur. Aujourd’hui l’armée ne sait plus vraiment quoi faire. Elle peut reprendre le pouvoir mais ce n’est jamais une solution ».

    Proches du gouvernement actuel, ennemis viscéraux de Thaksin, les généraux semblent toutefois prendre leur distance avec un Premier ministre en perte de vitesse. Les militaires sont pourtant loin de vouloir rentrer dans leur caserne. Depuis 1932, l’armée est à l’origine de 18 coups d’État en Thaïlande.

    Un ministre parle de réformer la monarchie, une première en Thaïlande

    Le ministre Karit Piromya semble lier la résolution de la crise politique actuelle à la réforme de la monarchie en Thaïlande. Il préconise de rompre la loi du silence : « Nous devons parler de l'institution royale, comment elle devrait se réformer pour s'adapter au monde moderne globalisé ». Dans son intervention, le chef de la diplomatie évoque également le besoin de favoriser une plus grande implication des populations rurales pauvres, dans la vie politique. Comme si le besoin de réduire la fracture entre la riche élite de Bangkok proche du monarque et les pauvres des campagnes commençait à se faire sentir en haut lieu.

    Etait-ce l'effet de la distance ? Le ministre s'est en tout cas laissé aller à des considérations inhabituelles en Thaïlande où il est d'usage, au sein du gouvernement, de ne jamais émettre le moindre commentaire ayant trait à la royauté. Karit Piromya parlait en connaissance de cause, puisqu'il évoquait même le « courage » nécessaire pour briser un « tabou » comme celui-ci.

    Pour l'instant, aucune réaction du côté de Bangkok. Le fait de toucher à la famille royale peut déboucher, en Thaïlande, sur une peine de 15 ans de prison, en cas d'insulte. Quant à la réflexion sur la réforme, même éloignée de propos injurieux, elle se cantonne généralement aux milieux académiques. C'est vraiment une première dans la bouche d'un ministre.

    RFI  http://www.rfi.fr/contenu/20100413-thailande-va-faire-armee


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  • Thaksin Shinawatra demande des élections anticipées en Thaïlande


    Le face-à-face tendu qui oppose à Bangkok depuis cinq semaines les chemises rouges, qui le soutiennent, à l'armée thaïlandaise a fait 25 morts le 10 avril.


    "La crise politique doit être résolue par des moyens politiques. La seule issue pour (le Premier ministre) Abhisit (Vejjajiva) est de dissoudre le parlement et d'organiser des élections anticipées", a déclaré Thaksin lors d'un entretien par téléphone à Reuters, alors qu'il faisait étape au sultanat de Brunei, de retour des Fidji.

    Selon Thaksin, le refus d'Abhisit de répondre aux demandes des chemises rouges signifie qu'il prévoit de réprimer le mouvement, voire de lancer un coup d'Etat.

    "Organiser un coup d'Etat ne sera pas aussi facile qu'autrefois, car le peuple résistera beaucoup plus", a assuré le milliardaire de 60 ans, lui-même chassé du pouvoir par un putsch militaire en 2006.

    Selon les analystes, les divisions au sein de l'armée sont une source d'inquiétude pour l'état-major, et les éléments les plus radicalisés pourraient être tentés de mettre fin à la crise avec un nouveau coup d'Etat.


    "HEUREUX À L'ÉTRANGER"

    Thaksin a assuré avoir cessé depuis plusieurs semaines de s'adresser par visioconférence aux rassemblements des chemises rouges, car selon lui, ce mouvement dépasse désormais nettement sa propre cause.

    "Au départ, les gens se battaient pour moi, en estimant que j'avais été traité injustement. Mais maintenant, de plus en plus de gens se battent pour la justice et la démocratie. Ils refusent que les élites continuent de faire obstacle à la démocratie."

    Depuis sa condamnation pour corruption en 2008, Thaksin n'est plus revenu en Thaïlande pour éviter d'être emprisonné. Ses partisans estiment qu'il a révolutionné la Thaïlande en introduisant des réformes libérales et en luttant contre la pauvreté.

    Ses détracteurs l'accusent de dérives autoritaires, de népotisme et de tentatives de nuire à la monarchie, institution révérée par les Thaïlandais.

    Thaksin a assuré ne pas avoir l'intention de rentrer en Thaïlande tant que ses opposants tenteraient de "l'abattre".

    "Je n'ai aucune raison de rentrer en Thaïlande pour le moment. Je suis heureux à l'étranger, je gagne de l'argent avec des amis", a-t-il dit.

    Il a également démenti les rumeurs relayées par les médias thaïlandais selon lesquelles il souffrirait d'un cancer. "Je suis en bonne santé. Je ne suis pas tombé gravement malade comme certaines personnes malfaisantes en ont propagé la rumeur."



    MALOU 1360, commentaire :


    « HEUREUX À L'ÉTRANGER » : 25 morts, une crise politique, javec des affrontements tous les jours, une armée indécise et pour éviter la prison.  Thaksinne rejoint pas ses partisans….

    "Je n'ai aucune raison de rentrer en Thaïlande pour le moment. Je suis heureux à l'étranger, je gagne de l'argent avec des amis", a-t-il dit.

    Être un homme de conviction, de progrès et instaurer une démocratie solide semble être très loin des projets de Thaksin.

    Et pourtant la situation du pays est si mauvaise que des gens acceptent de mourir pour que les choses changent.

    Mais il est très loin de tout cela .Pour lui le bain de sang et la confrontation avec l’armée est inéluctable :

    « Le refus d'Abhisit de répondre aux demandes des chemises rouges signifie qu'il prévoit de réprimer le mouvement, voire de lancer un coup d'Etat ».

    En toute quiétude, il nous décrit les atrocités qui pourraient rapidement se réaliser.

    Heureusement, les divisions au sein de l'armée sont une source d'inquiétude pour l'état-major : beaucoup se posent des questions et les autres pensent à l’action avec en perspective d’un coup d’Etat !

    Les jours qui viennent seront cruciaux pour ce pays : espérons, que le bon sens gagnera !..


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