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    Le Point.fr - Publié le <time datetime="2013-05-01T11:48" itemprop="datePublished" pubdate=""> 01/05/2013 à 11:48</time> - Modifié le <time datetime="2013-05-01T15:28" itemprop="dateModified"> 01/05/2013 à 15:28</time>

    Le pape estime que "le travail est essentiel pour la dignité", et le chômage, le résultat d'une vision économique "en dehors

    des règles de justice sociale".

    <figure class="media_article panoramique" itemprop="associatedMedia" itemscope="" itemtype="http://schema.org/ImageObject"> Le pape François. © OSSERVATORE ROMANO / AFP <figcaption>Le pape François. © OSSERVATORE ROMANO / AFP </figcaption> </figure>
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    Le pape François a appelé mercredi, à l'occasion de la fête du Travail, les dirigeants politiques à faire tout ce qu'ils peuvent pour créer des emplois, estimant que le chômage était le résultat d'une vision économique "en dehors des règles de justice sociale". "J'appelle les hommes politiques à faire tout ce qu'ils peuvent pour relancer le marché du travail", a déclaré le pape devant des milliers de fidèles assistant à son audience hebdomadaire, place Saint-Pierre. "Le travail est essentiel pour la dignité", a-t-il expliqué.

    "Je pense aux difficultés du marché du travail dans différents pays. Je pense aux gens, pas seulement les jeunes, qui se retrouvent sans emploi souvent en raison d'une vision économique de la société fondée sur le profit égoïste en dehors des règles de justice sociale", a poursuivi le pape François. Le souverain pontife a fait ses déclarations alors que des défilés et des manifestations contre le chômage et les inégalités sociales sont prévus dans de nombreuses capitales à l'occasion de la fête du Travail.


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  • Claude Askolovitch

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    Gilles Bernheim, une défaite républicaine

    Publication: 11/04/2013 12:48     lien

    Le mot yiddish est "Heimisch", le goût de la maison, on le dit souvent d'un plat, des boulettes dans la soupe de la Pâque, du foie haché aux oignons, le gâteau au fromage et le thé de l'enfance, mais on peut l'étendre à une atmosphère, et à une situation politique. Quand Gilles Bernheim, Grand rabbin de France pris dans un entrelacs de mensonges et de dénis, a voulu rompre le silence, il a choisi une radio juive, radio Shalom, et l'atmosphère heimisch d'un judaïsme supposé amical. Donc la familiarité des siens, la protection contre la dureté des autres, ce vaste monde qui ne pourrait pas aussi bien comprendre ou pardonner. De toutes les défaites que nous infligent cette histoire, celle-ci n'est pas la moindre: ce repli initial d'un homme d'ouverture sur sa communauté -quelles que soient ses possibles futures prises de parole- marque la fin d'une belle utopie, que cet homme portait depuis des années.

    Lire aussi:

    Depuis son apparition, Gilles Bernheim avait voulu être un grand-rabbin pour la France, et pas seulement pour les juifs. Il y était souvent parvenu, jusque dans le combat douteux contre le mariage pour tous: l'idée était qu'une parole juive pouvait toucher la société toute entière, et qu'il parlait pour chacun dans la Nation, même s'il parlait de quelque part. Au moment de l'excuse, il a fait techouva (repentance) devant sa seule communauté, dont il voulait rester le leader spirituel -espoir vain- actant ainsi l'échec. L'ambition si belle qui était la sienne s'est délavée d'un coup. Le Grand Rabbin a transgressé quelque chose de sacré dans l'imaginaire français: le respect du aux textes, et aux parchemins de la République. Tu ne joueras pas avec les mots des autres, ni n'invoqueras l'agrégation en vain. Il le savait sans doute, et doit mesurer ce qu'il a égaré.

    Cela ne retire rien à la valeur de l'homme, à sa tendresse et son humanité; cela n'annule pas ses blessures, ni les tragédies intimes qui l'ont mené à cet absurde. Et cela souligne d'autant plus ce que nous allons regretter. Gilles Bernheim est arrivé comme une bonne nouvelle dans le paysage français. Enfin, un homme de religion s'inscrivant dans le débat public et les disputes philosophiques! Enfin, un leader spirituel s'inscrivant contre le communautarisme, et d'abord le communautarisme des siens, sans pour autant se renier! Il était -il est- ce toujours jeune juif orthodoxe qui allait à l'école publique sans transgresser le chabbat, qui entendait aussi bien la langue des académies talmudiques que celle des universités. Il était l'antidote à la fois à l'uniformisation laïcarde et au replis religieux, la preuve que l'on pouvait être pleinement soi-même, sans s'en contenter. Son prédécesseur, le Grand-Rabbin Sitruk, avait voulu "rejudaïser les juifs", au risque parfois -par lui ou ses fidèles- de les retirer du monde environnant. Bernheim voulait tout à la fois. Il n'avait pas forcément le discours ou le charisme de son pari; intellectuel, exigeant à l'écoute, il ne bousculait pas les foules, mais réconfortait ceux qui voulaient penser, un peu, des identités complexes dans la République. Il avait été un des rares, dans les communautés juives, à parler aussi des morts palestiniens dans les tragédies de Gaza. L'an dernier, après la tragédie de Toulouse, quand les juifs de France se recroquevillaient dans l'horreur de leur peine, Bernheim avait rassemblé dans ses mots les morts d'Ozar Atorah et les militaires assassinés, comme autant de morts dans la République. Dans la synagogue de Toulouse, il avait évoqué les militaires et "les enfants des écoles", rendant ainsi la France aux juifs et les juifs à la France au pire de la souffrance -conjurant la tentation de la douleur qui sépare...

    C'était humain et surtout politique. Bernheim, parlant au pays, empêchait aussi "ses" juifs de s'en abstraire. Pour ce qu'il était, ouvert et complexe, Bernheim était détesté par les plus réactionnaires de sa communauté, jusque dans le corps rabbinique. Il était, pour ceux-là, le "rabbin des goys", celui qui ouvrait les portes du ghetto soigneusement reconstruit depuis des années. Reconnu par les politiques et les media, Bernheim n'était pas forcément maître chez lui. Il peinait à ouvrir les mentalités, subissait des attaques (toujours murmurantes et sous le manteau, et désormais en odieuse shadenfreude) et voyait parfois ses partisans se faire agresser à sa place. L'automne dernier, le jeune rabbin de Neuilly, Mickael Azoulay, s'était fait tancer par le grand-rabbin de Paris, puis avait été placé sous surveillance, soupçonné de défaut d'orthodoxie, pour avoir confié un rouleau de la Torah à une assemblée de femmes pieuses désireuses de lire le texte sacré. Bernheim n'avait pas pu protéger Azoulay. Il avançait, malaisément, politiquement, masquait de sa bonne réputation une réalité déprimante, celle d'un judaïsme happé par les régressions. Si Gilles Bernheim bénéficie encore de tant de soutiens attristés, chez les juifs de bonne volonté, en dépit de son péché contre l'esprit, c'est par peur de la suite -ce qui guettera le judaïsme religieux, sans lui, après lui, contre lui.

    Le débat échappe donc à la République pour devenir l'enjeu existentiel de la seule communauté juive, ignorant l'indignation des autres pour préserver un de ses Justes ? Il possède pourtant une vertu universelle: celle d'illustrer, une fois de plus, l'impossibilité des hommes providentiels. Gilles Bernheim, par son aura, avait fini par incarner l'ouverture à lui seul, et tout le champs des possibles du judaïsme républicain. Quand il était intervenu contre le mariage pour tous, il avait été contesté au nom du judaïsme par un autre rabbin, Yeshaya Dalsace, chef spirituel d'un courant non-orthodoxe. Contrairement à la presse mainstream, les media juifs avaient ignoré la dispute. Chef des juifs, puisque Grand-Rabbin (titre obsolète, inventé au temps de l'Etat centralisateur tout-puissant), Gilles Bernheim ne pouvait être débattu; incarnant la modernité, il ne pouvait pas être débordé sur le terrain des lumières; blessé intellectuellement, entrainera-t-il désormais dans sa disgrâce les valeurs qu'il portait? La tristesse de Gilles Bernheim peut aussi devenir une leçon de liberté, et il nous aiderait tous -juifs ou non- dans cette République, en nous encourageant à poursuivre ce qu'il voulait être, même s'il est désormais empêché.

     
     
     

    Suivre Claude Askolovitch sur Twitter: www.twitter.com/askolovitchC


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  • Dernière modification : 11/04/2013 

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    "La présence des chrétiens en Orient participe à sauvegarder l'islam de l'intégrisme"

     "La présence des chrétiens en Orient participe à sauvegarder l'islam de l'intégrisme"
    © AFP

    Après une rencontre avec François Hollande et le chef de la diplomatie Laurent Fabius, le patriarche libanais maronite Béchara Boutros Raï a donné une conférence à Paris où il a fait part de ses inquiétudes pour les chrétiens d'Orient.

    Par Amara MAKHOUL-YATIM (texte)
     

    "On compte au Moyen-Orient 20 millions de chrétiens, dont cinq millions de catholiques. Ils vivent avec 350 millions de musulmans et sept millions de juifs", énonce posément Béchara Boutros Raï, le chef de l'église maronite, l'une des nombreuses communautés chrétiennes de la région. Il s'exprimait ainsi en ouverture de la conférence tenue mercredi 10 avril à l’Institut catholique de Paris. Le ton est donné : il s’agit d’explorer les difficultés que rencontrent les chrétiens, minoritaires dans la région, en termes de cohabitation avec les musulmans, tout en plaidant pour préserver "la culture arabe du vivre-ensemble aujourd'hui menacée".

    Quelque 300 personnes sont venues l’écouter. Parmi eux, des officiels comme les ambassadeurs libanais auprès de Paris et de l’Unesco, des évêques de communautés orthodoxes, mais aussi de nombreux membres de la communauté maronite de Paris. Agé de 73 ans, le patriarche Raï a été nommé cardinal en novembre 2012 par Benoît XVI. Lors d'une visite au Liban en septembre 2012, ce dernier avait par ailleurs loué la coexistence des communautés, parlant du Pays du Cèdre comme d’un "message" pour le monde.

    "Les chrétiens, de culture démocratique et pluraliste, vivent au Moyen-Orient avec des musulmans et des juifs, des communautés théocratiques, souvent fermées à l’altérité", affirme le patriarche. Il explique que "l’islam se définit comme un ensemble indissociable qui englobe religion, société et politique. C’est pourquoi il accepte difficilement le concept de la laïcité". Hormis au Liban, les chrétiens d’Orient vivent en effet dans des pays dont les lois sont directement inspirées du Coran et où l’islam est la religion officielle.

    Cohabiter avec un "islam dénaturé par le fondamentalisme"

    Bien qu’elle soit millénaire, la question de la mixité religieuse dans les pays arabes et ses enjeux est particulièrement sensible aujourd’hui, au vu des récentes évolutions qu’a connue la région. Pour Béchara Boutros Raï, "les peuples éprouvent aujourd’hui les joies et les peines provoquées par les Printemps arabes". Au nombre des "peines" évoquées, l’arrivée au pouvoir de partis islamistes comme en Tunisie et en Égypte. Il dénonce même un "islam dénaturé par le fondamentalisme".

    Le patriarche fait part de son inquiétude : "Il ne faut favoriser en aucun cas l’émigration des chrétiens de la région". Et d’insister lourdement : "Minoritaires, les chrétiens n’en restent pas moins les habitants originels et authentiques de la terre qui a vu naître les trois religions monothéistes". À ces mots, les applaudissement fusent dans la salle.

    Et le patriarche d'insister : l’islam ne se résume pas à l’extrémisme et au terrorisme. "Pour nous, les musulmans ne sont pas des terroristes. Ce ne sont pas des gens qui veulent de la violence ou la guerre. L'islam et les musulmans sont modérés. Il faut soutenir la présence des chrétiens dans tous les pays du Moyen-Orient pour sauvegarder l'islam du fanatisme et de l'intégrisme", a-t-il poursuivi. "Nous, chrétiens d'Orient, nous avons le devoir de faire connaître à l'Occident la réalité de l'islam", a-t-il déclaré, suscitant encore une fois l’enthousiasme de l’assistance. Les différentes communautés de la région ont la responsabilité du "vivre-ensemble qui participe de l’identité arabe. Vivre ensemble ce n’est pas uniquement cohabiter ou collaborer, mais la conscience commune d’une vie partagée", poursuit Béchara Raï.

    "Lutter contre la partition de la région en mini-États confessionnels"

    Rappelant le "rôle essentiel" des chrétiens dans la construction de la culture arabe depuis le XVIIe siècle, il a ensuite plaidé pour une meilleure représentation des chrétiens dans la vie politique, afin qu’ils puissent jouer leur "rôle de citoyen à part entière". "Il faut dépasser les inégalités", a-t-il lancé. "Si les chrétiens n'ont plus d'influence dans les sociétés, les musulmans sont menacés de passer à l'intégrisme", selon lui.

    Interrogé sur les conflits qui mettent à mal la paix dans la région, Béchara Boutros Raï confie sa vive inquiétude : "Il faut endiguer le conflit sanglant entre sunnites et chiites dans la région. Et lutter contre le risque de partition de la région en mini-États confessionnels. Ce serait une menace pour le Moyen-Orient avec des retombées mondiales".

     


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    Le Consistoire israélite arbitrera jeudi le cas de Gilles Bernheim

    Le Monde.fr avec AFP | <time datetime="2013-04-10T15:51:42+02:00" itemprop="datePublished">10.04.2013 à 15h51</time> • Mis à jour le <time datetime="2013-04-10T19:40:38+02:00" itemprop="dateModified">10.04.2013 à 19h40</time>
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    Le Consistoire central israélite tiendra, jeudi 11 avril à midi, un conseil exceptionnel consacré à l'épineuse question du grand rabbin Gilles Bernheim, qui a reconnu mardi soir avoir plagié plusieurs auteurs et menti sur l'obtention d'un diplôme d'agrégation de philosophie à la Sorbonne.

    Selon Bernard Abouaf directeur de la rédaction de Radio Shalom, s'exprimant sur Facebook, "des cadres veulent licencier Bernheim pour faute grave, les statuts le permettent".

    Le grand rabbin Bernheim, qui exclut de démissionner, considérant qu'il s'agirait d'une "désertion", a reconnu plusieurs plagiats, qu'il a qualifiés d'"emprunts", dans ses ouvrages Quarante méditations juives (2011), Le souci des autres au fondement de la loi juive (2002) et dans son essai contre le mariage pour tous, intitulé Mariage homosexuel, homoparentalité, et adoption: ce que l'on oublie souvent de dire.

    Lire : Gilles Bernheim reconnaît ses plagiats, mais exclut de démissionner

    Il a également avoué qu'il n'avait pas obtenu l'agrégation de philosophie, contrairement à ce qui est indiqué sur plusieurs notices biographiques, notamment celle du Who's Who, expliquant avoir "laissé dire" ce mensonge à la suite d'un "événement tragique" dans sa vie.

    Lire : Le grand rabbin Gilles Bernheim n'a jamais eu l'agrégation de philosophie

    Le grand rabbin bénéficie jusqu'à présent du soutien inconditionnel d'Yves Kamami, membre du bureau exécutif du Consistoire israélite de Paris : "Les attaques qu'il subit sont lâches et démesurées par rapport à ce qu'on lui reproche", écrivait-il mardi dans un communiqué, rappelant que Gilles Bernheim, "qui n'a pas démérité dans sa charge, a ouvert le débat sur la place de la femme juive dans le judaïsme et, plus largement, la place de la famille dans notre société."

    Il a toutefois dû faire face mercredi à la démission de son porte-parole Moché Lewin, qui a annoncé son départ à l'AFP sans vouloir en expliquer les motifs.

    Lire aussi en édition abonnés : Les justifications du grand rabbin Bernheim n'effacent pas les critiques

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  • Après ses aveux de plagiat, Gilles Bernheim, Grand rabbin de France, est soupçonné de ne pas être agrégé de philosophie

    Le HuffPost avec AFP  |  Publication:   |  Mis à jour: 06/04/2013 11:40 CEST

     

    PLAGIAT - C'est décidément une mauvaise semaine pour le Grand rabbin de France. Après avoir avoué un plagiat mercredi 3 avril, Gilles Bernhein est maintenant soupçonné d'avoir menti sur son parcours. Le magazine L'Express révèle que Gilles Bernheim n'a pas son agrégation de philosophie. Un titre pourtant mentionné systématiquement dans plusieurs biographies du rabbin et qu'il n'a jamais réfuté. Le journal Le Monde a également eu confirmation de cette information.

    "Toutes ses biographies l'affirment, sa notice du Who's who également. Un ouvrage publié en 2009 par le Consistoire Central, et qu'il a préfacé, le présente comme 'agrégé de l'Université'", souligne l'hebdomadaire qui rappelle également que Nicolas Sarkozy s'était montré "admiratif" du rabbin "agrégé de philosophie" lors de sa remise de la Légion d'honneur.

    L'article précise également comment l'information a été vérifiée:

     

    "Le Grand Rabbin étant né en 1952, nous avons consulté, dans les archives de la Société des Agrégés de l'Université, tous les palmarès de l'agrégation de philosophie de 1968 à 1986. Pas la moindre trace de son nom. Selon nos informations, la mention de cette agrégation n'apparaîtrait pas non plus dans les fichiers administratifs du Ministère de l'Education nationale", écrit L'Express.


    Un second plagiat découvert?

    L'hebdomadaire revient également sur l'affaire du plagiat et assure que d'autre "copiés-collés" ont été repérés. Selon Jean-Noël Darde, spécialiste du plagiat, certaines pages du livre Le souci des autres: au fondement de la loi juive sont empruntées à L'éloquence des larmes, de Jean-Loup Charvet. Dans ses aveux, Gilles Bernheim a quant à lui assuré que le plagiat dans Quarante méditations juives était "la seule et unique fois" qu'il s'était "livré à un tel arrangement".

    "Les plagiats démasqués sur Internet sont avérés", a-t-il avoué dans un communiqué daté de Jérusalem, alors que le doute montait au sujet de l'originalité de l'ouvrage publié en 2011 chez Stock. Le responsable religieux a expliqué avoir confié une partie "des travaux de recherches et de rédaction" de son livre à un étudiant "par manque de temps". "C'est la seule et unique fois que je me suis livré à un tel arrangement. [...] Ce fut une terrible erreur. [...] J'ai été trompé. Pour autant, je suis responsable", poursuit-il.

    Gilles Bernheim ajoute "regretter" ses dénégations initiales: "Ma réaction devant la première évidence de plagiat a été émotionnelle, précipitée et maladroite. Je l'analyse rétrospectivement comme du déni."

    D'abord, le déni

    Les ennuis du Grand Rabbin ont commencé quand un professeur agrégé Pierre Girardey a repéré des similitudes troublantes entre son livre et des réponses du philosophe décédé Jean-François Lyotard à Elisabeth Weber, publiées en 1996 dans Devant la loi (Desclée de Brouwer).

    "Pierre Girardey a eu un œil averti et m'a soumis les deux textes. Comme mon blog s'intéresse à la philosophie contemporaine et à des thématiques qui relèvent de l'écriture, je les ai mis en ligne", a expliqué à l'AFP Jean-Clet Martin qui anime le site Strass de la philosophie.

    Quelques jours plus tard, Gilles Bernheim publie un démenti sur le site du Grand Rabbinat. Il assure s'être appuyé pour rédiger ses méditations sur des cours dispensés dans les années 80. Selon lui, les photocopies de ses cours et des enregistrements sonores ont pu être utilisés "à son insu". Il ajoute s'être appuyé sur un texte publié en langue hébraïque et non traduit en français.

    "Plagiat grossier"

    Lundi 1er avril, l'éditeur du livre du Grand Rabbin chez Stock, François Azouvi, soutenait encore cette version: "Je ne soupçonne pas Lyotard d'avoir copié les cours mais il a dû prendre connaissance de ces textes via ces enregistrements", disait-il. Mais ses arguments vacillent quand deux spécialistes de littérature hassidique soulignent l'existence d'une version française du texte référence.

    Sur son blog "Archéologie du copier-coller", l'universitaire Jean-Noël Darde porte le coup de grâce. En croisant des recherches sur Internet et en bibliothèque, il retrouve des extraits entiers des Quarante méditations juives dans des livres écrits bien avant les années 80 par Jean-Marie Domenach, Jean Grosjean, Élie Wiesel "et probablement d'autres".

    "D'habitude, les plagiaires s'inventent des excuses. Si le plagiat avait été moins grossier, Bernheim aurait pu s'en sortir. Là, il n'avait pas le choix", commente Jean-Noël Darde.

    "Le plus grave, c'est le mensonge"

    Pour cet enseignant de l'université Paris VIII, qui s'intéresse surtout aux plagiats académiques, "le plus grave, c'est le mensonge" du Grand Rabbin. Et pas seulement le communiqué de dénégation. "A la sortie du livre, Gilles Bernheim a expliqué avoir un 'fort désir d'écrire' qui le tient éveillé la nuit et a assuré que ses Méditations étaient de loin son œuvre la plus personnelle", rappelle-t-il.

    Deux ans plus tard, le Grand Rabbin a demandé à son éditeur de retirer l'ouvrage des librairies et de sa bibliographie. Il a également présenté ses excuses à Dolorès Lyotard, la veuve du philosophe, et à Elisabeth Weber, ainsi qu'aux autres auteurs plagiés et à ses lecteurs.

    Gilles Bernheim, 60 ans, a été élu au grand rabbinat de France en 2008, succédant à Joseph Sitruk. Il avait également publié en 2008 Le Rabbin et le cardinal (Stock) avec le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon. En décembre, le pape Benoît XVI avait cité son dernier essai, un argumentaire contre le mariage homosexuel.

    Selon Le Monde, si la communauté juive est atterée par ces aveux de plagiat, aucune démission du Grand rabbin n'a été évoquée pour le moment.


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