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    Le pape François, un saint au passé polémique

    pour

    la presse internationale

    Le Monde.fr | <time datetime="2013-03-14T08:35:01+01:00" itemprop="datePublished">14.03.2013 à 08h35</time> • Mis à jour le <time datetime="2013-03-14T12:26:42+01:00" itemprop="dateModified">14.03.2013 à 12h26</time>
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    <figure class="illustration_haut"> Une édition spéciale d'un journal colombien sur l'élection du pape François, jeudi 14 mars. </figure>

    C'est par une anecdote que le journal argentin La Nacion a choisi de saluer l'élection de l'Argentin Jorge Mario Bergoglio, devenu mercredi 13 mars le pape François. C'était le 21 février 2001, et le religieux était ce jour-là à Rome, où il devait être consacré cardinal par Jean Paul II en personne. Au matin, son porte-parole, Guillermo Marco, passe le chercher. "Comment nous rendons-nous au Saint-Siège", lui demanda-t-il. "Comment ça, comment ? En marchant évidemment !", avait alors rétorqué Jorge Mario Bergoglio. Et devant l'inquiétude de son porte-parole, de renchérir : "Ne vous inquiétez pas, à Rome, vous pouvez vous promener avec une banane sur la tête, personne ne vous dira rien."

    L'homme "au profil bas", c'est ainsi que le surnomment affectueusement les journalistes du quotidien, visiblement aussi surpris que le reste du monde de le voir accéder à un tel rang. Connu autant pour son humilité que pour ses relations tendues avec la présidente argentine, Cristina Kirchner, Jorge Mario Bergoglio fait partie de ceux qui "ne sont pas particulièrement intéressés à l'idée de s'asseoir avec les puissants", affirme le journal. Il aura en tout cas permis à l'Argentine de connaître "un jour historique", écrit pour sa part le quotidien Clarin.

    •  En Amérique latine, "enfin un pape noir !"

    L'enthousiasme de voir un "petit" prendre le trône de Saint-Pierre est évidemment partagé par la presse d'Amérique latine. "Pour la première fois depuis mille ans, le nouveau chef de l'Eglise n'est pas Européen", titre ainsi le journal brésilien O Globo, dans le pays qui compte le plus de catholiques au monde. Selon le journaliste Luiz Paulo Horta, le pontificat de François devrait ainsi être plus "ouvert sur le monde" dans les prochaines années. "Enfin un pape noir", titre avec provocation le magazine brésilien Vega, faisant allusion non à sa couleur de peau, mais bien à son jésuitisme. Le supérieur général de la Compagnie de Jésus est, en effet, souvent surnommé le "pape noir". Le magazine se félicite ainsi du "choix d'un pontife jésuite pour indiquer que l'Eglise entend être moins attachée aux fastes et aux honneurs et plus orientée à travailler avec les gens".

    Le journal mexicain Excelsior publie pour sa part un numéro spécial intitulé "François, le premier pape latino-américain" pour marquer l'occasion. Le quotidien Reforma s'enthousiasme de son côté pour "un pape qui rompt avec les paradigmes", ne manquant pas au passage de souligner son amour du football, nouvel argument qui, s'il en avait besoin, pourrait l'aider à assurer sa popularité sur le continent.

    Seul le site ADNpolitico et celui de Proceso profitent de l'élection de Jorge Mario Bergoglio pour souligner ses "liens très flous avec la dictature argentine", pendant les années 1970. "Bien qu'il n'existe pas de document prouvant ses liens avec la dictature militaire, certains éléments montrent cependant que Bergoglio a soutenu le régime dictatorial, même contre certains prêtres qui étaient sous son autorité à l'époque", peut-on lire. Citant le sociologue Mallimacci Fortunato, de l'université de Buenos Aires, Proceso affirme ainsi que "plusieurs témoins ont déclaré que Bergoglio n'a non seulement pas lutté contre la dictature, mais qu'il aurait même contribué à l'enlèvement, la torture ou la disparition de nombreux prêtres et laïcs".

    "Le pape des grandes premières", titre CNN sur son site Internet, qui commente notamment le choix du nom de François, "un signal que ce ne sera pas comme d'habitude". Le New York Times est pour sa part plus nuancé en analysant les raisons qui ont conduit à l'élection de Jorge Mario Bergoglio. C'est "un choix à la foix historique et traditionnel", affirme ainsi le quotidien américain. Car le Vatican n'a pas choisi la révolution en votant pour ce conservateur "d'origine italienne, qui soutient vigoureusement les positions du Vatican sur l'avortement, le mariage homosexuel, l'ordination des femmes et d'autres questions importantes". Au passage, le New York Times souligne également que le cardinal de Buenos Aires "était moins déterminé quand il s'agissait de prendre position par rapport à la dictature militaire en Argentine dans les années 1970", faisant référence aux accusations sur son passé.

    Le quotidien se félicite toutefois de l'humilité de l'homme, rappelant notamment le moment où, en 2001, Jorge Mario Bergoglio avait surpris le personnel de l'hôpital Muñiz à Buenos Aires en lavant les pieds de douze patients atteints du sida et en les embrassant, expliquant aux journalistes présents que "la société oublie les malades et les pauvres." Le Los Angeles Times rappelle de son côté combien cette élection est importante pour les Etats-Unis également, dont la part de population d'origine latino-américaine n'a cessé d'augmenter ces dernières années. 

    • En Italie, un pape pour "dire stop aux intrigues et aux chantages"

    La surprise, c'est le sentiment qui semble avoir gagné les rédactions des grands journaux italiens. N'allant pas jusqu'à faire la même gaffe que la Conférence épiscopale italienne, le nom de Jorge Mario Bergoglio n'était que peu apparu ces derniers jours dans la presse de la péninsule. Dans un éditorial vidéo, Ferruccio de Bortoli pour Le Corriere della Sera se félicite de ce "signal extraordinaire et révolutionnaire envoyé par l'Eglise". "Le pape François va donner une nouvelle orientation à cette Eglise qui sait encore surprendre, affirme-t-il. Un retour vers le spirituel, l'humilité."

    La simplicité du pape François est en effet largement commentée par la presse transalpine. "Timide, réservé, homme de peu de paroles, très attentif aux pauvres", Jorge Mario Bergoglio vivait ainsi jusqu'à présent dans un appartement modeste et se déplaçait en transports en commun, précise le quotidien. La Stampa titre d'ailleurs son portrait du nouveau souverain pontife "Le pape jésuite qui prend le métro". "Ceux qui le connaissent le considèrent comme un véritable homme de Dieu : la première chose qu'il vous demande, c'est toujours de prier pour lui", peut-on lire dans cet article. "Il œuvrera pour une Eglise plus sobre", analysent pour leur part les éditorialistes du quotidien. 

    La Repubblica n'hésite pas, pour sa part, à parler de "révolution à Saint-Pierre", "comme pour dire stop aux intrigues et aux chantages qui ont contribué à affaiblir Benoît XVI". Ce choix "représente un renversement de la puissance culturelle et géographique du Vatican si évident et symbolique qu'il en devient un geste politique qui secoue Rome. Un geste d'ouverture et d'espoir, qui conclut une époque." En guise de preuve, le quotidien avance ce nom, pape François, "qu'aucun pape n'avait jamais osé prendre". "Un nom qui est un projet et un lien vers la papauté, un retour aux origines, à l'Evangile, à la mission de l'Eglise désincarnée de son faste, peut-on lire. L'indication d'un pape qui sait se promener parmi les loups."

    • En France, un pape normal ?

    Du côté français des Alpes, la presse exprime également son étonnement et ses interrogations. "Que va faire cet homme mal connu du grand public ?", se demande Etienne de Montety dans Le Figaro. "Ce vieil homme saura-t-il emmener son Eglise et ses fidèles vers une plus grande ouverture aux femmes, aux sexualités différentes ou, comme ses prédécesseurs, restera-t-il un rigide gardien du dogme ?", s'interroge pour sa part François Sergent dans Libération.

    <figure class="illustration_haut"> La une de changer l'image rigoriste de la chrétienté". "Sa simplicité (...) son message appuyé de fraternité. Certains y voient déjà la manifestation d'une volonté d'inscrire l'Eglise et son gouvernement dans l'humilité, en refusant l'apparat et les coteries de la Curie", écrit dans les colonnes de La Montagne Jacques Camus"Il sera le pape des pauvres et aussi le pape qui représentera les pays du tiers-monde", prédit dans le même temps Philippe Reinhardt pour L'Eclair des Pyrénées.

    L'éditorialiste de La Dépêche du Midi, Jean-Claude Souléry, a pour sa part osé la comparaison avec un François bien connu de l'Hexagone : "Sera-t-il tout simplement un pape normal ?"

    • En Espagne, "une occasion d'espérer"

    "Un pape qui sourit, qui souhaite une bonne après-midi, qui fait une blague quelques minutes après avoir reçu sur ses épaules tout le poids d'une Eglise blessée, demandant la bénédiction avant de le donner", et surtout "un pape qui fait la cuisine" : les premiers pas de Jorge Mario Bergoglio ont été observés de près par le journal espagnol El Pais, qui se réjouit de voir un pape "qui change, au moins", et c'est "une occasion d'espérer." "Seul le temps dira si l'Argentin était le pape que le monde attendait, mais mercredi soir, devant une foule qui priait pour lui, il a au moins réussi à gagner des soutiens", affirme le quotidien.

    • Au Royaume-Uni, un pape argentin d'accord, mais attention aux Malouines

    La presse britannique est de son côté un brin revancharde, n'hésitant pas à ressortir les déclarations passées du nouveau pape au sujet de la position de l'Argentine sur les îles Malouines. Selon The Sun, l'ancien archevêque de Buenos Aires a affirmé devant des journalistes en 2011 que "les Malouines appartiennent à l'Argentine". "Nous espérons que ses sermons passés approuvant la position argentine ne seront pas répétés", écrit ainsi le tabloïd dans son éditorial. "Le pape François pourrait soutenir la Grande-Bretagne en ramenant à la raison les responsables argentins", ajoute le quotidien, qui affirme cependant que celui-ci sera "toujours le bienvenu en Grande-Bretagne". Deuxième signe un peu rancunier de la part du quotidien, la une fait clairement référence à "la main de Dieu" de Maradona qui, pendant la Coupe du Monde de 1986, avait contribué à la défaite de l'Angleterre.

    Les autres titres britanniques sont néanmoins nettement moins provocateurs. Pour le Times, "le pape François bénéficie d'une occasion exceptionnelle de rétablir l'autorité morale de l'Eglise", tandis que le Guardian accueille le pontife par les mots "Buona sera pape François". Sa nomination constitue "une avancée extraordinaire, loin de la nature conservatrice et prudente des deux derniers pontificat", peut-on lire sur le site Internet du quotidien, qui salue "un changement décisif dans le centre de gravité de l'Eglise, hors de l'Europe et vers le continent où la plupart des catholiques vivent, et où les défis de l'église sont assez différents de ceux de l'Europe."

    "Espérons que le pape François – un homme d'une humilité évidente, de compassion et d'érudition – sera capable de revigorer l'esprit chrétien, non seulement dans les verts pâturages du Nouveau Monde, mais aussi en Europe", prêche pour sa part le Daily Telegraph. Un vœu pieux.

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  • François Ier, un pape humble d'origine modeste

    <time datetime="2013-03-13T21:28:05+01:00" itemprop="datePublished">13 mars 2013 à 21:28     </time>lien

    Jorge Mario Bergoglio en 2005.

    Jorge Mario Bergoglio en 2005. (Photo Enrique Marcarian. Reuters)

    portrait Le nouveau pape est considéré comme modéré, vivant simplement et refusant les privilèges.

    L’Argentin Jorge Bergoglio, 76 ans, qui a été élu mercredi à la surprise générale pape en remplacement de Benoît XVI, est un Jésuite austère, considéré comme modéré et de tendance réformiste. Selon les indiscrétions qui ont filtré sur le dernier conclave de 2005, c’était alors le dernier cardinal en lice face à Benoît XVI.

    Son élection au Saint-Siège est une première pour l’Eglise catholique, qui n’a jamais été dirigée par un représentant de la Compagnie de Jésus. Archevêque de Buenos Aires et primat d’Argentine, cet homme timide et à la parole rare bénéficie d’un grand prestige parmi ses ouailles qui apprécient sa totale disponibilité et son mode de vie dénué de toute ostentation. En 2010, il s’est opposé avec vigueur à la loi légalisant le mariage homosexuel en Argentine, pays où l’avortement est interdit. Il s’est aussi élevé contre le droit octroyé aux transsexuels de changer de sexe à l’état civil. En septembre 2012, il a critiqué les prêtres refusant de baptiser les enfants nés hors mariage, les qualifiant d'«hypocrites».

    Né le 17 décembre 1936 à Buenos Aires, le nouveau pape a vu le jour dans une famille modeste. Fils d’un employé des chemins de fer d’origine italienne, il va à l’école publique. Il achève ses études avec un diplôme de technicien en chimie. A 22 ans, il intègre la Compagnie de Jésus, où il y étudie les humanités et obtient une licence de philosophie. Après un détour par l’enseignement privé, il suit des études de théologie. Il est ordonné prêtre le 13 décembre 1969. Moins de quatre ans plus tard, à tout juste 36 ans, il est élu provincial (responsable national) des Jésuites argentins. Il assumera cette responsabilité pendant six ans.

    Pendant la dictature militaire en Argentine (1976-1983), Jorge Bergoglio se bat pour conserver l’unité d’un mouvement jésuite taraudé par la théologie de la libération, avec un mot d’ordre: maintenir la non-politisation de la Compagnie de Jésus. Le futur cardinal se rend ensuite à Fribourg, en Allemagne, où il obtient son doctorat. A son retour, il reprend l’activité pastorale comme simple curé de province dans la ville de Cordoba, à 700 km au nord de Buenos Aires. Le 20 mai 1992, Jean-Paul II le nomme évêque de Auca et évêque auxiliaire de Buenos Aires. Il grimpe alors les échelons de la hiérarchie catholique de la capitale, et revêt finalement la pourpre cardinalice le 21 février 2001.

    En dépit de cette carrière météorique, l’homme est resté «très humble» et «garde un profil bas», selon le père Marco. Il se lève à 04h30 du matin et termine sa journée à 21h00. Il n’a pas de voiture, se déplace en transports en commun et a renoncé à occuper la somptueuse résidence des archevêques de Buenos Aires. On le dit très attentif aux besoins de ses collaborateurs, qui peuvent le joindre à tout moment sur une ligne téléphonique directe. Il n’accorde pas d’interviews, tout en étant lui-même un lecteur assidu de la presse. On sait toutefois le prélat grand lecteur de José Luis Borgès et de Dostoïevski, amateur d’opéra et fanatique du club de football de Buenos Aires San Lorenzo, fondé par un prêtre.

    Mgr Bergoglio a vu sa réputation grandement accrue parmi ses pairs pour son travail comme rédacteur adjoint du rapport final du synode d’octobre 2001 : le rapporteur principal, l’archevêque de New York Edward Egan, n’a pu mener à bien sa mission du fait des attentats du 11 septembre et c’est au cardinal argentin qu’il est revenu de mener l’essentiel des travaux. Au Saint-Siège, il était avant son élection membre de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements.

    Le nouveau pape aime le . Sur son compte Twitter, le club argentin de San Lorenzo a publié la carte de supporteur de Jorge Mario Bergoglio.

    San Lorenzo @SanLorenzo

    Es un orgullo para la Institución saber que el primer Papa sudamericano es Socio de . Mirá: pic.twitter.com/8TA4TogUqp


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    L'archevêque argentin Bergoglio est le

    nouveau pape

    Le Monde.fr avec AFP | <time datetime="2013-03-13T19:14:16+01:00" itemprop="datePublished">13.03.2013 à 19h14</time> • Mis à jour le <time datetime="2013-03-13T20:26:32+01:00" itemprop="dateModified">13.03.2013 à 20h26</time>

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    Suivez en direct l'annonce du nom du futur pape

    L'Argentin Jorge Maria Bergoglio a été élu pape mercredi soir et prendra le nom de François Ier, a annoncé le Vatican. Il s'agit du premier pape des Amériques et du premier Jésuite à devenir pape. L'élection par les 115 cardinaux réunis en secret dans la Chapelle Sixtine avait été annoncée auparavant par l'émission rituelle d'une fumée blanche et par les cloches de la Basilique Saint Pierre qui avaient retenti à toute volée.

    Lire : portraits de "papabili"

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     Les fidèles réunis place Saint-Pierre, le 13 mars. 

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    Après quelques instants d'incertitude, la foule a acclamé les volutes de fumée qui n'étaient pas d'un blanc très distinct au départ. Mais quelques instants plus tard, les cloches de la Basilique Saint-Pierre se sont mises à sonner à toute volée comme les jours de fêtes, confirmant le choix d'un nouveau pape. En attendant, la foule rassemblée sur la Place Saint-Pierre continait de chanter, sauter en l'air, en criant "viva il papa" (vive le pape), à plusieurs reprises.

    A Paris, la cathédrale Notre-Dame de Paris va célébrer dans quelques minutes, l'élection du nouveau pape avec une messe d'action de grâce menée par Monseigneur Jérôme Beau, évêque auxiliaire de Paris et vicaire général. Cette messe sera suivie par une veillée de prière de 20h à 22h30.

      

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  • Dernière modification : 19/02/2013 lien

     


    Christoph Schönborn, un cardinal charismatique et atypique

    Christoph Schönborn, un cardinal charismatique et atypique

    Depuis l'annonce de la renonciation de Benoit XVI, les spéculations vont bon train sur son successeur. Au nombre des pressentis, le cardinal de Vienne Christoph Schönborn, qui a accepté d'intégrer un homosexuel déclaré dans son diocèse.

    Par Amara MAKHOUL-YATIM (texte)
     

    Il n’a pas hésité à accepter d’intégrer un fidèle ouvertement homosexuel dans un conseil pastoral d'une paroisse. Pourtant le cardinal de Vienne, Christoph Schönborn, figure au nombre des "papabili". Depuis l’annonce de la renonciation du pape Benoit XVI le 11 février, les spéculations se multiplient sur l’éventuel successeur du pape. À 68 ans, selon les spécialistes, Christoph Schönborn fait partie de ces pressentis.

    Le premier avantage que présente le cardinal autrichien, disciple de Jean-Paul II et

    proche de Benoit XVI, est sa "jeunesse". Car si cette élection, sans candidats ni campagne officielle, ne comporte pas de critères d’éligibilité, le départ de Benoit XVI, sans précédent dans l’histoire de l’église moderne, peut être compris comme une invitation à élire un pape jeune.

    Né le 22 janvier 1945 à Skalken, dans l’actuelle République tchèque, Christoph Schönborn est issu d’une famille dévouée à l’Église catholique. Ses parents s’installent en Autriche peu de temps après sa naissance. Il entre chez les Dominicains en 1963 et fera ses études en Autriche, mais également en Suisse et en France, dont il maîtrise parfaitement la langue.

    Charismatique, il fait également figure de grand théologien. "Schönborn est un très grand intellectuel", rappelle à France 24 Constance Colonna-Cesari, journaliste spécialiste de la papauté, auteure de "Urbi et orbi, enquête sur la géopolitique vaticane". Elle rappelle que Benoit XVI l’avait chargé de coordonner la rédaction du catéchisme de l’église catholique au début des années 1990, signe de la proximité qui liait les deux hommes.

    Des prises de positions osées

    Créé cardinal par Jean-Paul II en 1998, il se démarque rapidement par des prises de positions qui détonnent dans le paysage de l’église catholique.

    En 2010, quand le Vatican doit faire face à une succession de scandales de pédophilie au sein de l’église, il est le seul à dénoncer ouvertement la loi du silence en vigueur jusqu’alors dans la hiérarchie ecclésiale. S'attirant plusieurs ennemis au sein de la Curie, il n’hésitera pourtant pas à désigner plusieurs prélats ayant eu une responsabilité dans la couverture de ces crimes, notamment le cardinal Sodano, ancien secrétaire d’État sous le pontificat de Jean-Paul II.

    Plus que cela, il s’est par la suite publiquement interrogé, dans une lettre, sur la cause de ces scandales, qui minent l’Église, et le célibat des prêtres, point sur lequel le Saint-Siège s’est toujours montré intransigeant.

    Le cardinal Christoph Schönborn, qui fait face à  la fronde d'un mouvement réformateur au sein de l’église autrichienne qu'il dirige, accepte en avril 2012 d'intégrer un fidèle, ouvertement homosexuel, dans un conseil pastoral. Il a tenu à rencontrer personnellement le jeune homme de 26 ans que sa communauté a élu à une large majorité. "Je sais que sa manière d’être est problématique au regard des règles, mais je m’en porte garant. Je pense que ce jeune homme est à la bonne place, et je prends sur moi de couvrir l’affaire", avait-t-il déclaré.

    Cité par le site d'information rue 89, Philippe Portier, directeur du Groupe sociétés, religions, laïcités au CNRS, rappelle toutefois que ses prises de positions doivent être replacées dans leur contexte et qu’il ne faut pas se hâter de le classer dans le camp des progressistes. Selon lui, le contexte contestataire de l’église autrichienne a pu pousser le cardinal de Vienne à être plus enclin à la négociation. Selon lui, "à la lecture de ses textes, Schönborn apparaît, au contraire, comme très proche de la doctrine actuelle de l’Église et ne prend pas position pour une ouverture."


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