• Rosetta : les 6 (nouveaux) mystères de la comète Tchouri

    Rosetta : les 6 (nouveaux) mystères

    de la comète Tchouri

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    le 23 janvier 2015 à 14h00 , mis à jour le 23 janvier 2015 à 15h36.  lien

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    Dans des articles publiés jeudi par la revue Science, l'Agence spatiale européenne a livré ses premières analyses des éléments récupérés par la sonde Rosetta et son robot Philae. Des révélations qui entraînent aussi de nouvelles questions sur la comète Tchouri, son atmosphère toute particulière et la composition de sa surface.

     

     

    Tchouri, fossile vieux de plus de 4,5 milliards d'années, commence à dévoiler quelques-uns de ses mystères. Après 10 ans de voyage, la sonde Rosetta s'est mise en orbite en août dernier, à environ 30 km de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, libérant son passager, le robot Philae qui s'est posé en novembre sur le sol de Tchouri. Un atterrissage non sans difficulté qui a néanmoins permis aux scientifiques de l'Agence spatiale européenne de récupérer une foule de données.
     
    Des mois d'études de la surface de la comète, de son noyau, de sa composition ou encore de son atmosphère qui ont donné lieu à la rédaction de nombreux articles enfin publiés jeudi dernier dans la revue Science. L'ensemble des images a ainsi permis de réaliser un modèle en trois dimensions de Tchouri et d'obtenir une topographie détaillée, à découvrir en cliquant ici. Mais ces données riches en enseignements ont aussi fait apparaître de nouveaux mystères...

    • Non pas une mais deux comètes ?
    On avait déjà connaissance de sa forme en pop-corn, là où d'autres y voient un "canard" (tête, cou, corps). Les images prises par la caméra à haute définition Osiris ont en tous cas révélé une forme inhabituelle du noyau. Il est composé de deux lobes séparés par une sorte de cou court. C'est là que se concentre la majeure partie de l'activité de la comète (dégagement de gaz). Une forte intensité qui a surpris les scientifiques, la comète se trouvant très loin du soleil pour une telle force d'activité. Avec un noyau composé de poussières, pierres et gaz gelés, et une forme particulière, les chercheurs envisagent désormais que Tchouri puisse être l'agrégation de deux comètes. 

    Le "cou" du "canard" laisse envisager la réunion de deux comètes : 

    Des preuves de vie passée ou actuelle ?
    De plus, ce noyau contient une grande quantité de matériaux organiques, comme des liaisons carbone-hydrogène et des liaisons oxygène-hydrogène, notamment beaucoup de monoxyde et dioxyde de carbone. Les chercheurs pensaient également trouver davantage de molécules contenant du carbone avec une structure chimique plus complexe. Des données importantes pour les scientifiques car cela tendrait à prouver qu'il y a ou il y a eu des éléments vivants dont des traces pourraient être retrouvées sur Terre ou dans le reste du système solaire.

    • Des dunes... mais pas de vent : comment expliquer les reliefs ?
    Sur la surface de Tchouri, on trouve des cratères remplis d'une substance semblable à de la cendre, des crevasses et des falaises certaines dépassant les 900 m de haut. Sa composition est assez homogène, mais présente néanmoins une étonnante diversité de structures géologiques. Cela résulte notamment de phénomènes d'érosion dont les ondulations ne sont pas sans rappeler celles des dunes de sable sur Mars. Pourtant, aucun vent sur cette comète... "Nous avons été surpris par la variété des structures géologiques", reconnaît Hans Nilsson, de l'Institut suédois de physique spatiale, un des co-auteurs d'une des études publiées. Des jets de gaz et de poussière pourraient toutefois avoir sculpté le relief de surface, symbole de la puissance du soleil qui réchauffe la comète en partie.

    Philae a bien travaillé... mais ses collectes sont-elles exploitables ?
    Durant les 57 heures d'activité de Philae, ses caméras latérales ont multiplié les prises d'images et le petit robot a tenté des forages avant d'être coincé. Les chercheurs ne sont donc pas certains que les forages aient réussi et qu'un échantillon soit exploitable. Mais l'un des fours d'analyse chimique a fourni un résultat, sans doute par la poussière aspirée par Philae durant l'un de ses rebonds sur la surface de Tchouri. "Il est possible que nous ayons recueilli quelque chose", explique Hermann Böhnhardt, un scientifique de l'Institut Max Planck. Mais quoi..?

    La région du "cou" pourrait contenir de fortes quantités de glace et d'eau. Mais les différentes images n'ont cependant pas permis de détecter de vastes étendues d'eau glacée.

    • Pourquoi une atmosphère variable ?
    Plus communément appelée "chevelure de la comète" ou coma, l'atmosphère dense entourant le noyau de Tchouri est composée d'un mélange de poussière et de molécules de gaz. Et sur la comète, elle "semble être inégalement distribuée autour du noyau" et fluctue considérablement en fonction du temps, ont noté les scientifiques de l'ESA. Cela pourrait être dû aux variations de températures sous la surface de la comète. "Nous pensions que les comètes étaient principalement constituées d'eau gelée. Pour cette comète, le 'coma' contient parfois plus de dioxyde de carbone que de vapeur d'eau", écrit Stephen Fuselier de l'Institut de San Antonio.

    Un bouclier pour se protéger des vents solaires ?
    Mais ce qui a le plus surpris les observateurs, c'est ce bouclier formé autour de Tchouri contre les vents solaires. Il est semblable à la magnétosphère terrestre qui stoppe les particules très énergétiques envoyées par le Soleil. Cependant, les comètes ne disposent pas habituellement de champ magnétique. Il se créé en général à l'approche du soleil lorsque le vent solaire ionise les vapeurs de glaces du noyau.

    Rosetta devrait apporter une partie des réponses d'ici peu. A partir du 4 février, la sonde va se rapprocher de Tchouri en se plaçant à 6 kilomètres de sa surface. Cela permettra aux instruments "de prendre des images et d'effectuer un spectre de la surface avec une résolution sans précédent", souligne l'ESA. Philae devrait, quant à lui, reprendre du service en mars. Coincé entre des falaises dans un secteur ombragé, ses batteries solaires n'ont pas pu se recharger. Mis en sommeil, il se réveillera lorsque la comète sera plus proche du soleil. Mais les chercheurs pourraient même choisir de le sortir de son hibernation un peu plus tôt.
    Données statistiques sur la comète Tchouri
     

    La comète a été découpée en 19 régions et cinq catégories, dont chacune a reçu un nom de divinités égyptiennes (Imotep, Bastet, Hati, Ash, Anuket, etc.) :


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