• Russie :Limogeages de Kommersant

     
    14 décembre 2011 - 14H35  

    Limogeages de Kommersant: des journalistes russes dénoncent une intimidation
     

    Des journalistes du groupe russe Kommersant ont accusé mercredi son propriétaire de chercher à les "intimider", au lendemain du limogeage de deux de ses dirigeants pour la publication de propos jugés injurieux à l'encontre du Premier ministre Vladimir Poutine.

     
    Des journalistes du groupe russe Kommersant ont accusé mercredi son propriétaire de chercher à les "intimider", au lendemain du limogeage de deux de ses dirigeants pour la publication de propos jugés injurieux à l'encontre du Premier ministre Vladimir Poutine.

    AFP - Des journalistes du groupe russe Kommersant ont accusé mercredi son propriétaire de chercher à les "intimider", au lendemain du limogeage de deux de ses dirigeants pour la publication de propos jugés injurieux à l'encontre du Premier ministre Vladimir Poutine.

    Le milliardaire Alicher Ousmanov a licencié mardi le rédacteur en chef de l'hebdomadaire russe Kommersant-Vlast Maksim Kovalski et le PDG de la holding du même nom, Andreï Galiev.

    "Nous prenons le limogeage (de M. Kovalski) comme un acte d'intimidation afin d'empêcher toute opinion critique à l'égard de Vladimir Poutine, même de façon indirecte en publiant des photographies de textes où l'on parle de lui sans le respect dû", ont écrit les journalistes dans une lettre ouverte à M. Ousmanov, signée par 35 personnes.

    "On nous pousse à la lâcheté, ce qui est indigne et improductif", ajoutent les journalistes.

    Dans son numéro daté du 12 décembre, Kommersant-Vlast a publié un reportage sur les fraudes imputées au parti au pouvoir Russie unie lors des législatives du 4 décembre, illustré par la photo d'un bulletin barré de rouge, sur lequel on pouvait lire en grandes lettres manuscrites "Poutine, va te faire foutre".

    Et en couverture de l'hebdomadaire se trouvent une photo de Vladimir Poutine, en train de voter et un titre mêlant dans un jeu de mots les expressions "Russie unie" et "bourrage des urnes".

    "C'était une photographie montrant le véritable comportement d'électeurs lors du scrutin", soulignent les journalistes.

    Ceux-ci jugent par ailleurs que la tentative de présenter le renvoi de M. Kovalski comme une "lutte pour la pureté de la langue russe" est une "falsification du même ordre que ce qui a irrité les gens aux élections".

    La victoire du parti au pouvoir, Russie unie, de Vladimir Poutine avec plus de 49% des suffrages, a été largement contestée en Russie et donné lieu à des manifestations de protestation sans précédent à travers le pays.

    "J'estime que j'ai pris la bonne décision et je n'ai pas l'intention de revenir dessus", a réagi M. Ousmanov, cité par l'agence Interfax.

    "Il n'est pas question de persécuter les journalistes pour des motifs politiques ou autres", s'est-il défendu, répétant que le journal avait "franchi une ligne rouge et violé des règles éthiques élémentaires".

    M. Ousmanov a par ailleurs indiqué ne pas avoir l'intention de vendre le groupe Kommersant, alors que le milliardaire Mikhaïl Prokhorov, qui a annoncé vouloir se présenter à la présidentielle de mars 2012, s'est dit intéressé par son acquisition.

    "Il n'y a jamais eu de projet sur cet actif et on n'en prévoit pas" pour l'instant, a déclaré M. Ousmanov.

    M. Prokhorov, troisième fortune de Russie, a annoncé sa candidature lundi, une décision vue par certains observateurs comme une tactique du Kremlin pour calmer les protestations dans le pays.


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