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    Russie unie remet en jeu son hégémonie 

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    Par Pierre Avril Publié <time datetime="02-12-2011T21:05:00+02:00;" pubdate="">le 02/12/2011 à 21:05</time> Réagir
    Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev, jeudi à Moscou, lors de leur rencontre avec deux cents partisans
    Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev, jeudi à Moscou, lors de leur rencontre avec deux cents partisans Crédits photo : Alexander Zemlianichenko/AP

    Le parti de Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev pourrait sortir affaibli des législatives de dimanche. 

    L'amorce d'un tournant dans la vie politique russe est attendue demain à l'occasion des élections législatives. Près de 110 millions d'électeurs sont appelés à se rendre aux urnes pour élire la nouvelle Douma, un Parlement aujourd'hui dominé par Russie unie, le parti de Vladimir Poutine. Pour la première fois depuis sa création en 2001, l'hégémonie de cette formation sur la vie publique est en ­cause. Selon les derniers sondages, Russie unie, qui dispose aujourd'hui de 315 sièges sur les 450 que compte la Douma, pourrait perdre sa majorité des deux tiers, qui lui permet aujourd'hui de modifier la Constitution. Le Parti communiste et, dans une moindre mesure, le parti nationaliste LDPR ­seraient les principaux bénéficiaires de cette érosion.

    Fait inédit, l'hypothèse d'une coalition parlementaire est évoquée. Ainsi, la primauté que Vladimir Poutine exerce sur le pays depuis dix ans s'en trouverait entamée, tout comme l'autorité de l'actuel président, Dmitri Medvedev, qui dirige en personne la liste de Russie unie. Un véritable test à l'approche de l'élection présidentielle de mars 2012, en vue de laquelle les deux hommes ont déjà «échangé» leurs fonctions. En province, le fatalisme l'emporte : «Quoi que l'on vote, rien ne change et on voit toujours les mêmes têtes», soupire Alexandra, professeur d'anglais à Pavlovsk, un village de Sibérie orientale. À Moscou, l'humeur est plus frondeuse. «Il y a un intérêt pour cette élection que je n'avais pas ressenti lors du précédent scrutin, il y a quatre ans», témoigne Natalia, une enseignante qui s'apprête à voter pour Iabloko, un petit parti indépendant. À des années-lumière de la propagande officielle servie par la télévision d'État, la blogosphère est devenue le lieu de rencontre virtuel des opposants au régime qui, le reste du temps, peinent à réunir plus de cent personnes dans les meetings de la capitale. La dernière vidéo qui a fait fureur sur Internet montre Vladimir Poutine se faire siffler sur un ring de boxe.

    Craintes de falsifications 

    Les internautes décrivent les multiples pressions exercées par les autorités pour convaincre les électeurs de voter pour Russie unie. Les partis ou les hommes politiques trop critiques ou indépendants à l'égard du pouvoir, comme l'oligarque Mikhaïl Prokhorov, ont été écartés de la course. «Toutes les formations en lice ont été créées par le Kremlin, à l'exception du LDPR», accuse le président de ce parti, Vladimir Jirinovski, qui n'est pourtant pas avare de soutiens occasionnels à Poutine.

    Des falsifications sont attendues dans les bureaux de vote. L'OSCE, qui est chargée de contrôler la régularité du processus électoral, a dû, sous la pression des autorités, réduire la taille de sa mission d'observateurs. Nachi, le mouvement de jeunes pro-Kremlin, prévoit d'envoyer 15 000 militants dans le centre de Moscou afin de «neutraliser les provocateurs qui mettraient en doute le soutien à Russie unie».

    Une période délicate s'ouvre pour le tandem exécutif au pouvoir. Vendredi, Dmitri Medvedev a appelé les électeurs à «faire le bon choix», sans citer Russie unie, mais en agitant le spectre d'un Parlement multicolore, «déchiré par les contradictions».

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