• SeaFrance. Le gouvernement change de cap

    SeaFrance. Le gouvernement change de cap

    3 janvier 2012 -

    Contre toute attente, le gouvernement a apporté, hier, son soutien au projet de reprise de la SeaFrance par les salariés. Mais de nombreuses questions restent en suspens.

    Jusqu'à présent, le gouvernement s'était toujours montré très hostile au projet de reprise de SeaFrance par ses propres salariés sous forme de coopérative(Scop). Mais deux jours après les voeux de Nicolas Sarkozy, où l'emploi a occupé une place prépondérante de son discours, changement de ton.

    880 salariés

    «Le gouvernement a décidé de soutenir le projet de Scop du mieux des moyens de l'État», a ainsi déclaré, hier matin, Nathalie Kosciusko-Morizet. 50millions d'euros sont nécessaires au projet pour être viable, selon la CFDT de SeaFrance, porteuse du projet. Les collectivités locales ont proposé de s'engager dans le projet à hauteur de douze millions d'euros. Pour le reste, le gouvernement propose désormais aux salariés de le financer grâce aux indemnités de licenciement qu'ils percevraient en cas de cessation définitive d'activité de cette filiale de la SNCF qui emploie 880personnes en CDI. Ces indemnités pourraient être «majorées par des indemnités extra-légales», a ajouté la ministre de l'Écologie et des Transports, sans toutefois préciser leur montant.

    73.000euros par personne?

    Mais de nombreuses questions restent en suspens. Les salariés accepteront-ils d'investir leurs indemnités dans la Scop? Rien n'est moins sûr. Selon Challenges, les indemnités auraient déjà été négociées: 73.000euros par personne en moyenne. Soit un total de 64millions d'euros. Mais les officiers, principalement syndiqués à la CGT, se sont déjà montrés frileux vis-à-vis du projet. D'autant que la CFDT de SeaFrance a déjà été critiquée pour sa gestion du dossier.

    «Abracadabrantesque»

    Ce montage financier va-t-il convaincre le tribunal? «C'est un montage juridique "abracadabrantesque", qui a peu de chances d'aboutir», a jugé Me Philippe Brun, avocat des salariés. En attendant, signe de l'importance prise par ce dossier, la SNCF sera représentée pour la première fois par un dirigeant de l'entreprise ce matin au Tribunal de commerce de Paris, où les juges doivent statuer sur l'offre de reprise.

     

     

    L'Etat pour le projet de coopérative

    Créé le 03/01/2012 à 03h29 -- Mis à jour le 03/01/2012 à 03h29
    Sarkozy a pris le dossier en main.
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    Sarkozy a pris le dossier en main. P. ROSSIGNOL / REUTERS

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    La ministre des Transports, Nathalie Kosciusko-Morizet, a annoncé hier que le gouvernement soutient la création d'une société coopérative ouvrière pour la reprise de la compagnie maritime SeaFrance, en liquidation judiciaire. A moins de quatre mois de la présidentielle, Nicolas Sarkozy a pris en main ce dossier, dans lequel plus de 800 emplois sont en jeu. Dans un courrier adressé aux salariés, il indique qu'il a demandé « que l'Etat se mobilise très rapidement pour créer les conditions nécessaires à la réussite du projet de reprise de l'activité de SeaFrance par une Scop [société coopérative et participative] ». L'annonce sonne comme un désaveu du ministre délégué, Thierry Mariani, qui avait dénoncé vendredi le « fanatisme » des syndicats et le peu de crédibilité du projet de coopérative.

    Contourner le veto européen


    L'Etat et la SNCF (dont SeaFrance est une filiale à 100 %) s'étaient vu interdire par la Commission européenne de recapitaliser la compagnie de ferries transmanche. L'idée serait donc de contourner ce veto en accordant aux salariés des indemnités ou des avances suffisantes, pour qu'ils les réinvestissent dans une Scop assez dotée pour être viable.
    Selon le gouvernement, il faut entre 40 et 50 millions d'euros pour relancer SeaFrance en lui permettant de garder ses quatre navires ; une somme sur laquelle les collectivités locales ont déjà promis 11 à 12 millions. Les salariés devront donc, à travers le montage imaginé, fournir le solde.


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