• Semaine sombre pour les Bourses européennes

     

    18/11 | 09:09 | mis à jour à 18:06 | Les Echos

    Semaine sombre pour les Bourses européennes

    La Bourse de Paris a fini vendredi sous le seuil des 3.000 points, au plus bas depuis un mois et demi. Les investisseurs sont inquiets de l'absence d'accord en Europe, alors que la contagion de la crise de la dette semble s'accélérer.

    Les places boursières d'Europe ont replongé cette semaine, minées par la montée des craintes liées à la propagation de la crise de la dette dans la zone euro, alors que les rendements obligataires grimpaient à des niveaux records en Italie et en Espagne. Les interventions de la BCE sur le marché secondaire ont difficilement apaisé les tensions.

    Vendredi 18 novembre, de nouvelles rumeurs de marchés, selon lesquelles la Banque centrale européenne (BCE) pourrait prêter de l'argent au Fonds monétaire international (FMI) afin d'aider les pays de la région, ont un temps permis aux indices de limiter leurs pertes. Mais des commentaires de la Chancelière ont refroidi les investisseurs. En réponse à un appel du Premier ministre britannique David Cameron pour une « action décisive », Angela Merkel a martelé que les institutions européennes « ne peuvent prétendre à un pouvoir qu'elles n'ont pas ».

    A la Bourse de Paris, le CAC 40 a perdu 0,44% à 2.997,01 points, soit sous le seuil symbolique des 3.000 points pour la première fois depuis le 6 octobre. La place de Francfort a cédé 0,9%, Londres 1,1%. Madrid et Milan se sont distinguées à la hausse, avec des progressions de 0,5% et 0,2%.

    A Wall Street, la tendance était incertaine, à l'heure de la clôture en Europe. Le Nasdaq baissait de 0,2% tandis que le Dow Jones prenait 0,4%.

    Sur la semaine, Paris a chuté de 4,8%, Londres de 3,5% et Francfort de 4,2%.

    La spéculation sur des prêts de la BCE au FMI a soutenu l'euro. En repli depuis une semaine face au billet vert, la monnaie unique s'est redressée, vendredi. A 18h, elle s'échangeait contre 1,3515 dollar, en hausse de 0,3%.

    Rôle de la BCE, mise en place du FESF... les incertitudes persistent pour les investisseurs

    Les responsables politiques européens tardent à rassurer les marchés, ont jugé les analystes dans les différents commentaires publiés ce vendredi. La crainte que des Etats, comme l'Italie et l'Espagne, soient contraints de demander une aide financière crée un mouvement de défiance envers la région et tétanise les investisseurs dans le monde entier. « La zone euro est chaque jour plus moribonde », s'est alarmé les courtiers d'IG Markets, cités par l'AFP.

    Alors que des voix s'élèvent parmi les intervenants de marché pour que la BCE deviennent un véritable prêteur en dernier ressort, le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a répété qu'il ne faut pas attendre de l'institution francfortoise qu'elle résolve la crise. « Il n'y a aucune raison pour la BCE de se hâter de déployer sa puissance de feu. Si nous faisions cela, le calme sur les marchés ne durerait au mieux que quelques semaines », a-t-il estimé.

    Le nouveau président de la Banque centrale européenne (BCE) a, lui, insisté, lors du Congrès bancaire européen, pour que le Fonds européen de stabilité financière (FESF) entre rapidement en fonction. Mario Draghi a déploré que les sommets n'aient pas été suivis jusqu'à présent d'une mise en oeuvre.

    Pour l'heure, les opérateurs de marchés restent donc sceptiques. « En résumé, la contagion de la crise de la dette semble s'accélérer alors que les dirigeants européens n'arrivent pas à se mettre d'accord. La mise en place du FESF n'a pas l'air de progresser et le rôle de la BCE fait toujours débat », a commenté Saxo Banque auprès de Reuters.

    En pleine crise de la dette, les Espagnols se rendent aux urnes ce dimanche pour élire leur Parlement. Les sondages donnent clairement la victoire au parti de droite Partido Popular (PP). « Une nouvelle série de réformes du marché du travail, de restructuration du secteur bancaire et d‘assainissement budgétaire plus sévère seront vraisemblable les priorités du nouveau gouvernement. », avance Antonio Garcia Pascual, économiste chez Barclays Capital. « Ce type de mesures seraient sans aucun doute bien accueillies par les marchés, pourtant, elles pourraient ne pas suffire à stabiliser la dette souveraine de l'Espagne. Au final, nous estimons que la BCE devra probablement intensifier son soutien. »

    LES ECHOS

    Pour aller plus loin :

    L'EDITO de Jean-Marc Vittori. Eviter l'infarctus de la dette publique

    Photo : Reuters


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