• "Si Dassault ne vend pas de Rafale à l'étranger", la production "sera arrêtée"

    "Si Dassault ne vend pas de Rafale à l'étranger", la production "sera arrêtée"

    LEMONDE.FR avec AFP | 07.12.11 | 15h11   •  Mis à jour le 07.12.11 | 16h45

    Le ministre de la défense, Gérard Longuet, a affirmé mercredi que "si Dassault ne vend pas de Rafale à l'étranger, la chaîne [de production] sera arrêtée". Les "appareils seront naturellement entretenus", a-t-il précisé.

    M. Longuet a expliqué dans l'émission "Questions d'Info" LCP/France Info/Le Monde/AFP, que cela se produirait une fois que l'armée française aurait eu livraison des 180 appareils commandés, précisant que "l'étalement était jusqu'en 2018 au moins". Ensuite, "ce sera fini pour le constructeur, pas pour l'utilisateur", a-t-il dit.

     

    PLUS CHER QUE L'AVION AMÉRICAIN

    Pour "un appareil quel qu'il soit, l'achat représente un tiers, et la vie représente les deux tiers. Donc pour l'industrie aéronautique et pour les responsabilités de l'armée de l'air, il faut savoir que pour un Rafale, sur sa durée de vie d'une quarantaine d'années, on paiera deux fois le prix. Donc, l'industrie sera servie", a-t-il fait valoir.

    Questionné sur les raisons pour lesquelles Dassault ne parvenait pas à vendre le Rafale à l'étranger, le ministre a souligné que cet appareil "était plus cher que l'avion américain [qui est] amorti sur des séries beaucoup plus longues". "Lorsque nous, nous commandons 200 Rafale en dix ou quinze ans pour un programme, les Américains font 3 000 appareils", a-t-il dit. "En revanche, pour les missions haut de gamme à forte valeur militaire, le Rafale est incontestablement bien placé", a-t-il poursuivi.

    >> Lire l'éditorial du Monde : "Les faramineux mirages du Rafale"

    INDE, BRÉSIL ET ÉMIRATS

    Interrogé sur les possibilités actuelles pour Dassault de vendre le Rafale à l'étranger, Gérard Longuet a rappelé que l'appareil était "finaliste avec l'Eurofighter" en Inde, en soulignant que Dassault "équipait l'armée indienne depuis 1950", ce qui dénote "une certaine longévité". "Nous avons les Emirats qui négocient durement", a-t-il ajouté. Le Brésil doit aussi choisir entre le Rafale, le F/A-18 Super Hornet de l'Américain Boeing et le Gripen.

    Le Rafale est un chasseur-bombardier, biréacteur polyvalent d'une durée de vie supérieure à trente ans. Conçu pour l'interception, l'attaque air-sol et air-mer, la reconnaissance ou la frappe nucléaire, il doit remplacer à terme l'ensemble des appareils en service en France.

    DASSAULT POURRAIT SE REPLIER SUR LES DRONES

    En revanche, M. Longuet a promis de faire l'article d'un drone franco-israélien, conçu par Dassault côté français, devant les députés. Même si les sénateurs ont annulé les crédits alloués au développement de ces avions sans pilote, jugés trop chers et pas assez performants par rapport à leurs concurrents américains, M. Longuet défendra "totalement" cette option à l'Assemblée nationale, car "c'est une filière essentielle dans un dispositif de défense, et nous ne pouvons pas être dépendants".

    Le ministre de la défense avait en juillet décidé d'acheter des drones Heron-TP à l'israélien Israel Airspace Industries (IAI) et d'en confier l'adaptation à Dassault Aviation. Il avait ensuite attribué le développement de la prochaine génération de ces drones MALE (moyenne altitude longue endurance) à Dassault et au britannique BAE Systems.

     

    Les déboires du Rafale

    Un Rafale, le 13 novembre 2011. Cadrage Rafale, TGV, nucléaire : quand le made in France peine à se vendre


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