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    Quand un entrepreneur donne la réplique à un indigné

    Créé le 15-10-2012 à 19h19 - Mis à jour à 19h25   lien

    LIVRE Philippe Hayat, le président de l'association 100.000 entrepreneurs a accepté de débattre avec un proche de Stéphane Hessel, Gilles Vanderpooten. Un dialogue courtois résumé dans un livre.

     

    Philippe Hayat, entrepreneur et président de l'association "100.000 entrepreneurs". (c) sipa

    Philippe Hayat, entrepreneur et président de l'association "100.000 entrepreneurs". (c) sipa
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    Entrepreneur et indigné ? On pourrait croire à une nouvelle diatribe des pigeons, ces entrepreneurs qui râlent contre la taxation des entreprises qu’ils jugent trop élevée. Rien de tel. L’indigné n’est autre que Gilles Vanderpooten, co-auteur avec Stéphane Hessel de "Engagez-vous !", un livre d’entretiens réalisé avant le fameux "Indignez-vous" qui s’est vendu à plusieurs millions d’exemplaires.

    L’entrepreneur s'appelle Philippe Hayat. Il est polytechnicien, diplômé de l’Essec et auteur de "Entreprenez ! A l’indignation, préférez l’action", réponse cinglante à Stéphane Hessel. D’où l’idée de Jeanne Dussueil, journaliste à Challenges.fr, de faire dialoguer les deux auteurs. Notre consoeur ne prend pas partie mais se contente de les mettre en présence au cours d’un entretien sous les ors d’un hôtel particulier parisien.

    "S’indigner c’est se contenter de reporter la faute sur autrui"

    D’emblée, Philippe Hayat attaque en racontant comment il a été choqué de voir des gamins de 15 ans déserter les cours pour aller manifester pour leur retraite. "J’étais triste de voir qu’à un âge où ils auraient dû avoir envie de dévorer le monde, ils pensaient à leur retraite." D’où son reproche à Stéphane Hessel : "appeler les jeunes à s’indigner, et après ? Rien. S’indigner c’est se contenter de reporter la faute sur autrui." Au contraire, pour Gilles Vanderpooten, l’indignation est le premier mouvement, celui qui précède l’action. C’est une émotion nécessaire qui permet d’identifier quelque chose qui ne convient pas. Mais ensuite, il faut s’engager pour apporter des réponses.

    L’ouvrage aborde ensuite d’autres thèmes (financiarisation, taxe, politisation) sur lesquels les deux débatteurs sont finalement moins opposés qu’on ne pourrait le croire. Il s’achève par un petit jeu sous forme de test "et vous, comment allez-vous changer le monde ?" Ce petit livre permet d’éviter les frustrations inévitables que le lecteur peut ressentir à la lecture du seul opuscule de Hessel-Vanderpooten ou du livre de Hayat en s’étonnant que les auteurs n’aient pas mentionné tel ou tel aspect de la question. L’ensemble est réjouissant, instructif et facile (trop ?) à lire. Bref, à méditer et à faire circuler...

    L’entrepreneur et l’indigné, deux façons de changer le monde : Philippe Hayat et Gilles Vanderpooten. Entretiens avec Jeanne Dussueil, journaliste à Challenges. Editions Ellipses. 78 pages, 4,50 euros.


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  • Accueil > Société > Urgences psy : "Mieux vaut un infarctus qu'une dépression"

    Urgences psy : "Mieux vaut un infarctus qu'une dépression"

    Créé le 10-10-2012 à 09h42 - Mis à jour à 16h46  
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    REPORTAGE. A l'occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, "Le Nouvel Observateur" a poussé la porte des urgences psychiatriques pour comprendre les préjugés qui demeurent sur ces maux mal connus.

     

    L'accueil des urgences de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. (A.S - Le Nouvel Observateur)

    L'accueil des urgences de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. (A.S - Le Nouvel Observateur)
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    "Vous savez en quelle année on est ?", demande une infirmière à une vielle femme. Tantôt alignés sur des brancards, tantôt assis, plusieurs dizaines de patients attendent leur prise en charge, ce mardi 9 octobre aux urgences de l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière. Sur l’ensemble des personnes accueillies chaque jour au pavillon Gaston Cordier, une dizaine le sont en raison de troubles psychiatriques. "On voit de tout, explique le docteur Nathalie Girault. De la personne angoissée, au patient déprimé ou schizophène". Car les passages aux urgences sont autant de parenthèses, plus ou moins longues, dans des vies que l'on parvient de mieux en mieux à rendre "presque normales".

    Energique, souriante, la psychiatre s’affaire sans cesse, s’efforce de rester zen malgré les trop nombreuses sollicitations de son smartphone pour d'autres avis médicaux. "Ici, nous avons un box sécurisé pour les patients présentant des troubles du comportement", explique-t-elle en pointant du doigt l'une des nombreuses petites pièces numérotées qui s'alignent de chaque côté de la salle d'attente. La femme qui attend la visite du docteur Girault, elle, est parfaitement calme. Proche de la soixantaine, venue avec sa mère, celle qu'on appellera Catherine (1) a été adressée aux urgences par son généraliste en raison de son anxiété.

    Comme c’est le cas pour chaque patient, une infirmière d'accueil et d'orientation s’est entretenue une vingtaine de minutes avec elle et a renseigné un formulaire, classé selon un code couleur en fonction de l'urgence du cas. "Quand la demande concerne la psychiatrie, on est prévenus par fax ou par téléphone", explique le médecin. La malade, déjà sous traitement, ressortira de l'entretien avec la prescription d'une dose d’antidépresseurs plus importante. "L’urgence était relative", juge le docteur Girault, dont la tâche consiste à "distinguer ce qui est grave de ce qui l'est moins. Si le cas est sérieux, la personne ne rentre pas chez elle".

    "Le plus grand hôpital psychiatrique qui existe, c'est la rue"

    Le malade peut demander son hospitalisation lui-même, mais aussi être admis au service psychiatrie à la demande d'un tiers ou sur décision du préfet. Dans un avis rendu en 2008 (2), la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) notait que le recours à l'hospitalisation sous contrainte semblait, en France, "plus important que dans des pays comparables". Ce choix "très encadré" relève d'"une volonté de soigner ou non les patients qui ont des troubles, justifie le docteur Girault. Il faut écarter au maximum le risque qu'ils ne soient pas suivis".

    Catherine, elle, regagnera son domicile dans la journée, à l’instar de la plupart des patients reçus en consultation d’urgence. Avec 50 lits d'hospitalisation, et une longue liste d'attente, au service psychiatrie de la Pitié-Salpêtrière comme ailleurs, "le nombre de places d'accueil est très réduit", déplore Philippe Charrier, le président de l’Union nationale des familles et amis de personnes malades et /ou handicapées psychiques. "Il y a peut-être moins de lits qu'auparavant", admet le docteur Girault, qui exerce en psychiatrie depuis 15 ans. Evolution selon elle contrebalancée par des meilleures conditions d’accueil et l’avancée des traitements médicamenteux : les patients sont gardés moins longtemps. Du moins ceux qui bénéficient d’une prise en charge. Car "le plus grand hôpital psychiatrique qui existe, c'est la rue : on considère que la moitié des sans domicile fixe ont des problèmes mentaux. Quand 30% de la population carcérale est concernée", souligne Philippe Charrier.

    "Je vais me foutre par la fenêtre, j'aurai la paix"

    Loin de la rue ou de la prison, on imaginerait plutôt croiser Marie au détour d’un nouveau lieu branché de la capitale. Plutôt apprêtée, perchée sur des hauts talons, l’étudiante d’une vingtaine d’années se présente aux urgences en milieu d’après-midi. Reçue par le docteur Girault, la jeune fille, rendue lunaire par l’absorption de cachets, peine à trouver ses mots. Elle expose un contexte familial et affectif instable, ces violences dont elle aurait été victime, ses multiples tentatives de suicides et ses séjours récurrents en psychiatrie, dont le dernier remonte à quelques jours. "Je me sens pas bien, je suis à bout, je ne peux plus dormir, plus manger et personne ne veut m'aider". Puis, entre deux sanglots : "Je vais me foutre par la fenêtre, j'aurai la paix, enfin".

    Comme la grande majorité des malades psychiatriques, c’est sur sa propre tempe que Marie braque son arme. "Il y a peu de psychotiques dangereux", observe le docteur Girault. "Mais face à des comportements imprévisibles, les gens angoissent et fantasment la violence". Un constat partagé par la CNCDH : "Il suffit d'un drame isolé pour que la société française ait peur du fou" (3). "Fou dangereux"… et "fou honteux". La sémantique contemporaine se veut le reflet d’une évolution des mentalités. Les malades ne sont désormais plus "internés", mais pudiquement "hospitalisés". Des précautions de forme auxquelles la réalité semble rester sourde. "Encore aujourd'hui, il vaut mieux faire un infarctus qu'une dépression, synonyme de faiblesse pour encore trop de monde, résume le docteur Girault. Etre hospitalisé en psychiatrie reste perçu comme honteux". Or les malades sont loin de faire exception ! Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 350 millions de personnes dans le monde souffrent de dépression. Dans l’hexagone, "on peut estimer à 20% la proportion de la population dont la santé mentale est affectée", selon la CNCDH (4).

    "Ces troubles ne sont plus une fatalité"

    Marie est finalement adressée en ambulance au centre médico-psychologique dont elle dépend. A l’issue de son entretien avec la psychiatre, les sanglots ne cessent pas, tandis qu’elle se recroqueville en position fœtale sur sa chaise. Dossier de la patiente en main, le docteur Girault échange, l’espace de quelques secondes, des banalités avec ses collègues. A côtoyer larmes et désespoir au quotidien, comment ne souffre-t-on pas soi-même ? "Même si je comprends sa souffrance, je ne souffre pas avec le patient et je sais que je vais pouvoir l'aider. C’est très positif".

    Aucun malade n'attend encore d’être pris en charge aux urgences. Le docteur s’apprête à quitter le bâtiment Gaston Cordier pour s’en retourner au service psychiatrie de l’hôpital, où l’attendent d’autres patients. "J'ai toujours été fascinée par le comportement humain et ses dérèglements, et sensible à la souffrance des gens déprimés. Aujourd’hui, ces troubles ne sont plus une fatalité : on peut être schizophrène et avoir un travail, des enfants." Une vie presque normale en somme.

    Audrey Salor - Le Nouvel Observateur

    (1) Les prénoms ont été modifiés

    (2), (3), (4) Avis sur la maladie mentale et les droits de l’homme adopté 12 juin 2008

    • A LIRE AUSSI : "Le retour des électrochocs", dans "le Nouvel Observateur" du 11 octobre.

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  • Une étude démontre que les jeux vidéo violents rendent plus agressif

    L'Expansion.com avec AFP - publié le 10/10/2012 à 16:54  
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    Des chercheurs de l'Université de Grenoble ont étudié les conséquences d'une exposition répétée à des jeux vidéo violents sur l'agressivité. Le résultat montre une hausse de l'agressivité, qui augmente avec le temps.

    JEU VIDEO. Les jeux vidéo violents comportent des risques dans certaines circonstances.

    JEU VIDEO. Les jeux vidéo violents comportent des risques dans certaines circonstances.
    REUTERS/Fred Prouser

    Les jeux vidéo violents rendent agressifs et leurs effets sur le comportement varient avec le temps, selon une étude réalisée en laboratoire par des chercheurs de l'Université de Grenoble, consultée mercredi par l'AFP. Menée en collaboration avec les Université de Hohenheim (Allemagne) et de l'Etat de l'Ohio (Etats-Unis), cette étude doit être publiée dans le prochain numéro de la revue scientifique américaine Journal of Experimental Social Psychology.

    "C'est la première au monde qui étudie de manière expérimentale les effets à long terme des jeux vidéo violents", a indiqué à l'AFP Laurent Bègue, professeur à l'Université Pierre Mendès-France de Grenoble. Des études antérieures avaient déjà montré que les jeux vidéo violents causaient une augmentation immédiate et de courte durée de l'agressivité. Les expériences menées en laboratoire à l'Université de Grenoble ont permis de montrer que ces effets étaient "cumulatifs" et qu'ils pouvaient être "relativement durables", selon la conclusion de l'article.

    Chaque jour pendant trois jours, 70 étudiants des deux sexes ont joué pendant 20 minutes à des jeux vidéo, qui étaient soit violents soit non violents. Pour mesurer leurs pensées hostiles, on leur demandait ensuite de lire une histoire, mettant en scène une situation de conflit potentiel (comme un accident de voiture), et d'imaginer la réaction des protagonistes de cette histoire. Les étudiants ayant joué à un jeu vidéo violent s'attendaient alors à ce que les protagonistes adoptent un comportement plus hostile et agressif que ceux ayant joué à un jeu non violent. Les mêmes étudiants étaient ensuite amenés à participer à une compétition les opposant à un autre candidat, qu'ils pouvaient punir en lui infligeant un choc sonore. Lorsqu'ils avaient joué à un jeu violent, les étudiants faisaient plus de mal à leur adversaire.

    Dans les deux cas, la tendance constatée le premier jour s'accentuait les jours suivants. Plus les étudiants jouaient à des jeux violents et plus leurs pensées hostiles et leurs conduites agressives augmentaient.

    "Aujourd'hui en France, le scepticisme est constant" quant à l'impact des jeux vidéo violents sur l'agressivité, remarque Laurent Bègue, car "les effets des jeux vidéos violents ne sont pas suffisamment manifestes pour qu'on s'en rende compte à l'oeil nu". Or, "c'est un facteur de violence avéré qui ne peut pas être négligé, même s'il ne faut pas s'en servir pour masquer d'autres sources de violence plus importantes", ajoute-t-il.


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  • <header class="article_header">

    Le Sénat interdit le bisphénol A interdit dans les contenants alimentaires

    Par , publié le <time datetime="2012-10-09 20:44:00" itemprop="datePublished" pubdate="">09/10/2012 à 20:44</time><time datetime="2012-10-09 20:44:00" itemprop="dateModified">, mis à jour à 20:44    </time>
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    Les Sages ont aussi adopté, contre l'avis du gouvernement, deux amendements interdisant tous les dispositifs médicaux destinés aux bébés et femmes enceintes contenant d'autres perturbateurs endocriniens et substances cancérogènes. 

    <aside class="toolbar">
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    </aside> <figure class="ouverture"> Le Sénat interdit le bisphénol A interdit dans les contenants alimentaires <figcaption>

    SANTE - L'Assemblée nationale avait déjà voté, à l'unanimité, la proposition de loi du député PS Gérard Bapt sur le bisphénol A, il y près d'un an.

    afp.com/Dylan Calves

    </figcaption> </figure> </header>

    La France a fait mardi un pas de géant vers l'interdiction générale du bisphénol A dans les contenants alimentaires. Le Sénat a voté à l'unanimité, en première lecture, une proposition de loi en ce sens. 

    Mais il a été plus loin que prévu par le gouvernement en adoptant une mesure d'interdiction, à partir du 1er juillet 2015, de tous les dispositifs médicaux contenant non seulement du bisphénol mais aussi tout autre perturbateur endocrinien et substance cancérogène, destinés aux bébés et femmes enceintes. Il a adopté, contre l'avis du gouvernement, deux amendements en ce sens, l'un de la sénatrice UMP et ancienne ministre Chantal Jouanno et l'autre du sénateur RDSE (à majorité radicaux de gauche) Gilbert Barbier. 

    Le groupe socialiste, très embarrassé, a demandé une suspension de séance avant de se rallier aux amendements. 

    Fragilité de la majorité de gauche

    Le gouvernement a également été mis en minorité sur un autre amendement de M. Barbier, repoussant l'entrée en vigueur de l'interdiction générale du bisphénol A dans les contenants alimentaires du 1er janvier 2014 au 1er juillet 2015. La commission des affaires sociales du Sénat avait voté un report jusqu'au 1er janvier 2015 mais là encore les sénateurs ont voulu se faire entendre. 

    Le Sénat a toutefois maintenu l'interdiction du BPA dès 2013 pour les contenant destinés aux enfants de moins de 3 ans. 

    Ces votes traduisent la fragilité de la majorité de gauche au Sénat qui ne devance que de 6 voix la droite et qui donne en conséquence un rôle d'arbitre pour les petits groupes comme le RDSE ou le CRC (communistes). 

    L'Assemblée nationale avait déjà voté, à l'unanimité, cette proposition de loi du député PS Gérard Bapt, il y près d'un an, le 12 octobre 2011, mais elle n'avait pas ensuite été inscrite aux travaux du Sénat lors de la précédente législature. 

    La proposition de loi de "suspension de la fabrication, de l'importation, de l'exportation et de la mise sur le marché de tout conditionnement à vocation alimentaire contenant du bisphénol A" (BPA) reprend ainsi son parcours parlementaire. 

    La France pionnière

    "La France sera le premier pays au monde à adopter une mesure aussi générale", a souligné la rapporteure Patricia Schillinger (PS). La France a déjà, en juillet 2010, à l'initiative d'une proposition de loi sénatoriale, suspendu la commercialisation des biberons au BPA, mesure étendue à toute l'Union européenne en janvier 2011 par une directive européenne. 

    Le bisphénol A, composant chimique très répandu, se trouve dans les revêtements plastiques internes de canettes et boîtes de conserve, ainsi que dans certaines bouteilles en plastique et dans des composites dentaires. 

    Aline Archimbaud a longuement exposé la liste des composants et emballages alternatifs possibles, et a rappelé "que le BPA est un perturbateur endocrinien, (..) cancérigène" et "neurotoxique", . De nombreuses études ont en effet montré ses dangers et en 2011 un rapport de l'Agence de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) avait jugé nécessaire de le remplacer "sans tarder". 

    "Face à de telles incertitudes, il serait irresponsable de ne pas appliquer strictement le principe de précaution", a déclaré la ministre de la Santé Marisol Touraine en défendant le texte. "Nous ne pouvons pas laisser faire", a-t-elle dit. 

    La proposition de loi Bapt prévoit également d'étiqueter les conditionnements alimentaires comportant du BPA pour les déconseiller aux femmes enceintes, allaitantes et enfants de moins de trois ans. Les sénateurs ont réclamé au gouvernement des avertissements lisibles, jugeant que par exemple les pictogrammes mettant en garde contre l'alcool étaient peu efficaces. 

    Le texte va maintenant repartir pour une deuxième lecture à l'Assemblée nationale 

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    "Homo numericus" cherche chaleur humaine

    LE MONDE | <time datetime="2012-10-09T12:59:59+02:00" itemprop="datePublished">09.10.2012 à 12h59    </time>
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    <figure class="illustration_haut"> Le principe du mouvement Meetup est simple : on identifie grâce à Internet des personnes qui nous intéressent et on se donne rendez-vous dans la vie réelle. </figure>

    Bip. Tiens, un SMS reçu. Le cerveau enregistre, hésite. Les yeux regardent l'enfant au parc, le copain au café, les amis au resto... Le cerveau se ravise, ce n'est pas le moment, ce n'est pas poli. Et puis non. La main cherche le smartphone. Le regard suit. Le message est lu. Et les doigts pianotent une réponse. Comme par réflexe.

    Cela vous semble familier ? Vous êtes loin d'être seul. Plus de sept personnes sur dix déclarent ne pas résister alors même qu'ils sont en compagnie, hors de chez eux. Portables en main, ils reconnaissent, "consulter et envoyer des SMS" (33 %) "ou des mails" (15 %), "téléphoner" (36 %), "aller sur des réseaux sociaux" (9 %) ou encore "jouer" (5 %), selon l'Observatoire annuel des modes de vie Ipsos, vague 2012 (4 500 personnes de 15 à 75 ans interrogées, plusieurs réponses possibles).

    Il suffit de marcher dans la rue, d'entrer dans un bar ou d'avoir des ados à table, le portable maladroitement dissimulé sur les cuisses, pour constater que nous sommes de plus en plus connectés à nos e-amis, e-collègues, e-vies et que nous dérapons souvent, enfermés dans notre e-bulle, au point d'en oublier les humains alentour.

    Le syndrome est mondial, directement lié au taux de pénétration des smartphones. Véritable tentation ambulante arrivée dans nos vies en 2008, ces mini-ordinateurs de poche représentent désormais 70 % des achats de téléphones dans l'Hexagone. Selon les chiffres d'août du cabinet comScore, 49 % des Français de plus de 13 ans en possèdent un (ce n'était que 37 % en décembre 2011 et 21 % en janvier 2011). Mais aussi 50 % des Américains, 54 % des Canadiens et même 61 % des Espagnols.

    COUPÉS DU MONDE

    L'augmentation régulière des convertis fait cohabiter dans nos sociétés des générations d'usagers à différents stades de maturation. "Les nouveaux adeptes sont fascinés par la connexion en temps réel, l'accès aux mails et aux tweets. Cela devient vite addictif, remarque Rémy Oudghiri, directeur du département tendances d'Ipsos. Les mêmes, un peu plus tard, ne se rendent plus compte qu'ils sont dépendants et que cela les coupe du monde."

    Aux Etats-Unis, la psychologue Sherry Turkle, professeure au MIT (Massachusetts Institute of Technology), enchaîne les conférences après la parution de son ouvrage Alone Together sous-titré Why we expect more from technology and less from each other ("Seul ensemble : Pourquoi nous attendons plus de la technologie et moins des autres", éd. Basic Books, 2011, non traduit).

    Même les sociétés numériques sonnent l'alarme. En Thaïlande, l'opérateur Dtac pointe du doigt, dans une publicité, un père sur le canapé du salon, plus absorbé par son BlackBerry que par sa fille dessinant à ses pieds. Aux Etats-Unis, Windows a fait un tabac en osant la dérision. Un message, lu par une voix off, défile sur un écran : "Je ne crois pas que les ordinateurs rendent la vie plus facile. (...) Je mentirais en disant que se connecter avec les gens auxquels je tiens ne me demande pas d'effort et que ma créativité est florissante..."

    L'industrie du numérique dégaine donc le principe de précaution par peur de rejoindre les industries agroalimentaires et du tabac, allées trop loin dans l'apport calorique ou la toxicité, et désormais obligées par la loi d'apposer sur leurs produits des slogans tels que "manger, boire [ou] fumer tue".

    Alors qu'il y a deux ans, certains usagers prônaient la "déconnexion", option assez brutale pour gérer leurs relations ambivalentes avec les technologies mobiles, des approches plus subtiles sont désormais tentées un peu partout dans le monde pour réintroduire une dose d'humain dans nos vies numériques.

    RENDEZ-VOUS DANS LA VIE RÉELLE

    Ainsi, le mouvement Meetup (11,1 millions de membres dans 45 000 villes), apparu à l'initiative du New-Yorkais Scott Heiferman. Le principe est simple : on identifie grâce à Internet des personnes (musiciens, cyclistes, lecteurs, geeks, expatriés...) qui nous intéressent et... on se donne rendez-vous dans la vie réelle. En ligne sur Meetup.com, photos à l'appui, les groupes constitués sont visibles (des fans de Zumba à Singapour, un groupe de conversation franco-anglaise à Paris, etc.).

    Plus de 10 000 rendez-vous ont ainsi lieu chaque jour dans des bars, jardins, restaurants, sur l'eau, dans les airs... Pour les amoureux de la langue de Molière, le planisphère de French.meetup.com visualise ainsi les 521 groupes constitués dans 280 villes partout dans le monde qui souhaitent se retrouver pour parler français ensemble. Dans le même esprit, une multitude de communautés numériques locales émergent, comme Groupspaces, création londonienne d'Andy Young and David Langer (5 millions de membres dans 80 pays), SocialGO, Ning, Wall.fm, etc. Retour de balancier classique après un trop-plein de vie virtuelle ? "Les internautes tentent désormais des solutions pour concilier le meilleur des deux mondes, numérique et réel", note Rémy Oudghiri.

    Autre initiative futée : utiliser le temps du repas pour créer de la convivialité. Le site Grubwithus (littéralement : "faisons-nous une bouffe") a été imaginé par deux Californiens exilés à Chicago et désespérés de ne pas trouver d'amis chez qui manger. Des dizaines de milliers d'internautes sont désormais inscrits et peuvent par exemple assister à un "dîner juste entre filles" à New York le 11 octobre pour 29 dollars ou tenter le "fun with fondue" du 17 octobre à San Francisco pour 34 dollars. Le ou la cuisinière fixe un prix, que l'on règle en ligne.

    Comme le résume le site, "Tout est payé, allez-y, mangez et socialisez !" Seul prérequis : se débarrasser de tout écran pour y participer... même lorsqu'on s'échappe aux toilettes. Car la planque est désormais connue : Ipsos a identifié que six personnes sur dix reconnaissent se servir "de temps en temps" des lieux d'aisances... pour se connecter.

    Lire aussi notre entretien avec Sherry Turkle : Par SMS, nous trichons avec nous-mêmes

    </article> Apple et Zappos, pros du marketing humain

    L'aspiration de l'Homo numéricus à plus de chaleur humaine est bien cernée par les entreprises expertes en marketing. En bons disciples de Steve Jobs, "les vendeurs des Apple Stores ne sont pas formés pour vendre mais pour être en disposition d'écoute désintéressée et en empathie avec les clients selon le document de formation interne révélé fin août par le site gizmodo.com", note l'expert en marketing Jean-Marc Megnin. Car un client écouté est un client heureux qui reviendra et achètera sans qu'on le lui demande expressément. Même inspiration pour Zappos.com, numéro un mondial de la vente de chaussures en ligne. Les internautes ont 365 jours pour rendre une paire et les conseillères téléphoniques ne sont pas chronométrées. Elles répondent, sans ânonner des phrases stéréotypées sorties d'un guide "contact-client". Le best-seller du fondateur, Tony Hsieh, Delivering Happiness, est devenu un mouvement mondial à visée humanitaire (deliveringhappIness.org).


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