• SYRIE Le calvaire de la jeune Zainab, une histoire qui terrorise les Syriennes

    Le calvaire de la jeune Zainab, une histoire qui terrorise les Syriennes

     
    Zainab al-Hosni avait 18 ans. Selon Amnesty International, elle a été retrouvée décapitée, démembrée et la peau arrachée après avoir été détenue par les forces de sécurité syriennes. Elle serait la première femme tuée en détention depuis le début du mouvement de contestation qui agite le pays depuis le 15 mars. L'une de nos Observatrices à Homs, la ville où vivait la jeune femme, nous raconte comment cette histoire sordide a bouleversé les habitantes et révolté les manifestants.
     
     
    D'après Amnesty International, qui a pu joindre des personnes proches de la victime, Zainab al-Hosni a été enlevée en juillet dernier par des hommes soupçonnés de faire partie des forces de sécurité syriennes. L’objectif était de faire pression sur un de ses frères Mohammed, un opposant au régime de Bachar al-Assad, afin qu’il se rende aux autorités. Toujours selon l’organisation, le frère de Zainab a finalement été arrêté quelques jours plus tard et serait lui aussi mort en détention. Il y a deux semaines quand, à la demande des autorités, ses parents sont venus récupérer le corps de leur fils à la morgue, les forces de sécurité syriennes leur ont également rendu le corps mutilé de leur fille. Ils l’ont enterrée le 17 septembre.
     
     
    Les funérailles de Zainab al-Hosni. Vidéo postée sur YouTube par SHANSNN.
     
    Depuis, des images présentées comme celles du corps de Zainab ont circulé sur Internet et provoqué la colère des manifestants anti-régime qui ont donné à la jeune femme le surnom de "la fleur de la Syrie" (étant donnée la violence de ces images, FRANCE 24 a décidé de ne pas les diffuser).
     
     
     Sur cette vidéo, un homme qui se présente comme un autre frère de Zainab explique les circonstances du calvaire de sa sœur.
     
    Selon Amnesty International, au total 103 personnes sont décédées en détention depuis le début de la contestation.
     
     
    Contributeurs

    "Je ne sortirai probablement plus du tout"

    Mona (pseudonyme) est une de nos Observatrices à Homs.
     
    J’ai entendu parler du meurtre de Zainab pour la première fois la semaine dernière. Au début, les gens pensaient que ce n’était qu’une rumeur mais, ensuite, on a vu les images des funérailles ainsi que les vidéos de son corps mutilé. J’ai été très choquée. J’ai mis plus d’une heure à me remettre de ce que j’avais vu. Ce qu’ils lui ont fait est absolument inhumain. Nous savions que des femmes se faisaient violer mais nous ne pouvions pas imaginer que les forces de sécurité aillent aussi loin dans la cruauté,  qu’ils puissent détruire un corps à ce point.
     
    Pourtant, sa mort n’a en rien démotivé les manifestants. Les hommes sont plus en colère que jamais. Mais pour les femmes, c’est terriblement décourageant.
     
    Des corps mutilés nous en avions déjà vus, mais jamais ceux d’une femme. La plupart des familles ne laisseront plus les filles sortir de leur maison par peur qu’elles ne se fassent kidnapper. Personnellement, je reste chez moi depuis quatre mois. Je ne vais plus à l’université. Je ne sors qu’en voiture, jamais à pied. Mais maintenant, je m’attends au pire – je ne sortirai probablement plus du tout. 
     
    Nous entendons tellement d’histoires sordides de filles enlevées et violées. Certaines sont gardées en détention, d’autres renvoyées à leur famille. On dit qu’ils ciblent certaines femmes pour punir leur frère ou leur père d’avoir manifesté ou même pour punir tout le voisinage. Ils savent que le quartier aura du mal à s’en remettre. C’est leur façon à eux de nous faire peur."
     

    "Nous nous sommes organisés pour surveiller les femmes quand elles vont dans le centre-ville"

    Freesyria (pseudonyme) est un activiste qui vit à Homs.  
     
    À Homs, les gens ont peur. Nous avons demandé aux femmes de ne sortir qu’accompagnées et jamais la nuit. Nous nous sommes organisés pour que certains d’entre nous les surveillent quand elles vont dans le centre-ville la journée. Ces derniers mois, certains manifestants ont acheté des armes. Si les services de renseignement s’attaquaient de nouveau aux femmes, nous serions prêts à répliquer. Malgré la peur, nous continuerons à manifester."
     
     
    Billet écrit avec la collaboration de Gaëlle Faure, journaliste à FRANCE 24.

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