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    Justice

    2 mois avec sursis requis contre Christian Bourquin

    Le 9/12/2011 à 06h00 par Laure Moysset | Mis à jour à 07h51

     Christian Bourquin a été, hier, vertement tancé par le procureur Christian Lagarde.

    Christian Bourquin a été, hier, vertement tancé par le procureur Christian Lagarde.

    "Cette démarche est totalement injuste et invraisemblable. Je n'ai rien confié à Pascal Provencel. Je n'ai recommandé personne". Douze ans après les faits, Christian Bourquin, ex-président du Conseil général des P.-O., a campé sur ses positions hier à la barre du tribunal correctionnel de Bordeaux. Un procès dépaysé en Gironde à la demande des prévenus "dans un souhait de sérénité", loin de "l'effervescence médiatique du pays catalan". Et pourtant...

    On n'enlève pas l'histoire de son territoire. Christian Bourquin est jugé dans le cadre de l'affaire Synthèse pour favoritisme aux côtés de Jean-Pierre Lanotte, son ancien directeur des affaires financières et Pierre Bolte, responsable du service des achats, marchés, domaines et assurances. En clair : pour avoir procuré un avantage injustifié et avoir permis d'obtenir un marché public de communication en juillet 1999 en transgressant les dispositions légales au profit de Synthèse. Son patron, Pascal Provencel, militant socialiste et amis du président, étant poursuivi pour "recel de favoritisme".

    "Sur instruction"

    "Je suis un politique, le dossier a été géré par l'administration. En 1998, il y avait un travail énorme, l'institution était à terre...» retrace l'élu Christian Bourquin (défendu par Me Meric) en détaillant la volonté de "vendre les P.-O ." à cette époque et de jouer la "transparence", coupé dans son élan par la présidente du tribunal. Comme Pascal Provencel (Me Gauer), rétorquant d'emblée d'un ton sec et quelque peu agacé : "J'ai répondu à un appel d'offres tout simplement. Je n'ai rien d'autre à dire. C'est hallucinant de niaiserie".

    "J'étais chargé de mettre en place ce marché et j'ai contacté M. Provencel pour qu'il m'explique comment cela fonctionnait" précise plus calmement Pierre Bolte, représenté par Me Blein. Un simple "exécutant", qui aurait agi "sur instructions" à l'instar de Jean-Pierre Lanotte, défendu par Me Nicolau. "Les infractions reprochées sont établies" riposte le procureur. "Ce marché était une nécessité pour Synthèse. Il a d'ailleurs contribué à son essor avec une augmentation de l'activité de 243 % en 1999. Ce marché a été préparé et n'a été mis en place que pour bénéficier à Synthèse. Christian Bourquin ne saurait se cacher derrière les orientations qu'il avait fixées. La communication c'était le domaine réservé du cabinet". Et de requérir une peine de deux mois de prison "sans s'opposer au sursis" contre Christian Bourquin sur qui "la commission du délit repose entièrement" ; deux mois avec sursis contre Pascal Provencel ; 5 000 € d'amende avec sursis contre Pierre Bolte et 3 000 € d'amende avec sursis contre Jean-Pierre Lanotte.

    "Une véritable cabale"

    Tour à tour, les avocats de la défense ont alors plaidé la relaxe au nom de leurs clients qui réclament leur honneur. "Amers, tristes, traînés dans la boue, marqués et meurtris" par douze ans de procédure "dont on ne sort pas indemne". "Aucune intention de commettre un délit", "pas de privilèges", "ni de bénéfices", "aucune trace de soupçons", "aucun texte de loi pour punir le marché de régularisation"... ; pour tous, "le choix de Synthèse par le Conseil général était totalement injustifié". "Il s'agit surtout d'actes de malveillance, d'une véritable cabale pour régler des comptes avec le Conseil général", concluaient-ils. Laissant planer sur cette audience l'ombre de Bruno Delmas l'ex-directeur de cabinet de Christian Bourquin. Pour eux, "l'homme qui a trahi". Délibéré le 12 janvier prochain.


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