• <article class="article article_normal" itemscope="" itemtype="http://schema.org/NewsArticle">

    Les immolations et les manifestations continuent dans les régions tibétaines

    LE MONDE | <time datetime="2012-03-20T12:39:06+01:00" itemprop="datePublished">20.03.2012 à 12h39</time> • Mis à jour le <time datetime="2012-03-20T22:07:01+01:00" itemprop="dateModified">20.03.2012 à 22h07</time>

     
     
    <figure class="illustration_haut"> Portraits de Tibétains qui se sont immolés par le feu, à  McLeod Ganj, en Inde. </figure>

    Rien ne filtre dans les médias locaux et la population chinoise ignore ce qui se passe à Rebkong (Tongren en chinois), petite ville tibétaine au commencement des hauts plateaux, à quelque 200 km au sud de Xining, la capitale de l'immense province du Qinghai. Seuls les riverains de la route qui longe le fleuve Jaune avant d'atteindre ce centre renommé de thangkas, les peintures religieuses tibétaines, ont pu voir les convois de camions militaires frappés des slogans d'usage ("Maintenir la solidarité entre nationalités! Soutenir la direction du parti!"), les bus remplis de soldats et les blindés anti-émeutes.

    Ce silence imposé a lieu alors que les événements de Rebkong montrent que la crise dans les régions tibétaines est en train de se généraliser. En quelques jours la semaine dernière, la petite ville a connu des manifestations de collégiens, l'immolation par le feu d'un moine de 34 ans, Jamyang Palden, au grand monastère de Rongwo gönchen mercredi 14 mars. Puis celle, samedi 17, d'un agriculteur de 43 ans, père de trois enfants. Ce jour-là, plusieurs milliers de moines, d'étudiants et d'habitants ont manifesté tandis que le corps du défunt, méconnaissable, était disposé sur la grande place Drolma thangchen au milieu de portraits du dalaï-lama. C'est le trentième Tibétain à s'être immolé par le feu depuis 2009. Au moins 20 n'ont pas survécu.

    Hommage des moines de Rongwo à Jamyang Palden après son immolation :

    lien

    Si un sentiment aigu de détresse est perceptible, on sent aussi une forte solidarité, exprimée par les intellectuels tibétains rencontrés à Xining, très fragilisés par la persécution brutale dont ils sont l'objet depuis 2008. C'est l'ensemble de la société tibétaine qui semble aujourd'hui soudée contre un arsenal de mesures punitives. "Ces immolations sont extrêmement douloureuses. Ça me fait mal, mais c'est une manière pour les moines de défendre leurs droits et leur dignité", explique une intellectuelle tibétaine de Xining.

    TENTATIVE D'ORGANISATION DE CÉRÉMONIES SECRÈTES

    Comme dans les autres foyers de tension des régions tibétaines, le monastère de Rongwo gönchen était désigné par les Chinois comme potentiellement "rebelle". Des incidents avaient eu lieu dès février 2008, au tout début du soulèvement généralisé, suivis par des arrestations puis de nouvelles manifestations afin de réclamer la libération des moines considérés comme injustement ciblés.

    Cette année, plusieurs monastères, dont Rongwo, ont tenté d'organiser des cérémonies secrètes pour célébrer, le 10 mars, l'anniversaire du soulèvement de Lhassa en 1959, qui avait précédé la fuite en exil en Inde du dalaï-lama, chef spirituel des Tibétains. Ont-elles entraîné des mesures de représailles qui ont poussé Jamyang Palden à s'immoler? Ailleurs, à Tongde, un peu plus au nord de Rebkong, près d'un millier de Tibétains ont manifesté le 16 mars afin de demander la libération de moines arrêtés la veille pour avoir hissé un drapeau tibétain, tandis qu'une autre confrontation tendue dans l'est du Tibet, entre moines et militaires, a suivi une commémoration interdite du 10 mars par les moines.

    Le contexte de reprise en main des monastères "rebelles" les place sur la ligne de front de la bataille menée par Pékin contre l'influence du dalaï-lama. La nouvelle stratégie mise en place depuis 2010 vise à noyauter les comités de gestion des monastères en y plaçant des cadres et des policiers.

    "LES CHINOIS SONT EN TRAIN DE DÉFAIRE CE QU'ILS ONT CONSTRUIT"

    Samedi 17 mars, dans un des grands monastères qui surplombent le fleuve Jaune, à une cinquantaine de kilomètres de Rebkong, trois voitures de police sont visibles. "Ouvrez les yeux. Ne parlez pas trop", conseille un moine revenu d'Inde en 2011 pour des raisons familiales. Il souffre, dit-il, du manque de liberté et du fait que personne n'ose s'exprimer dans le monastère.Un autre moine a mis en place, depuis plusieurs années, un système d'enseignement du tibétain pour les enfants d'un comté voisin afin de compenser le manque d'écoles en tibétain. Il est très surveillé et doit agir discrètement, pour ne pas être accusé "d'endoctriner" les enfants.

    La mobilisation des jeunes collégiens de Rebkong et de deux autres comtés proches, Tsekhog et Kangtsa, en mars, n'étonne personne. Ils avaient déjà manifesté en octobre 2010 après l'annonce par les autorités du Qinghai que l'enseignement en tibétain devait céder le pas à celui en chinois. L'adoption de ces mesures avait alors été repoussée.

    Manifestation de collégien le 14 mars à Rebkong :

    Or les collégiens ont découvert à la rentrée en mars que seuls des manuels en chinois étaient disponibles pour l'ensemble des matières. "Le souhait des Tibétains a toujours été de faire leurs études d'abord en tibétain et accessoirement en chinois. Or non seulement cette demande n'a pas été satisfaite, mais plus de matières passent en chinois", explique un intellectuel tibétain de Xining.
    Le Qinghai est le plus grand centre de traduction en tibétain de
    Chine. Mais, aujourd'hui, certains services de traductions spécialisées sont démantelés. "Les Chinois sont en train de défaire ce qu'ils ont construit", déplore cette figure de l'intelligentsia tibétaine locale, consciente de ce qu'avait apporté à la culture tibétaine son désenclavement par le biais de l'ouverture à la Chine et au monde.

    Le désarroi des écoliers tibétains lui fait se remémorer un classique des manuels scolaires chinois et tibétains: La Dernière Classe, d'Alphonse Daudet. "Ce texte m'a toujours marqué et c'est ce que je ressens aujourd'hui", dit-il, au sujet de ce jour de 1871 où l'instituteur Hamel annonce à ses élèves que "l'ordre est venu de Berlin de ne plus enseigner que l'allemand dans les écoles de l'Alsace et de la Lorraine"...

    </article>

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  • Nouvelle immolation d'un moine tibétain dans le Sichuan

    LEMONDE.FR avec AFP | 13.03.12 | 08h22   •  Mis à jour le 13.03.12 | 14h22

    Un moine tibétain dans le Sichuan, le 22 février 2012.

    Un moine tibétain dans le Sichuan, le 22 février 2012.REUTERS/CARLOS BARRIA

    Un jeune moine tibétain s'est immolé par le feu dans le sud-ouest de la Chine. Le bonze, âgé de 18 ans, était originaire du monastère de Kirti, haut lieu de la résistance tibétaine. Il s'est transformé en torche humaine dans la ville d'Aba, dans l'ouest de la province du Sichuan, à forte population tibétaine, a indiqué l'organisation Free Tibet, dont le siège est à Londres. L'immolation, confirmée également par Radio Free Asia, a en revanche été niée par la police locale.

    >> La carte des immolations de Radio Free Asia

    Au moins vingt-six Tibétains, en majorité des moines bouddhistes, se sont immolés par le feu ou ont tenté de le faire en moins d'un an dans les zones tibétaines chinoises.

    De nombreux Tibétains se plaignent de la répression de leur religion et de leur culture et de ce qu'ils considèrent comme une domination grandissante des Han, ethnie fortement majoritaire en Chine. La session annuelle du Parlement chinois se déroule actuellement à Pékin et le pouvoir redoute encore plus d'éventuelles contestations.

    Le mois de mars est aussi un moment sensible pour les Tibétains. Le dalaï-lama, leur chef spirituel, avait en mars 1959 pris le chemin de l'exil, traversant à pied l'Himalaya pour arriver en Inde.

    Et en mars 2008, des manifestations de moines bouddhistes à Lhassa, la capitale du Tibet, à l'occasion du 49e anniversaire du soulèvement et de l'exil du dalaï-lama, avaient dégénéré en émeutes et gagné les provinces voisines à forte population tibétaine.


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  • Pour l'anniversaire du soulèvement de Lhassa, la crise atteint un nouveau paroxysme au Tibet

    LEMONDE.FR | 10.03.12 | 15h24   •  Mis à jour le 10.03.12 | 15h27

     

     

    Une cérémonie à la mémoire des moines tibétains qui se sont immolés par le feu à Dharmsala (Inde), le 8 octobre 2011.

    Une cérémonie à la mémoire des moines tibétains qui se sont immolés par le feu à Dharmsala (Inde), le 8 octobre 2011.AP/ASHWINI BHATIA

    De notre correspondant à Pékin - Désigné comme le Jour du soulèvement national (National Uprising Day) à Dharamsala, dans le nord de l'Inde, où siège le gouvernement tibétain en exil, le 10 mars a chaque année un écho très fort parmi les 6 millions de Tibétains de la Région autonome tibétaine (sous contrôle chinois) et des zones tibétaines des quatre provinces chinoises qui la bordent.

    Cette année, l'anniversaire du soulèvement de 1959, bien sûr tabou en Chine, intervient alors que la crise au Tibet a atteint un nouveau paroxysme. Non seulement les nouveaux médias ont favorisé une diffusion sans précédent d'informations en provenance du "Tibet libre" vers les hauts plateaux tibétains, mais, aux yeux des Tibétains de Chine, le temps presse.

    La première revendication qui ressort des multiples manifestations ou actes récents de vis-à-vis de Pékin est le retour au Tibet du dalaï-lama, et la fin de sa diabolisation par le régime communiste. Le Monde a pu constater, en 2010 et 2011, combien celle-ci est ressentie comme une atteinte à la dignité des Tibétains et à leur identité culturelle et religieuse dans les zones tibétaines du Sichuan et du Qinghai.

    SOULÈVEMENT GÉNÉRALISÉ

    En 2008, c'est le Jour du soulèvement national que les moines du monastère de Drepung, l'un des trois plus grands de Lhassa, ont organisé une marche de protestation en réaction aux mesures de "rééducation patriotique" qui leur avaient été imposées. S'en suivra un soulèvement généralisé à tout le Tibet historique, qui durera plusieurs mois.

    La répression sera féroce : les arrestations et les peines de prison toucheront le clergé comme la population laïque, et une grande partie de l'intelligentsia tibétaine. Elle s'accompagnera d'une double stratégie de reprise en main systématique des monastères et de la population, mais aussi de "subventions" ciblées. Le résultat a été désastreux : les autorités chinoises se sont aujourd'hui aliénés une plus grande partie encore de la population tibétaine, toutes catégories confondues.

    RENFORCEMENT DE LA FIERTÉ D'ÊTRE TIBÉTAIN

    La fierté et la conscience d'être tibétain n'auront cessé de se renforcer ces quatre dernières années : "Les manifestations de 2008 ont renforcé le sentiment d'identité des Tibétains et depuis ils expriment régulièrement leur fierté nationale, explique la tibétologue française Katia Buffetrille qui a fait un long séjour en Amdo fin 2011. Ainsi, on peut voir dans divers lieux en Amdo [actuelle province chinoise du Qinghai] de petits papiers collés aux vitrines des boutiques et appelant à parler une langue pure [au lieu d'être mélangée avec du chinois]."

    "Des manifestations pacifiques ont eu lieu en 2010 à Rebkong [Amdo] contre le projet de supprimer l'enseignement en tibétain dans le secondaire, poursuit-elle. Des initiatives de la société civile sont apparues comme le "mercredi blanc" qui a débuté dans le Tibet oriental et qui est une journée durant laquelle les Tibétains mangent tibétain, s'habillent tibétain, parlent uniquement tibétain. Ce mouvement s'est répandu maintenant parmi les exilés."

    ACCROISSEMENT DES IMMOLATIONS PAR LE FEU

    Cette année, le Jour du Soulèvement National se tient à Dharamsala au milieu de témoignages quotidiens d'actes de résistance et de répression en provenance du Tibet. Pour la première fois, le dalaï-lama n'a pas prononcé d'allocution – il avait annoncé en 2011, pour son dernier discours officiel du 10 mars, qu'il transférait son pouvoir politique à un chef de gouvernement élu.

    En Chine, au Sichuan, mais aussi au Qinghai et au Tibet, la cadence des manifestations et immolations par le feu s'est accélérée depuis le début de l'année 2012, tandis que l'intensification des représailles policières – au moins trois manifestations ont conduit à des morts par balles – ou de mauvais traitements des immolés qui survivent à leurs blessures, comme le moine Lobsang Kunchog, amputé des quatre membres et soumis aux brimades du personnel chinois de l'hôpital où il est traité - alimentent en retour la colère des Tibétains.

    Tout dernièrement, à Rebkong, dans le Qinghai, des collégiens tibétains ont protesté le 7 mars quand ils ont découvert que les manuels scolaires de la rentrée n'étaient qu'en chinois – plusieurs manifestations d'écoliers avaient déjà eu lieu dans la même région en octobre 2010.

    Un jeune homme a été tué par balles le 6 mars dans la préfecture autonome tibétaine de Golog (province du Qinghai), parce qu'il s'est interposé lors de l'arrestation d'un autre Tibétain recherché par la police et accusé d'avoir décroché le drapeau chinois d'un bâtiment officiel le 26 janvier dernier. Le 5 mars, un Tibétain de 18 ans s'est immolé dans la préfecture de Ngaba (Sichuan), soit la 26e immolation par le feu depuis 2009. La veille, une femme de 32 ans, mère de quatre enfants, s'immolait à Ngaba, le lendemain de l'immolation par le feu d'une lycéenne de 19 ans, cette fois à Machu dans le Qinghai.

    SURVIVRE À L'OPPRESSION

    Liées au départ à la persécution du monastère de Kirti, à Ngaba, où les forces armées avaient massacré une dizaine de civils en mars 2008, les immolations de moines (et souvent de moines expulsés des monastères en raison des nouvelles mesures de discipline imposés par le parti), sont devenues un mouvement collectif de protestation : désignées comme des "martyrs" à Dharamsala, les immolés sont des "terroristes" pour le gouvernement chinois.

    A Pékin, la dissidente tibétaine Woeser, placée sous résidence surveillée à l'approche de la date sensible du 10 mars, a pris l'initiative dans une lettre ouverte cosignée par la poétesse tibétaine Gade Tsering et le bouddha vivant Arjia Lobsang, en exil aux Etats-Unis, d'en appeler à cesser les immolations par le feu. Woeser avait été l'une des premières à qualifier les immolations d'actes de résistance. Il est temps, écrit-elle le 7 mars après avoir rendu hommage "au dévouement rare" qui a poussé 26 Tibétains à recourir à cette forme extrême de protestation depuis février 2009, de "chérir sa vie au temps de l'oppression".

    Ces 26 immolations ont clairement exprimé la volonté des Tibétains, dit-elle, or l'expression ne peut être un but en soi : il est temps de "mettre cette volonté en pratique", de rester vivant et de survivre à l'oppression. L'intégralité de la traduction en anglais de son texte est sur son blog.

    SURENCHÈRE RÉPRESSIVE

    Côté chinois, la désignation des immolés comme des "terroristes" s'inscrit dans la continuité d'une surenchère répressive que rien n'incite à freiner. La politique de la "stabilité à tout prix", qui commence à être modulée ailleurs en Chine en raison de ses excès, ne souffre aucun aménagement au Tibet.

    Les participants à des manifestations ou des actes de résistance sont souvent laissés libres le temps que les choses se calment, puis les meneurs présumés sont traqués et arrêtés. Les procès sont expéditifs et les condamnations pour "séparatisme" ou "subversion" sont le plus souvent très lourdes. C'est le cas récemment des participants à un rassemblement pacifique à Nangcheng, dans la préfecture de Yushul au Qinghai. Ainsi qu'à Drango (Luhuo en chinois) dans le Sichuan, où une centaine d'arrestations ont eu lieu récemment selon Free Tibet.

    Les familles, les employeurs, et les monastères sont "punis" pour les crimes de leurs employés ou membres. De fait, si, ailleurs en Chine, des contrepouvoirs balbutiants se mettent en place, grâce à la presse, aux réseaux sociaux, aux avocats et aux ONG, les régions tibétaines sont livrées aux formes les plus brutales de gouvernance.

    INDIFFÉRENCE DE L'OPINION PUBLIQUE CHINOISE

    L'opinion publique chinoise est indifférente et hostile aux revendications des Tibétains : les immolations ou autres manifestations, quand elles sont rapportées dans les médias chinois, le sont sous la forme d'entrefilets ou de brèves. Enfin, la perception que la question tibétaine est "intouchable" en raison de l'agressivité des autorités n'incite aucun des intellectuels ou des bloggeurs chinois, pourtant prompts à se mobiliser sur d'autres sujets touchant à la dignité humaine, à s'en mêler de trop près, par peur des représailles.

    Du reste, au sein de l'appareil de sécurité qui continue de baigner dans une vision maoïste des rapports de force, le pire cynisme règne en maître : "Plus la situation est chaotique au Tibet, mieux c'est. Cela servira à entraîner nos troupes et à endurcir les masses. En outre, cela nous procurera une raison suffisante pour écraser la rébellion et mener des réformes dans l'avenir", confiait Mao Zedong en février 1959, il y a 53 ans, alors que la révolte battait son plein dans le Kham.

    Brice Pedroletti

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  • On Tibetan Plateau, A Sense Of Constant Surveillance

    Ethnic Tibetan pilgrims walk on a road during Tibetan New Year in Langmusixiang, Sichuan province, in western China, Feb. 22. Celebrations are subdued in the Tibetan areas of China this year, after a string of self-immolations and protest against Chinese control.

    Enlarge Carlos Barria/Reuters /Landov

    Ethnic Tibetan pilgrims walk on a road during Tibetan New Year in Langmusixiang, Sichuan province, in western China, Feb. 22. Celebrations are subdued in the Tibetan areas of China this year, after a string of self-immolations and protest against Chinese control.

    text size A A A
    February 22, 2012

    Wednesday marks the traditional Tibetan New Year, but many Tibetans won't be celebrating. They'll be mourning the almost two-dozen people who set themselves on fire in the past year as a protest against Chinese rule. Eyewitnesses say the town of Aba, site of many of the self-immolations, resembles a Chinese military camp, with soldiers and riot police every few feet. NPR's Louisa Lim traveled elsewhere on the Tibetan plateau to cover the story and sent this dispatch.

    It was going to the bathroom that almost got us busted — or , to be precise, my going to the men's bathroom. We were at a gas station on the highway. The women's was out of service, so the attendant told me to go to the men's.

    While I was there, a local official pulled up in his black car. He got out – with a slam of the door – yelling in that unmistakable "I'm-an-official-get-a-move-on" tone of voice. Then he headed straight for the men's bathroom where I was.

    A monk walks under a temple entrance during Tibetan New Year celebrations in Langmusixiang, in China's western Sichuan Province Feb. 22, 2012.

    Enlarge Carlos Barria/Reuters /Landov

    A monk walks under a temple entrance during Tibetan New Year celebrations in Langmusixiang, in China's western Sichuan Province Feb. 22, 2012.

    This was not good.

    So I pulled down my woolen hat, put on dark glasses, wound my scarf around my face and scuttled out, doing my best to look like an ordinary Chinese tourist. He was so busy shouting at the guy cleaning the bathroom that he didn't bother to look at me.

    Visiting Tibetan areas nowadays is a risky venture. There is nothing in the Chinese regulations explicitly forbidding journalists, but the unspoken dangers deter many. One colleague told me it wasn't worth bothering; the monasteries are full of spies, he said, you won't get anything anyway.

    Many have tried, nonetheless, hiding in the back of vans, under piles of clothes, in questionable disguises. If you do get caught, you might get detained and questioned, but eventually you'll get sent home. At worst, you might get beaten up. The dangers are far worse for those who help us and talk to us.

    In 2008, Jigme Gyatso, a Tibetan Buddhist monk from Labrang monastery in Gansu province, recorded a video telling how, after a protest at Labrang, he was arrested, held for 42 days and tortured. His testimony was later broadcast on Voice of America.

    He's been detained multiple times and is currently being held incommunicado. He has been charged with taking part in activities aimed at splitting China. It's unclear what part, if any, the 2008 video played in that charge.

    Another factor is geographical. The distances are immense. In the height of winter, the ice-covered roads are treacherous. On just one day, we saw seven traffic accidents. As we slid past a truck that had skidded straight into the mountainside, if police had turned us around for our own safety, I honestly would have felt a small pang of relief.

    Outside one monastery, we really did get stuck on a snowy road. We were trying to leave, tape recorders full of incriminating material. But the car tires were not up to the job. A police patrol zipped past, and we ducked beside the prayer wheels lining the monastery walls. In the end, our driver finally made it out.

    At another monastery, we actually lost our driver. We did manage to maintain cellphone contact, however. To reconnect, we had him drive up the road honking his horn until he was within earshot, while we hid from the police patrols. Not subtle, but it worked.

    So given the dangers, is it worth it? For that, I go back to the testimony of Jigme Gyatso. Our greatest hope, he said, is for a fact-finding team of the international media and U.N. representatives to come to Tibet, to investigate the conditions and then dare to report what they find.

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  • Thank the bold journalists who pierce the Chinese blackout of Tibet

    In recent weeks, several independent journalists have taken bold actions to pierce the blackout imposed by Chinese authorities in Tibet. Chinese officials have announced the formal closure to foreigners of the Tibet Autonomous Region from February 20 to March 31, 2012. They have also closed off Tibetan areas in Sichuan and Qinghai provinces that have seen protests and self-immolations. (See the Reporters Without Borders report, Tibet Cut Off From the Rest of the World).

    At the same time, state-run Chinese media have placed stories that seek to portray normalcy in Tibetan areas. Chinese officials simultaneously criticize Western reporters for distorting the “real” situation in Tibet and deny them access to Tibet to judge first hand the real situation in Tibet.

    The following is a list of the journalists who have recently taken creative and even risky steps to get around Chinese roadblocks and other obstacles in order to report from Tibetan areas. Included are links to their stories.

    Action: Please take a moment to thank these journalists for acting with determination to provide first-hand, accurate reporting on the current situation inside Tibet. Twitter and or e-mail handles provided.

    [SkyNews' Holly Williams] China: Immolations Are Terrorism In Disguise (with video)
    March 6, 2012
    Dominated by Kirti Monastery, a sprawling complex that houses several hundred Buddhist monks, Aba has now been swamped by Chinese paramilitary police… After leaving Aba the Sky News crew was detained by police who forcibly searched bags and deleted files from an audio recording device. They temporarily confiscated a computer and camera, threatened to revoke Chinese visas and then followed the car for 300 kilometres (187 miles).
    Contact: Twitter: @SkyHWilliams

    [AP’s Gillian Wong] Under lockdown: Life inside dissident Tibetan town
    March 1, 2012
    Earlier this week, an Associated Press reporter managed to get through several checkpoints along the road leading to Aba, for a rare glimpse of a town that has been under lockdown for more than three years, as well as an apparent uptick in security this week ahead of sensitive anniversaries.
    Contact: Twitter: @gillianwong, E-mail:
    gwong@ap.org

    [NPR’s Louisa Lim] On Tibetan Plateau, A Sense Of Constant Surveillance
    February 22, 2012
    Wednesday marks the traditional Tibetan New Year, but many Tibetans won't be celebrating. They'll be mourning the almost two-dozen people who set themselves on fire in the past year as a protest against Chinese rule. Eyewitnesses say the town of Aba, site of many of the self-immolations, resembles a Chinese military camp, with soldiers and riot police every few feet. NPR's Louisa Lim traveled elsewhere on the Tibetan plateau to cover the story and sent this dispatch.
    Contact: Twitter: @limlouisa

    [Sydney Morning Herald’s Philip Wen] Inside story: Tibetan discontent smoulders
    February 18, 2012
    Stepping foot on the main street in the small town of Aba, you cannot shake the ominous feeling that your every move is being watched. Heavily armed police are set up at every intersection. Security personnel holding spiked clubs stand guard beside army trucks full of soldiers in riot gear. Roadblocks cut off the town at both ends, with every vehicle entering and leaving the town closely monitored and identity cards routinely checked.
    Contact: Twitter: @PhilipWen11, E-mail:
    pwen@fairfaxmedia.com.au

    [McClatchy Tom Lasseter] Rare visit to remote Chinese region shows depth of Tibetan despair
    February 14, 2012
    McClatchy Beijing Bureau Chief Tom Lasseter snuck into Ngaba to try to verify the situation inside.
    Contact: Twitter: @TomLasseter, E-mail:
    tlasseter@mcclatchydc.com

    [The Guardian’s Jonathan Watts] Inside Tibet's heart of protest (with video)
    February 10, 2012
    On the streets of Aba, ranks of paramilitary police armed with guns, batons and spiked clubs keep a watchful eye on Buddhist monks in crimson robes. After a 10-hour drive across the Tibetan plateau, Jonathan Watts was able to get into the town undetected and witness how the authorities are trying to extinguish dissent with fire engines, riot police and patriotic 're-education' campaigns.
    Contact: Twitter: @jonathanwatts

    [BBC News’ Michael Bristow] China lock-down seals off Tibetan unrest (with video)
    February 9, 2012
    It is difficult to find out exactly what is going on. On a journey into Tibetan areas the BBC was turned back, detained and hassled by China's security forces.
    Contact: Twitter (his employer): @BBCNews

    [CNN Stan Grant] CNN Crew detained amid Chinese Tibet crackdown (with video)
    January 31, 2012
    It's after 10 p.m. when we see a light in the distance. We've traveled for more than three hours up a windy, icy road in western China.
    Contact: Twitter: @StanGrantCNN


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