• Tirs des forces syriennes sur des autocars transportant des Turcs

    Tirs des forces syriennes sur des autocars transportant des Turcs, selon des témoins

    Publié le 21-11-11 à 17:50    Modifié à 18:40  

    BEYROUTH/ANKARA (AP) — Ankara a averti Bachar el-Assad que le régime de Damas ne pourrait pas continuer indéfiniment à opprimer la population, alors que des témoins ont fait état de tirs des forces syriennes lundi sur au moins deux autocars transportant des Turcs près de la ville de Homs (centre), l'un des foyers de la contestation.

    Ces attaques, qui auraient fait deux blessés, semblent avoir été commises en représailles aux critiques croissantes dont fait l'objet le président syrien en raison de la répression d'un soulèvement populaire contre son régime. Selon l'ONU, plus de 3.500 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations à la mi-mars.

    "Vous ne pourrez continuer avec les chars et les armes qu'à un certain point, un jour viendra où vous vous en irez", a lancé le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan lundi à l'adresse du président Bachar el-Assad dans un discours à Istanbul lors d'une conférence internationale sur la religion. "Tôt ou tard, les opprimés l'emporteront".

    On ignore si M. Erdogan était au courant des tirs des forces syriennes sur au moins deux autocars lundi près de Homs, quand il a prononcé ces mots. Mais le dirigeant turc se montre de plus en plus critique vis-à-vis du régime syrien. La semaine passée, il avait souligné que le monde devait de toute urgence "entendre les cris" venant de Syrie et agir pour mettre fin à l'effusion de sang et à la répression.

    Le chauffeur d'un des autocars a déclaré qu'il ramenait en Turquie 25 personnes d'Arabie saoudite après l'Aïd al-Adha (ou Aïd el-Kébir, fête du sacrifice). "Nous nous étions arrêtés à un point de contrôle", a confié Erhan Surmeli à l'Associated Press par téléphone depuis un hôpital turc près de la frontière syrienne. "Des soldats syriens, derrière des sacs de sable, ont émergé et injurié Erdogan quand nous leur avons dit que nous étions turcs. Ils ont tout à coup ouvert le feu sur l'autocar".

    Le véhicule a franchi la frontière avec la Turquie, avec au moins une vitre brisée, selon une vidéo diffusée par l'agence de presse turque Dogan. Les tirs auraient fait un blessé.

    Un autre ressortissant turc, Cemil Karli, a été blessé dans une attaque sur un deuxième autocar, a rapporté l'agence de presse turque Anatolie. Le véhicule a aussi pu gagner la Turquie et M. Karli a été transporté dans un hôpital.

    Depuis le début de la répression, Ankara a permis à des civils et des déserteurs syriens de trouver refuge sur son territoire. Par ailleurs, la Turquie a servi de base à des opposants au régime de Damas pour se réunir et s'organiser.

    Dans des attaques séparées, au moins 13 personnes ont été tuées dimanche par les forces de sécurité syriennes dans le centre de la Syrie, principalement à Homs, ont rapporté lundi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme basé à Londres et les Comités locaux de coordination.

    Parallèlement, le commandant de l'Armée libre syrienne, un groupe qui affirme compter dans ses rangs plus de 15.000 déserteurs, est revenu dimanche soir sur des allégations selon lesquelles ses partisans avaient lancé une attaque sans précédent à Damas, la capitale. Riad al-Asaad a affirmé dans un enregistrement vidéo mis en ligne sur la page Facebook du groupe que le gouvernement syrien essayait de ternir l'image de la révolution. "Nous n'avons pas pris pour cible le bâtiment du parti (Baas) à Damas et nous ne viserons aucune installation civile", a déclaré Al-Asaad, vêtu de son uniforme militaire.

    Reste que le chef de l'Armée libre syrienne n'a pas fourni d'explications sur les raisons pour lesquelles son groupe avait revendiqué la responsabilité de l'attaque quelques heures après que des habitants de Damas eurent rapporté deux fortes explosions dimanche avant l'aube. Sur Facebook, l'Armée syrienne libre avait affirmé avoir fait usage de lance-grenades RPG pour tirer sur le siège du parti Baas au pouvoir, sans faire de blessés ou de dégâts apparents.

    Le groupe suscite la controverse parmi les contestataires. Nombre, dans l'opposition, souhaitent que les manifestations restent pacifiques. Mais l'Armée libre syrienne et d'autres estiment que le temps est venu de faire usage de la force. Ces dernières semaines, les déserteurs ont riposté aux forces syriennes et même attaqué des bases militaires, suscitant les craintes d'une guerre civile.

    Lundi, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a déclaré que son président, Jakob Kellenberger, se tenait prêt à se rendre une troisième fois à Damas pour presser les autorités d'autoriser l'institution à avoir accès aux prisons syriennes.

    A l'exception d'"une grande prison à Damas, nous n'avons pu avoir accès jusqu'à présent à d'autres lieux de détention", a précisé le directeur général du CICR Yves Daccord à Genève.

    Selon des organisations de défense des droits de l'Homme, des milliers de dissidents et leurs proches ont été incarcérés, et soumis à des actes de torture ou tués. AP

    cr/v241/321/498


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :