La justice iranienne a ordonné l’interdiction du quotidien réformateur Mardom-e Emrouz pour avoir mentionné en Une et en gros titre le slogan «Je suis Charlie», selon l’agence de presse Irna. A la Une, on voit une grande photo de George Clooney, très populaire en Iran, et en sur impression le titre «Clooney : Je suis Charlie». L’acteur américain ayant repris à son compte ce slogan lors des cérémonies des Golden Globes dimanche. «Le quotidien a été interdit en lien avec (le slogan) Charlie Hebdo», a confirmé Mohammad Ghouchani, son rédacteur en chef, cité par le site d’information nasimonline.ir.

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Téhéran a condamné l’attaque contre Charlie Hebdo mais a aussi dénoncé la publication d’une nouvelle caricature du prophète en Une du dernier numéro. Plusieurs journaux conservateurs ont demandé une action de justice contre le quotidien Mardom-e Emrouz («Le peuple d’aujourd’hui» en persan). Et vendredi, les imams de la prière ont dénoncé lors des prêches à travers le pays la publication de la caricature du prophète. 

 
 
 

En Allemagne aussi, pénurie de Charlie Hebdo

Le dernier numéro de Charlie Hebdo qui devait être disponible en Allemagne samedi a disparu des kiosques presqu’aussitôt, le pays n’ayant reçu qu’une partie des exemplaires prévus, selon les médias allemands.

«Ruée sur Charlie Hebdo», titrait sur son site internet le quotidien populaire Bild, affirmant que l’Allemagne n’a reçu que 5.000 des 10.000 exemplaires initialement prévus en raison de «l’énorme demande sur le marché français». Selon l’agence de presse allemande DPA, les kiosques des gares centrales de Berlin, Hambourg (nord) ou Hanovre (nord-ouest) ont été pris d’assaut et les rares exemplaires du dernier numéro de l’hebdo satirique achetés en quelques minutes.

Charlie Hebdo tiré à 7 millions d’exemplaires

Charlie Hebdo va être réimprimé pour atteindre 7 millions d’exemplaires d’ici vendredi. Le précédent objectif du tirage du dernier numéro paru mercredi après l’attentat qui a décimé sa rédaction avait été fixé à 5 millions. Près de deux millions d’exemplaires ont déjà été vendus pour les seules journées de mercredi et jeudi et il a continué à s’écouler rapidement vendredi. Hors marchands de journaux, plusieurs centaines de milliers d’exemplaires ont été achetés par des entreprises, des institutions ou des collectivités.

Le dernier numéro qui porte en une un dessin du prophète Mahomet a suscité, dans plusieurs pays musulmans, des protestations parfois émaillées de violences.

Saïd Kouachi a été enterré à Reims vendredi

Saïd Kouachi, l’un des deux auteurs de l’attentat contre Charlie Hebdo, a été enterré vendredi à Reims, où il résidait depuis environ deux ans. Le maire (UMP) Arnaud Robinet, contacté par l’AFP dit avoir «refusé l’achat de concession. Mais l’Etat m’a rappelé à mes obligations selon la législation». Selon la radio France Bleu Champagne-Ardenne, le djihadiste a été enterré sous surveillance de la police, et sa sépulture est anonyme.

EXCLU - Saïd Kouachi a été enterré hier à #Reims en toute discrétion. La sépulture est anonyme.

— BleuChampagneArdenne (@fbleuchampagne) 17 Janvier 2015

Son frère, l'autre auteur de la tuerie du mercredi 7 janvier au journal satirique, Chérif Kouachi, devrait être enterré à Gennevilliers, la commune des Hauts-de-Seine où il résidait, selon Le Parisien/Aujourd'hui en France de samedi. Le maire de la ville, Patrice Leclerc (PCF), explique n'avoir «pas le choix». «Comme tous les maires, je préfèrerais éviter d'enterrer un terroriste dans ma commune, mais j'applique la loi» qui stipule qu'un défunt peut être enterré dans la commune où il vivait, dans celle où il est mort ou là où est situé le caveau familial.

L'élu précise que la mairie a été contactée vendredi «par les pompes funèbres générales de Paris pour nous faire part de la demande de Mme Kouachi de procéder à l'inhumation à Gennevilliers de son époux Chérif ainsi que de son beau-frère Saïd Kouachi». Patrice Leclerc a refusé de communiquer l'éventuelle date de l'inhumation.

Les deux frères Kouachi ont été abattus le 9 janvier lors d'un assaut mené à Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), deux jours après l'attaque contre Charlie Hebdo qui a fait douze morts.

Les gardes à vue de 12 suspects prolongées

Les gardes à vue des 12 personnes interpellées vendredi dans l’enquête sur les attentats de la semaine dernière ont été prolongées samedi. Les suspects - «connus des services de police pour des faits de droit commun», selon le ministre de l’Intérieur - ont été arrêtés dans la nuit de jeudi à vendredi en région parisienne pour être interrogés sur le «possible soutien logistique» qu’ils ont pu apporter - notamment des armes et des véhicules - à Amédy Coulibaly, l’auteur de la prise d’otages sanglante au supermarché casher. Leur garde à vue pourrait de nouveau être prolongée de 48 heures dimanche matin.

Il s’agit de huit hommes âgés de 22 à 46 ans et de quatre femmes âgées de 19 à 47 ans. Ces quatre dernières sont les compagnes de quatre des hommes en garde à vue.

Selon une source policière, les enquêteurs ont effectué ces derniers jours de nombreuses filatures de personnes repérées à partir d’éléments ADN et d’écoutes téléphoniques dans l’entourage présumé des frères Kouachi et surtout de Coulibaly.

Libération (avec AFP)