LA BATAILLE DE PARIS AU JOUR LE JOUR

Petites et grandes histoires de la campagne pour la succession de Bertrand Delanoë à la mairie de Paris.

 

Anne Hidalgo s'en prend à ceux «qui veulent nationaliser le débat»

4 février. La candidate du PS à la mairie de Paris Anne Hidalgo a tenu mardi dans le XXe son premier meeting d’arrondissement, s’en prenant à ses adversaires de l’UMP, mais aussi au Parti de gauche, dont la candidate aux municipales Danielle Simonnet est implantée dans le XXe. S’exprimant sans notes devant quelque 200 sympathisants, Anne Hidalgo a critiqué «celles et ceux qui veulent nationaliser le débat», une attaque à peine voilée à l’encontre de Danielle Simonnet et du président du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon, qui entendent utiliser les élections municipales pour sanctionner le gouvernement.

«La question qui nous est posée est bien celle du devenir de Paris et de notre vie quotidienne (...) On nationalise le débat, super, et on passe à côté de Paris ? Paris ne mérite pas qu’on ait un débat sur Paris ?», a interrogé la première adjointe du maire de Paris Bertrand Delanoë. «On va nous dire (...) il y a une échéance en 2014, mais vous allez vous intéresser à autre chose, et on va sanctionner un gouvernement? (...) C’est quoi cette approche de la démocratie ? Il y aura une élection présidentielle en 2017, des élections législatives (...) Là c’est une élection capitale pour une ville capitale. C’est l’élection municipale. Tous ceux et celles qui viennent vous raconter autre chose se moquent de vous», a insisté Anne Hidalgo.

Coup de balai dans la liste UMP du VIe

4 février. Jeune, ambitieux et filloniste… c’est trop pour le maire ultracopéiste du VIe. Jean-Pierre Lecoq (59 ans, maire depuis vingt ans, élu de l’arrondissement depuis trente) évince de sa liste David-Hervé Boutin, chef d’entreprise de 40 ans, élu depuis 2008. Motif ? Officiellement aucun. Boutin a seulement «entendu dire» qu’on lui proposait la dernière place non éligible, ou d’aller se faire élire dans un autre arrondissement. «Il a dû avoir peur d’un putsch», s’amuse-t-il. NKM, «malgré beaucoup d’efforts» n’a pu l’imposer à son chef de file dans le VIe.

Cette microaffaire, qui s’ajoute à beaucoup d’autres, est le signe d'«un conflit de génération violent» dans la droite parisienne, selon Boutin. Et une nouvelle preuve des difficultés de la candidate à asseoir son autorité, comme dans le VIIIe. Fort d’une pétition qui a déjà recueilli plusieurs centaines de signatures d’habitants du VIe, Boutin envisage de monter une liste «complémentaire» dans cet arrondissement où se présente déjà Dominique Baud, sous la bannière Paris libéré, le label de Charles Beigbeder. «Contre Jean-Pierre Lecoq, pas Nathalie qui est excellente», précise-t-il. La candidate appréciera ce soutien. P.N.

Hidalgo «extrêmement déçue» par le recul du gouvernement sur la loi famille

4 février. Comme elle l’a déjà fait sur la fiscalité et les Roms, Anne Hidalgo prend ses distances avec le gouvernement après l’annonce du report sine die du projet de loi sur la famille. Dans une interview à Yagg, site internet militant LGBT, la candidate socialiste à la mairie de Paris dit «regretter ce recul du gouvernement [qu’elle a] du mal à comprendre»

En dépit du choix de Matignon, Anne Hidalgo continuera à défendre le projet de la PMA : «Le PS parisien a toujours défendu ces sujets de société avant même que le PS ne le fasse au plan national. Si je suis élue maire de Paris, je continuerai à m’exprimer en ce sens, je porterai ce sujet avec force», annonce l’adjointe de Delanoë. Hidalgo promet de s’engager «pour que ces questions reviennent à l’Assemblée nationale».

Menace de dissidence UMP dans le XIIe

4 février. Le boutiniste Franck Margain a fait des pieds et des mains pour prendre la tête de liste à Valérie Montandon, candidate UMP dans le XIIe et porte-parole de la campagne de NKM. II ne sera que numéro 4, en position non éligible comme conseiller de Paris, en cas de défaite. Petit cadeau de la candidate UMP-MoDem-UDI à son ex-adversaire de la primaire de droite, qui avait réuni près de 10%.

Mais le choix du vice-président du Parti chrétien démocrate, qui a participé à la manifestation de dimanche, ne plaît pas à tous les UMP du XIIe, à commencer par Jean-Paul Fabbiani, ex-numéro 4, qui a appris son éviction lundi soir à 23 heures : «NKM a mis son veto personnel à ma candidature», dit ce copéiste. Furieux de se retrouver «variable d’ajustement», il n’exclut pas de monter sa propre liste. P.N.

Dans le XXe, UMP et UDI font liste à part

3 février. Atanase Périfan (UMP) et Raoul Delamare (UDI) n’étant pas parvenus à un accord, les deux partis feront liste à part dans le XXe, contrairement aux autres arrondissements de la capitale.

Raoul Delamare, tête de liste dans l’arrondissement en 2008, a refusé la place de numéro 3 qui lui était proposée, a affirmé à l’AFP Atanase Périfan, qui a inauguré samedi son local de campagne en compagnie de la candidate de l’UMP à la mairie de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet. Le candidat centriste bénéficie du soutien officiel de l’UDI.

L’UMP, l’UDI et le MoDem avaient annoncé le 1er janvier être parvenus à un accord pour la constitution de listes communes à Paris, sauf dans le XXe arrondissement où ils s’étaient donnés jusqu’au 31 janvier pour aboutir. La droite ne compte actuellement aucun conseiller de Paris dans le XXe, aucune des trois listes qui s’étaient mises sur les rangs en 2008 n’étant parvenue à franchir le premier tour.

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Un sondage donne la gauche gagnante dans le Ve

1er février. Le fief des Tiberi au bord de basculer à gauche ? La liste conduite par Marie-Christine Lemardeley et soutenue par Anne Hidalgo dans le Ve arrondissement de Paris, l’emporterait au second tour dans tous les cas de figure, selon un sondage BVA pour Aujourd’hui en France/Le Parisien publié ce samedi.

A lire aussi notre reportage «les Tiberi, fieffés optimistes»

En cas de duel, avec la liste de droite conduite par Florence Berthout et soutenue par Nathalie Kosciusko-Morizet, la gauche obtiendrait 52% des intentions de vote contre 48% à sa rivale. Dans l’hypothèse d’une triangulaire, la gauche l’emporterait avec 49% des intentions de vote, contre 31 % à la droite et 20% à une liste divers droite conduite par Dominique Tiberi, fils du maire sortant, Jean Tiberi.

Au premier tour, la liste de gauche totaliserait 36% des intentions de vote contre 28% pour la droite et 19% à la liste divers droite emmenée par Dominique Tiberi. Les écologistes et les partisans de Jean-Luc Mélenchon réaliseraient chacun 6% et le FN, 5%.

(1) Sondage réalisé du 28 au 30 janvier auprès d’un échantillon de 604 personnes représentatif de la population du Ve arrondissement (méthode des quotas).

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LIBERATION