• Xavi et les rois maudits

    Football - Ballon d'Or FIFA

    10/01/2012 - 18:05 - Mis à jour le 10/01/2012 - 18:22

    Xavi et les rois maudits

    Xavi et les rois maudits - FOOTBALL - Ballon d'Or FIFA
    DPPI

    Xavi a signé son triplé à lui lundi à Zurich. Troisième en 2009 et 2010, l'Espagnol a encore récolté la "médaille de bronze" dans la course au Ballon d'or 2011. Le milieu de terrain de Barcelone rejoint la galaxie des grands joueurs qui ont flirté avec la distinction suprême sans jamais l'étreindre.

    Le Ballon d'Or n'est pas seulement la plus prestigieuse des récompenses en football. C'est aussi une intarissable source d'injustices. Depuis sa création en 1956, il a laissé aux portes de sa gloire un certain nombre de grands joueurs. De tous pays et de tous postes. Toujours placés, mais jamais gagnants. Xavi Hernandez est le dernier représentant en date de cette lignée peu enviable. Pour la troisième année consécutive, le milieu de terrain espagnol apparait sur le podium du Ballon d'Or. Toujours à la même place : troisième.

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    Mine de rien, le joueur du FC Barcelone commence à tenir une place de choix dans cette catégorie car sa "performance" est tout sauf anodine. En plus d'un demi-siècle, il n'est ainsi que le deuxième joueur à figurer à trois reprises parmi les trois premiers sans jamais avoir été récompensé. Le seul précédent dans l'histoire était un autre milieu de terrain, l'Allemand Bernd Schuster, deuxième en 1980 et troisième en 1981 et 1985. Résigné avant la cérémonie tant il était convaincu, à juste titre, que Messi serait primé une fois encore, Xavi s'est ensuite montré fataliste. "Le Ballon d'Or, ce n'est pas une fin en soi. Je suis déjà très heureux et chanceux d'être ici pour la troisième année de suite", a-t-il confié.

    Henry, Raul, Maldini et les autres...

    Mieux vaut le prendre comme ça. Un Ballon d'or, ça ne se décrète pas. Ça ne se mérite même pas. Ça se gagne. Ou pas. Xavi n'est donc pas le premier à rester au bord de la route. Comme beaucoup d'autres avant lui, il est victime de l'hégémonie d'un concurrent, fut-il son coéquipier et ami. Franco Baresi, Paolo Maldini et Frank Rijkaard ont connu ça du temps du Milan de la fin des années 80 et du début des années 90. Marco van Basten, sacré à trois reprises, et Ruud Gullit, qui l'a remporté une fois, ont trusté les honneurs individuels. Parfois, la concentration de stars sur une même époque ne laisse aucun espoir aux autres. De 1971 à 1985, Johan Cruyff et Michel Platini ont décroché trois Ballons d'or chacun. Franz Beckenbauer, Kevin Keegan et Karl-Heinz Rummennigge deux fois. Soit douze titres sur quinze pour seulement cinq joueurs.

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    Il faut aussi un zest de réussite. Etre "the right man in the right... year" en quelque sorte. Briller la bonne année. Une année où certaines vedettes sont légèrement en retrait, comme Igor Belanov, en 1986. Tel est le principe du Ballon d'Or. C'est une loupe sur une période relativement courte (12 mois), pas un trophée au mérite sur 10 ans ou une carrière. Voilà pourquoi d'immenses champions n'ont jamais obtenu la distinction suprême. On a cité Baresi et Maldini. On pourrait y ajouter, plus récemment, Raul ou Thierry Henry. Le cas de l'attaquant français est saisissant. Il a réalisé une carrière bien plus pleine qu'un Michael Owen par exemple. Mais contrairement à l'Anglais, il n'a jamais eu le Ballon d'or. Deux fois sur le podium (deuxième en 2003, troisième en 2006), Henry a également été trois fois quatrième, en 2000, 2004 et 2005.

    Par rapport à tous ses ainés, Xavi a toutefois une chance. Il est encore en activité. Mais il a aussi deux handicaps majeurs. Leo Messi, d'abord. Tant que ces deux-là seront coéquipiers et que le Barça continuera à tout gagner, Xavi restera sans doute dans l'ombre de l'Argentin au rayon des récompenses individuelles. Ensuite, la sélection espagnole. Contrairement à la plupart des très grandes équipes nationales de l'histoire, aucune individualité ne ressort de façon incontestable au sein de la Furia. Voilà pourquoi Torres a dû se contenter de la troisième place en 2008 après l'Euro, et Xavi et Iniesta du podium l'an dernier. Il n'est donc pas exclus que Xavi soit contraint de rester dans la case roi maudit. Où il est en excellente compagnie.

    Eurosport - De notre envoyé spécial à Zurich, Laurent VERGNE

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