• Yémen: 60 morts en trois jours d'accrochages, la diplomatie en difficulté

    Yémen: 60 morts en trois jours d'accrochages, la diplomatie en difficulté

    publié le 20/09/2011 à 17:05, mis à jour à 17:05

    Yémen: 60 morts en trois jours d'accrochages, la diplomatie en difficulté

    afp.com/Mohammed Huwais

     

    SANAA - Des affrontements à l'artillerie et aux obus ont secoué mardi Sanaa pour le troisième jour consécutif et tué sept personnes, portant à 60 le bilan des morts dans ce regain de violences dans la capitale du Yémen.

    Les accrochages entre partisans et opposants du président Ali Abdallah Saleh ont mis en difficulté les efforts diplomatiques entrepris par l'ONU et les monarchies du Golfe pour une transition du pouvoir au Yémen, en proie depuis 8 mois à une contestation populaire de M. Saleh qui refuse de quitter le pouvoir.

    "Les forces de sécurité et la Garde républicaine ont violemment bombardé la place du Changement, tuant deux protestataires et blessant sept", selon un militant. Un troisième manifestant a péri et trois soldats du général dissident Ali Mohsen al-Ahmar ont été tués dans les combats, selon une source médicale.

    Une personne a été tuée et 10 blessées dans la chute d'un obus sur l'université Al-Iman du chef islamiste Abdelmajid Zendani, soupçonné par Washington de terrorisme, selon l'entourage du religieux. Selon une source de sécurité, le bâtiment touché contenait des armes et des munitions.

    Les écoles et les banques étaient fermées et les habitants de certains quartiers de Sanaa se terraient chez eux. "Ils ne peuvent pas s'aventurer dans la rue", a déclaré un autre militant.

    Malgré les violences, des milliers de manifestants ont défilé de la place du Changement en direction de la rue al-Zoubeiri, sous la protection des soldats du général dissident, mais ont dû rebrousser chemin devant l'intensité des affrontements, selon un correspondant de l'AFP sur place.

    Les affrontements se sont concentrés rue al-Zoubeiri. Des positions des hommes du général Ahmar, rallié à la contestation en mars, ont été la cible de bombardements depuis un quartier du sud de la capitale, où sont déployées des unités de la Garde républicaine, corps d'élite de l'armée, dirigée par le fils aîné de M. Saleh, Ahmed, selon des témoins.

    En fin d'après-midi, la situation s'est relativement calmée à Sanaa, selon des habitants.

    A Taëz (sud-ouest), un habitant a trouvé la mort après la chute d'un obus dans la ville, la deuxième plus grande du Yémen, où quatre personnes sont mortes la veille, selon une source médicale.

    Lundi, 27 personnes ont été tués à Sanaa dans la répression par les forces de sécurité des manifestations réclamant le départ de M. Saleh, au lendemain de la mort de 26 protestataires morts dans les mêmes circonstances.

    Ces violences ont empêché une rencontre entre l'opposition yéménite et les émissaires de l'ONU, Jamal Benomar, et du Conseil de coopération du Golfe (CCG) Abdellatif al-Zayani, arrivés lundi à Sanaa pour accélérer un accord sur une sortie de crise.

    "L'opposition ne peut pas les rencontrer au moment où le sang coule à Sanaa", a déclaré à l'AFP un dirigeant du Forum commun, une coalition de l'opposition parlementaire.

    Un responsable du parti au pouvoir, Soltane al-Barakani, a accusé l'opposition d'avoir "entravé" la médiation de l'ONU et du CCG.

    M. Saleh, au pouvoir depuis 1978, se trouve toujours en Arabie saoudite après avoir été traité pour des blessures reçues dans une attaque contre son palais à Sanaa le 3 juin. Il a chargé la semaine dernière son vice-président de négocier avec l'opposition un transfert du pouvoir conformément au projet élaboré par le CCG.

    L'Union européenne a jugé "nécessaire" de "signer et mettre en oeuvre" rapidement ce plan de sortie de crise. Les Etats-Unis ont dit "garder l'espoir qu'un accord sera atteint et mènera à la signature de l'initiative du CCG dans une semaine".

    Par AFP


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