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50 000 chômeurs de moins en août : la courbe s'inverse

50 000 chômeurs de moins en août
: la courbe s'inverse

Publié le 25.09.2013, 18h00 | Mise à jour : 18h24

Après 27 mois de hausse consécutive, la courbe du chômage s'est enfin inversée au mois d'août ! Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A (sans activité) inscrits à Pôle emploi est passé à 3 235 700 au mois d'août, soit 50 000 de moins qu'en juillet (-1,5%), selon les chiffres dévoilés par l'Insee ce mercredi soir.

Après 27 mois de hausse consécutive, la courbe du chômage s'est enfin inversée au mois d'août ! Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A (sans activité) inscrits à Pôle emploi est passé à 3 235 700 au mois d'août, soit 50 000 de moins qu'en juillet (-1,5%), selon les chiffres dévoilés par l'Insee ce mercredi soir. | AFP/Fred Tanneau
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Après 27 mois de hausse consécutive, la courbe du chômage s'est enfin inversée au mois d'août ! Le nombre de demandeurs d' de catégorie A (sans activité) inscrits à Pôle emploi est passé à 3 235 700 au mois d'août, soit 50 000 de moins qu'en juillet (-1,5%), selon les chiffres dévoilés par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) ce mercredi soir. Sur un an, il croît tout de même de 7,3%.

Le nombre de chômeurs inscrits en catégories B (ayant exercé une activité réduite courte au du mois) baisse lui aussi (-2,6 %) (+5,6 % sur un an), tandis que celui des chômeurs de catégorie C (ayant exercé une activité réduite longue) augmente de 0,5 % (+5,2 % sur un an). Les trois catégories confondues, le nombre de demandeurs d'emploi en métropolitaine s'élève à 4 789 200.

Le ministre du Travail Michel Sapin s'est toutefois refusé à évoquer un «retournement», expliquant que le gouvernement attend une «inversion durable de la courbe du chômage à l'horizon de la fin de l'année», plus convaincante qu'une baisse ponctuelle. Le président François Hollande lui-même se garde de «crier victoire tout de suite».

84% des Français ne croyaient pas à la promesse de Hollande

Le gouvernement, rassuré par les chiffres du mois de juillet (+0,2% par rapport à juin, après une hausse de 0,5% entre mai et juin), s'attendait à cette accalmie. François Hollande avait encore promis cet été de «maintenir» l'objectif de l'inversion du chômage, tout en reconnaissant que cela allait s'avérer «encore dur».

«On est tout près du but !», avait même assuré le chef de l'Etat lors de son intervention de rentrée sur TF1 mi-septembre. Mais selon un récent sondage, réalisé début août par l'institut Ifop pour l'hebdomadaire Valeurs Actuelles, 84% des Français ne croyaient pas que cette promesse était réalisable.

Besoin de croissance pour relancer l'emploi dans la durée

Les spécialistes étaient moins sceptiques. Pour Eric Heyer, directeur adjoint à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), «rien (n'interdisait) une baisse du chômage», qu'il jugeait «plus que probable» à la fin de l'année. «La politique de traitement social du chômage est passée à un braquet complétement différent», expliquait-il avant que les chiffres tombent, évoquant notamment l'allongement de la durée des contrats aidés, qui, en maintenant «200 000 personnes en emploi, peut avoir des effets massifs en fin d'année». «Mais peut-on dire qu'il s'agira d'une inversion durable de la tendance ? Non, car les destructions d'emploi continueront dans le secteur privé» en 2014, nuance-t-il.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault l'avait concédé lui-même lors d'une rencontre avec les journalistes d'information sociale (AJIS) mi-septembre : la politique des emplois aidés (contrats de générations, emplois d'avenir) ne permettront pas de remporter «la bataille pour l'emploi» «dans la durée». «Pour que la situation s'améliore dans la durée, il faut aussi que la croissance reparte, que les entreprises puissent investir ou embaucher», a-t-il ajouté. Les économistes estiment qu'environ 1,5 point de hausse annuelle du PIB est nécessaire pour créer des emplois, un chiffre bien au-delà de celui attendu en 2013 (+0,1% selon les dernières prévisions du ministère de l'Economie), et même en 2014 (+0,9%).

Des chiffres nuancés par une hausse inexpliquée des radiations
Le gouvernement est resté prudent à l'annonce de cette inversion de la courbe du chômage, et pour cause : le nombre de radiations «pour défaut d'actualisation» enregistre une hausse inhabituelle au mois d'août, dépassant largement la baisse du nombre de demandeurs d'emploi. En août 2013, plus de 277 000 chômeurs ont été radiés des listes pour ce motif, alors que ce chiffre tourne habituellement autour des 200 000 chaque mois. Une hausse exceptionnelle que même Pole emploi n'explique pas, prévenant : «Les statistiques publiées ce mois-ci peuvent être affectées par une hausse d’une ampleur inhabituelle des sorties enregistrées pour cessations d’inscription pour défaut d’actualisation en août 2013.»

Chaque fin de mois, les demandeurs d'emploi sont tenus de déclarer leur situation sous peine d'être automatiquement radiés des listes de Pôle emploi pour «défaut d'actualisation» (s'ajoutent à ce chiffre les radiations pour d'autres motifs, un peu plus de 40 000 en août 2013). Manquement massif du côté des inscrits ou dysfonctionnement dans le système informatique de l’établissement public (ce que ce dernier assure ne pas avoir remarqué), ces «cessations d'inscriptions» représentent en tout cas 53 % des «sorties» de Pôle emploi en août 2013. R.J.




INFOGRAPHIE. L'évolution du chômage en France


WEBDOCUMENTAIRE. Le chômage en France

LeParisien.fr

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