Photo from a friend in Istanbul: A young woman stopped armed police vehicle in Taksim. #geziparki #occupygezi #diren pic.twitter.com/5140R3clEo
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Alors que le mouvement de contestation en Turquie ne s’est pas essoufflé ce week-end - samedi 8 juin, des dizaines de milliers de personnes sont encore descendues dans les rues d’Istanbul, d’Ankara, d’Adana (sud) ou d’Izmir (ouest) - les femmes sont en première ligne.
Deux femmes sont même devenues les symboles de la protestation populaire, bravant la violence de la répression policière. Deux photographies – une femme à la robe rouge essuyant un jet de gaz lacrymogène, l’autre debout bras en croix devant un blindé - ont été associées à des tags, des affiches et des autocollants. Un dessin, sur lequel la femme à la robe rouge apparaît agrandie, affirme : "Plus vous nous aspergez, plus nous sommes forts".
Mais les femmes ne se réduisent pas au statut d’égéries. Elles occupent en grand nombre le parc Gezi et la place Taksim à Istanbul, et clament haut et fort leurs revendications contre "la mentalité masculine qui fait tout son possible pour nous emprisonner dans nos foyers. Nous luttons pour vivre dans l'égalité et pour pouvoir marcher librement dans les rues et les parcs", explique l’une des manifestantes.
Suicide préconisé pour les femmes violées
Régulièrement, les autorités du pays ont envoyé des messages qui ont exaspéré les féministes turques. Le Premier ministre Tayyip Erdogan répète dans ses discours qu’une femme turque devrait enfanter trois fois. L’interdiction de porter le voile islamique à l’université, inscrite dans les lois sur la laïcité datant d’Atatürk, a été assouplie. Un projet de loi a cherché à réduire la durée légale du recours à l’avortement, de dix semaines à quatre ou six semaines – projet finalement enterré après des grandes manifestations de femmes en juin 2012. Enfin, le maire d’Ankara, Melih Gökçek, a préconisé, l’an passé, "le suicide pour la femme victime d'un viol, à la place de l'avortement".
"Les femmes sont très oppressées par ce gouvernement, parce qu'il essaie de nous remettre à la maison", explique l’une des membres du collectif féministe d'Istanbul sur France Info. "Il y a deux ans, on avait un ministère de la Femme, maintenant c'est le ministère de la Famille et des affaires sociales". Quant à l’avortement, "dans les faits c’est très difficile, puisque les hôpitaux répondent qu'ils n'en font pas", raconte-t-elle.
La présence, dans le cortège des manifestants, de femmes voilées aux côtés d’autres vêtues à l’occidentale, signifie beaucoup pour la société turque. "Les femmes sont en avance sur le reste de la population" sur ce point, affirme Deniz, assistante à l’université portant le voile, interviewée par le magazine américain "Time". “Nous savons comment co-exister.”
Women with & w/out veil. Conflict of civilizations is overdone. MT @KadriGursel Women marching in Taksim. #occupygezi pic.twitter.com/lFd5Xnu4ot