
Capture d'écran d'un jeune homme appelant au droit des jeunes étudiantes en niqab à s'inscrire au même titre que toutes les autres.
Des attaques conduites par des groupes islamistes extrémistes ont conduit à des affrontements violents avec les forces de l’ordre ce week-end. En réaction, le pouvoir a procédé à des arrestations parfois arbitraires. Nos Observateurs s’interrogent sur la meilleure façon de lutter contre la menace intégriste, sans pour autant mettre en péril l’État de droit qui se construit en Tunisie.
Trois incidents impliquant des islamistes extrémistes ont marqué la semaine dernière : une attaque orchestrée contre la faculté de lettres et de sciences humaines de Sousse (à 140 kilomètres au sud de Tunis), une autre contre le siège de la chaîne privée Nessma TV dimanche et des affrontements entre jeunes et policiers le même jour du côté de Jbel Lahmar, dans le grand Tunis.
Samedi, un groupe d’extrémistes s’est attaqué à la faculté des lettres de Sousse et s’en est pris au secrétaire général de l’université, critiqué pour avoir refusé d’inscrire deux jeunes filles portant le niqab (le voile intégral). Le doyen a refusé de faire appel aux forces de l’ordre et les assaillants ont finalement été évacués par les étudiants et le personnel de l’université.
Le lendemain, c’est le siège de la chaîne privée Nessma TV qui a été attaqué. À l’origine de la colère des islamistes, la diffusion par la chaîne, vendredi soir, du film d’animation iranien Persepolis, doublé en tunisien. Lors d’une scène du film, on voit la jeune héroïne parler avec Dieu, représenté sous les traits d’un vieil homme à barbe blanche. L'islam intedisant la représentation de Dieu, la scène a provoqué un tollé dans les cercles intégristes et quelques 300 personnes ont voulu saccager les locaux de la chaîne. C’est également en raison de la diffusion du film d’animation que les affrontements de Jbel Lahmar, quartier populaire du Grand Tunis, ont éclaté.
Après ces incidents, la police tunisienne a procédé à plusieurs dizaines d’arrestations. Des manifestants pacifistes se sont toutefois réunis dimanche devant le siège de la chaîne pour protester contre ce qu’ils estiment être une provocation et une offense à la religion, et contre des arrestations abusives qui ont suivi les incidents de ce week-end. Ces derniers ont fait valoir leur droit de citoyens à manifester, précisant qu’ils n’avaient rien à voir avec les salafistes.