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Un, deux, trois, quarante corbillards. De grosses voitures noires, toutes identiques, sur la voie centrale de l'A2, fermée à tous les autres véhicules qui, habituellement, encombrent cette autoroute parmi les plus fréquentées du royaume. En sens contraire, camions et voitures roulent au pas ou s'immobilisent, le temps que le long convoi funèbre, encadré par des motards aux vestes fluo, soit passé. Quelques centaines de mètres derrière, deux camionnettes suivies par desvoitures de police s'arrêtent régulièrement et des ouvriers ramassent les bouquets jetés des ponts et des voies latérales, où des dizaines de milliers de Néerlandais se sont massés.
Ils sont là, dans le soleil, sur plusieurs rangées, attendant, depuis des heures parfois. Ils prennent des photos, filment, pleurent. Et, parfois, applaudissent pourexprimer leur émotion et leur compassion. Mercredi 23 juillet, les Pays-Bas sont figés par la douleur et « la violence insensée d'une guerre inutile », comme le dit l'une des spectatrices de cette manifestation de douleur collective. CNN compare l'intensité de l'événement à celle des funérailles de John Kennedy. Le triste voyagedes 40 premières victimes du crash de la Malaysia Airlines s'est achevé mercredi soir, sur le coup de 19 h 45, à Hilversum, dans le sud des Pays-Bas.
MINUTE DE SILENCE
Quarante cercueils de bois clair sont entreposés dans les conteneurs réfrigérés d'une caserne de l'armée néerlandaise, un centre d'instruction pour les médecins militaires. Une série d'experts tentera, dès jeudi, d'identifier les victimes du Boeing 777. Selon les cas, le processus durera un jour, une semaine, un mois. Ou davantage, ont prévenu ces spécialistes. Qui disent aussi que certaines victimes ne pourront être identifiées. La violence du choc et la chaleur des réacteurs ont été trop intenses.
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Vol MH17 : des centaines de néerlandais sur le bord des routes
Les premières dépouilles des victimes du vol MH 17 sont arrivées à l'aéroport d'Eindhoven aux Pays-Bas. Présent, le couple royal, le premier ministre néerlandais ainsi que des proches des victimes ont observé une minute de silence à la mémoire des victimes.
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Deux avions de transport en provenance de Kharkiv ont atterri un peu avant 16 heures sur une base d'Eindhoven. Les quarante premiers cercueils arrivés d'Ukraine ont été débarqués par des soldats en uniforme alors que des clairons résonnaient. Le roi Willem-Alexander, la reine Maxima, le premier ministre Mark Rutte et son gouvernement ont assisté à une cérémonie d'hommage tandis que tout le pays respectait une minute de silence. A l'aéroport de Schiphol tout mouvement a été suspendu durant ces 60 secondes.
SENTIMENT D'INJUSTICE
Le convoi des corbillards s'est ensuite mis en route pour parcourir, sous l'œil des caméras, la centaine de kilomètres séparant Eindhoven d'Hilversum. La télévision publique a diffusé l'ensemble de l'événement en direct, ainsi qu'une cérémonie religieuse d'hommage, à Amersfoort.
Soixante-quatorze autres cercueils suivront le même chemin jeudi. Et d'autres encore vendredi.
Les Pays-Bas ont connu d'autres catastrophes, y compris aériennes. Jamais encore, ils n'avaient ressenti un tel sentiment de colère et d'injustice. Le gouvernement tenait, jeudi soir, une réunion d'urgence « pour la réalisation de sesautres objectifs ». La commission des affaires étrangères de la deuxième chambre entendra, vendredi, le premier ministre et le ministre de la justice.