
Des manifestants touaregs brandissent le drapeau de l'Azawad, dimanche à Kidal.
Les habitants touaregs de Kidal ont peur, et ils l’ont fait savoir dimanche, en manifestant contre les frappes aériennes alors que l’armée française effectuait ses premiers bombardements dans la région. Celles-ci laissent entrevoir l’arrivée imminente de l’armée malienne dans la ville. Selon notre Observateur, cette perspective fait craindre aux Touareg de devenir la cible d’exactions.
Drapeau de l’Azawad à la main, brandissant des pancartes appelant à la fin du "génocide programmé par les autorités maliennes contre les populations de l’Azawad depuis 1960", des habitants touaregs de Kidal ont demandé une "solution négociée" du conflit au Nord-Mali, et l’ouverture de discussions entre la France, le Mali et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).
Manifestation de Touareg à Kidal dimanche 27 janvier. Photo via Assan Midal.
Ce groupe touareg était allié aux islamistes d’Ansar Dine lors de leur conquête du Nord-Mali, dont il aspire à faire un État touareg indépendant. Mais l’alliance avait volé en éclat après quelques semaines, et le MNLA avait subi une déroute militaire contre les islamistes. Il a, par la suite, témoigné son soutien à l’intervention française, débutée le 11 janvier.
L’alliance éphémère du MNLA avec les islamistes semble néanmoins avoir laissé des traces. Selon notre Observateur, beaucoup de soldats de l’armée malienne assimilent les Touareg et les Arabes aux groupes radicaux islamistes. Ce qui expliquerait, selon lui, les exactions, rapportées par plusieurs ONG, perpétrées la semaine dernière à Sévaré et Mopti.
Le MNLA a annoncé ce lundi matin avoir repris le contrôle de Kidal, qui semble avoir été désertée par les islamistes. Lundi, il était pratiquement impossible de joindre les habitants de cette ville, le réseau de communication étant coupé. Ces images nous ont été transmises par notre Observateur depuis Niamey, au Niger. Il assure les avoir reçues de la part de Maliens qui les ont envoyées en se rapprochant de la frontière, pour profiter du réseau nigérien.


