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A Nairobi au Kenya, les islamistes somaliens revendiquent l'attaque meurtrière

A Nairobi au Kenya, les islamistes somaliens revendiquent l'attaque meurtrière

Olivier Bossut et Rahim Bellem | Publié le 21.09.2013, 14h07 | Mise à jour : 20h34

Nairobi (Kenya), ce samedi. L'attaque d'un commando armé de fusils d'assaut et de grenades dans un centre commercial de la capitale a fait au moins 30 morts et des dizaines de blessés.
Nairobi (Kenya), ce samedi. L'attaque d'un commando armé de fusils d'assaut et
de grenades dans un centre commercial de la capitale a fait au moins 30 morts et
des dizaines de blessés. | (AFP/Simon Maina.)
Zoom 1/4

 

 

L'attaque meurtrière menée par un commando armé dans un centre commercial huppé de Nairobi, la

capitale du Kenya, vient d'être revendiquée par les combattants islamistes somaliens al-chebab sur

leur compte Twitter.

Le bureau de presse de l'organisation explique «HSM a averti à plusieurs reprises le

kenyan que le maintien de ses troupes en Somalie aurait des conséquences graves».

 





Les insurgés expliquent que «l'attaque à # WestgateMall est un tout petit aperçu de ce que les

musulmans subissent dans la Somalie qui est aux mains des envahisseurs kenyans».



Les forces de sécurité kényanes semblent sur le point de venir à bout des terroristes qui ont pris

d'assaut un centre commercial de Nairobi, la capitale. «Les assaillants ont été isolés et encerclés

dans un secteur de l'un des étages. Le reste du centre commercial semble sécurisé», a indiqué

une source sécuritaire sur place, alors que l'opération se poursuivait ce soir.

Huit à dix hommes masqués, vêtus de noir, de grenades et de fusils d'assaut AK-47 ont

ouvert le feu ce samedi midi sur les clients et le personnel d'un centre commercial de luxe à Nairobi,

tuant au moins 30 personnes selon la Croix-Rouge et la police, en blessant des dizaines d'autres

et prenant sept otages.

Un nombre indéterminé de ressortissants américains ont été blessés dans l'attaque a annoncé

le département d'Etat américain, qui a condamné un «acte de violence insensé». L'ambassade

américaine au Kenya, qui a été mobilisée pour leur venir en aide, est «également en contact avec

les autorités locales et a offert son assistance», précise le département d'Etat.

Pour l'instant, les sources policières, évoquent «un groupe terroriste» sans préciser son identité.

«Le style de l'attaque et la manière dont les assaillants parlaient à leurs cibles montrent clairement

qu'il s'agit d'une attaque bien préparée par un groupe terroriste», a déclaré un haut gradé de la police.

Cette attaque «ne peut pas être un simple parce que tous les survivants racontent que le

groupe les attaqués et a ouvert le feu», a expliqué un autre haut responsable de la police, sous couvert d'anonymat.

Un suspect blessé et arrêté

Selon le ministre de l'Intérieur Joseph Ole Lenku, il est trop tôt pour dire qui est responsable de

l'attaque. «L'enquête a commencé pour trouver les auteurs de ce crime. J'appelle les Kényans

à ne pas spéculer», a-t-il déclaré dans un communiqué. La police sur place a indiqué qu'un suspect

blessé dans la fusillade a été arrêté et évacué à l'hôpital sous escorte armée. «C'est un suspect et

il est traité comme tel. Il a été emmené à l'hôpital et restera sous surveillance pour être interrogé»,

a dit une source policière. Les policiers qui l'ont arrêté «ont des raisons de croire qu'il est l'un des

assaillants», a-t-elle ajouté sous couvert d'anonymat.

Des soldats kényans et des unités d'élite sont venus soutenir la police. Des soldats étaient visibles

autour du bâtiment de quatre étages, le «Westgate Mall», que les assaillants ont attaqué peu avant

midi. Une source sécuritaire sur place a confié que les forces spéciales kényanes menaient des

opérations pour sécuriser le centre commercial, survolé par des hélicoptères de la police et de

l'armée.

«Nous sommes dans le processus de sécurisation du bâtiment, magasin après magasin, et

d'évacuation des personnes» piégées à l'intérieur depuis le début de l'attaque, a expliqué cette

source.


Proche du siège local des Nations unies, ce centre commercial est régulièrement cité par les

sociétés de sécurité comme une cible possible de groupes liés à Al-Qaïda, tels les insurgés

somaliens al-chebab, qui ont souvent menacé de mener des attaques sur le territoire kényan

à cause du soutien militaire de Nairobi au gouvernement somalien.

Une scène de guerre

Selon un témoin, les assaillants ont «exécuté» des clients et parlent une langue étrangère,

peut-être l'arabe ou le somali. Mais, a-t-il ajouté, «je n'en suis pas sûr car je ne parle pas

ces langues». Des hommes et des femmes terrifiés, certains tenant des enfants dans les

bras, fuyaient la zone en courant, certains blessés. D'autres rampaient le long de murs pour

éviter les balles perdues. Plusieurs voitures constellées d'impacts de balles étaient

abandonnées çà et là.


Scènes de terreur à Nairobi par ITELE

De nombreux véhicules de police et des ambulances encerclaient le «Westgate Mall», fréquenté par les riches Kényans et les expatriés. Ce centre commercial, ouvert en 2007, compte des restaurants, des cafés, des banques, un grand supermarché et un cinéma multiplexe qui attirent des milliers de personnes chaque jour.

«Les hommes armés ont tenté de me tirer dans la tête»

Sudjar Singh, qui travaille dans le centre, a réchappé de justesse aux agresseurs. «Les hommes armés ont tenté de me tirer dans la tête mais ils m'ont manqué. Au moins 50 personnes ont été touchées» par des balles, a-t-il déclaré. «J'ai vu un petit garçon évacué sur un caddie, il devait avoir cinq ou six ans. Il avait l'air mort», a-t-il ajouté. Annette, une autre survivante, raconte avoir «vu trois des attaquants vêtus de noir, les visages masqués, et ils avaient de gros fusils».

Kenneth Kerich faisait ses courses lorsque l'attaque a commencé. «Soudain j'ai entendu des coups de feu et tout le monde s'est mis à courir. Je me suis allongé au sol. J'ai vu deux personnes tomber et saigner, je pense qu'elles ont été touchées par des balles, a-t-il dit. Au départ nous pensions que c'était la police qui affrontait des voleurs. Mais nous n'avons pas pu nous enfuir avant que les policiers n'entrent (dans le centre commercial), tirent en l'air et nous disent de sortir».

Une cliente sortie du centre a indiqué y avoir passé six heures à se cacher avant d'être secourue. «J'étais dans un café lorsque j'ai entendu des coups de feu et des explosions. Ensuite j'ai couru pour me cacher dans un magasin. J'ai passé six heures là-dedans», a raconté cette femme.

VIDEO. Scènes de terreur aux abords du centre commercial


Kenya : panique après une fusillade dans un... par francetvinfo

La police a enjoint aux habitants de rester à l'écart. «Il y a un incident à Westgate et nous demandons instamment au public de rester à l'écart», a déclaré le chef de la police David Kimaiyo. «Nous avons réussi à mettre à l'abri un certain nombre de personnes. Nous demandons aux Kényans d'éviter cette zone pendant que nous poursuivons les voyous», a indiqué le ministère de l'Intérieur kényan via un message posté sur Twitter.
 

Un centre commercial huppé
Les assaillants, dont certains s'exprimaient en arabe ou en somali selon des témoins, ont fait irruption à la mi-journée dans le centre commercial «Westgate Mall», au milieu des familles faisant leurs courses et des badauds attablés aux terrasses de cafés.

Les assaillants ont ouvert le feu à l'arme automatique et à la grenade sur la foule cosmopolite — Africains, Indiens et Occidentaux — des clients et le personnel du centre.

Le "Westgate Mall" est un labyrinthe de boutiques en tout genre, où il est aisé de se cacher ou de se retrancher. Riches Kényans et expatriés aiment à venir pendant les week-end y faire du shopping, flâner en famille ou se restaurer.

 

Ban ki-moon a contacté le président kényan
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon suit avec beaucoup d'inquiétude l'attentat de Nairobi et a contacté le président kényan, a annoncé ce samedi son porte-parole Martin Nesirky.

«Le secrétaire général suit de près et avec une grande inquiétude l'attaque contre un centre commercial à Nairobi, a-t-il déclaré. Il a parlé au président Uhuru Kenyatta et a exprimé sa préoccupation et sa solidarité».

Proche du siège local des Nations unies, ce centre commercial est une cible possible de groupes liés à Al-Qaïda, comme le groupe radical somalien al-chebab. Ces derniers ont d'ailleurs averti Nairobi en 2011 d'une «réponse forte» à l'envoi de troupes kenyanes qui soutiennent le régime somalien.

LeParisien.fr

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