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L'armée française (illustration).
Crédit : AFPC'est une décision historique. Pour la première fois, les abus sexuels dans l'Armée vont faire l'objet d'une enquête interne. Le ministre de la Défense, Jean Yves Le Drian, l'ordonne à l'Inspection Générale et au Contrôleur Général des Armées.
La demande a été envoyée jeudi 27 février, après la publication d'un livre le matin même, La guerre invisible, dans lequel des témoignages décrivent une quarantaine de cas. "Les Féminines", comme on les appelle, victimes d'humiliations et de violences.
Dans l'armée française, on compte plus de 15% de femmes. Elles représentent 21% des effectifs de l'armée de l'air. Et comme le dit un officier sous couvert d'anonymat, "en fonction de nos valeurs, on devrait donner l'exemple. Mais voilà, on est aussi un calque du pays qui n'échappe pas aux dérives. Il y a ces journées de cohésion militaire, ces soirées d'intégrationqui basculent dans l'humiliation".
"Il y a le harcèlement sexuel sans oublier la promotion canapé", raconte-t-il. La cinquantaine de cas recensés par le livre démontrent que le phénomène existe et que la grande muette a camouflé ces histoires sordides qui ont marqué à jamais les jeunes femmes qui ont accepté de témoigner. N'oublions pas aussi les garçons qui ont également été victime de tels actes.
Dans l'armée française, on préfère le camouflage, c'est-à-dire minimiser voire même cacher des faits limites mais avérés. Il n'existe, par exemple, aucun recensement des victimes de ce type de violences, comme dans les codes militaires la notion de harcèlement sexuel n'est pas précise. La hiérarchie peut épargner l'auteur des faits.
Quelques jours d'arrêts de rigueur, alors qu'il risque de par la loi jusqu'à deux ans d'emprisonnement. Bien sûr, vous pouvez déposer plainte et c'est ce qu'ont fait plusieurs femmes militaires. On leur a fait payer ce geste : corvées, isolement, mutation... Comme pour les pousser à quitter définitivement l'institution.
Crédit : Pierre Julien