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AFP
C'est un séisme qui a secoué San Siro ce mercredi soir. Le Barça, favori de la compétition, a été croqué par l'AC Milan (2-0) en huitième de finale aller de la Ligue des champions. Les Catalans, méconnaissables, sont tout près de la sortie. Au vu de ce qu'ils ont montré, ils ne pouvaient pas espérer mieux tant ils ont été dominés dans les intentions et la cohérence collective. Milan, sinusoïdal depuis le début de saison en Serie A, a livré une copie parfaite : grosse solidarité défensive et opportunisme offensif. Boateng (57e), qui a profité d'une main involontaire de Zapata sur l'ouverture du score, et Muntari (81e), au terme d'une action collective que n'auraient pas reniée les Blaugrana, ont parachevé l'inattendue démonstration lombarde.
Barcelone, qui a concédé sa quatrième défaite de la saison toutes compétitions confondues, a étalé son côté obscur. Comme toujours, le Barça a conservé le ballon mais il s'est montré inoffensif comme rarement. Les Catalans ont tourné autour du pot et ont dû attendre la 75e minute et une frappe d'Iniesta pour faire peser le danger sur le but d'Abbiati. A l'image d'un Lionel Messi complétement transparent. L'équation est désormais bien compliquée pour des Barcelonais qui devront au moins inscrire deux buts et s'imposer par trois buts d'écart si le Milan venait à marquer au Nou Camp. Depuis 1991-1992 et l'instauration de la nouvelle formule de la Ligue des champions, 91% des équipes qui se sont imposées 2-0 à l'aller se qualifient.
Le fantôme de Messi
Milan ne l'a pas volé. Prudents en première période, incisifs en seconde, les Milanais ont su saisir leur chance. Très bas avant la pause, ils ont coupé toutes les trajectoires catalanes, se jetant comme des morts de faim sur chaque ballon à l'image d'un Philippe Mexès impérial. Sans un contrôle trop long, El Shaarawy aurait même pu décanter l'affaire dès le premier quart d'heure (15e). Boateng (15e) et Muntari (4e) ont tiré les premières banderilles alors qu'en face, Messi s'est pris les pieds dans le tapis, parfaitement contrôlé par un énorme Ambrosini. Son coup franc beaucoup trop enlevé (62e) est le symbole d'un match que l'Argentin a subi de bout en bout.
Au contraire, Milan a forcé son destin. Bien sûr, l'ouverture du score est entachée d'une main flagrante de Zapata mais les Lombards ont eu le mérite de prendre l'initiative. Barcelone a attendu le dernier quart d'heure pour sortir de sa léthargie (Xavi 76e, Puyol 86e). Mais un coup de poignard de Muntari après un énorme travail de Niang puis El Shaarawy a scellé le sort de la rencontre. Barcelone ne méritait pas mieux ce mercredi et a clairement hypothéquer ses chances de qualification.