Ce contemporain de Picasso et Miro, qu'il a accueillis dans son atelier de tissage de Sant Cugat del Vallès (Catalogne, nord-est de l'Espagne), a vu ses créations exposées au Metropolitan Museum de New York, au musée d'Art moderne de la ville de Paris, à Houston ou Séville.
Il était au début de l'année à l'honneur à Angers où une exposition lui était consacrée jusqu'au 29 mai au musée de la tapisserie contemporaine Jean Lurçat, avec lequel il avait travaillé à Paris.
Rencontré à l'occasion de son exposition, il expliquait que "l'art est une arme, bien plus qu'un problème esthétique, qui sert à manifester quelque chose de soi. C'est découvrir ce qui existe et ne pas avoir peur".
Ce petit-fils d'un coiffeur anarchiste avait commencé son oeuvre inclassable sous la dictature franquiste.
"Expressionnisme bizarre, aux confins de l'abstraction... On n'arrivait pas à me cantonner dans un genre. Mais je m'en fiche encore complètement", expliquait-il.
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Malgré son âge, "c'était une personne d'une grande jeunesse", a souligné Monique Ramognino, adjointe à la culture du maire d'Angers et proche de l'artiste.
L'homme, qui travaillait aussi bien sur de la tapisserie que des dessins, s'était passionné récemment pour l'église de Saint-Mathurin-sur-Loire pour laquelle il créait une oeuvre géante "dédiée à la paix".
"C'était un projet de réaménagement complet de l'église", explique Mme Ramognino, "il avait des projets comme s'il avait 40 ans".
De l'artiste elle retient l'image d'un homme qui "a refusé tous les fascismes, qui a gardé de sa famille de paysans dans laquelle il est né le goût du terroir". "C'est un homme qui haïssait la guerre" et souvent il abordait avec sa compagne les "années lumineuses du Val de Loire" qui ont suivi pour lui les "années sombres du franquisme", note l'élue.
Il revenait récemment de sa région natale aux environs de Barcelone. Il a été hospitalisé il y a quelques jours pour un accident vasculaire cérébral.
