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                                                             Communiqué d'Info Birmanie 
                                                                        17 janvier 2012
                                                
Libération de 272 prisonniers politiques birmans de premier plan
 
 
C’est avec beaucoup de joie et de soulagement qu’Info Birmanie vous fait part de la décision des autorités birmanes de libérer 272  prisonniers politiques, dont la plupart des leaders emblématiques du mouvement d’opposition :
  • Min Ko Naing, Ko Ko Gyi et Nilar Thein, du mouvement Génération 88,
  • le moine U Gambira incarcéré depuis 2008,
  •  Le grand leader shan Khun Tun Oo, qui avait été condamné à 93 ans de prison,
  • Ngwe Soe Linn, Sithu Zeya, U Maung Zeya et Hla Hla Win, tous reporters de la Democratic Voice of Burma (DVB), le journaliste Zaw Thet Htwe, le jeune bloggeur Nay Phone Latt
Nous tenions à vous remercier du soutien que vous avez apporté au mouvement pour la démocratie et à leur demande de libération des prisonniers politiques injustement incarcérés. Chacune de vos signatures a permis de faire un pas de plus vers la libération de ces personnes.

Bien qu’incomplète et insuffisante, cette annonce constitue une étape majeure vers la réconciliation nationale. Elle est aussi une réponse très attendue aux appels répétés des familles des prisonniers de conscience, de l’ensemble du mouvement pour la démocratie et de la communauté internationale depuis plus de 20 ans.

Mais loin des effusions de joie, les premières réactions des prisonniers libérés au cours de la journée sont plutôt mitigées, rappelant l’injustice de leur incarcération, ainsi que leurs camarades toujours emprisonnés :

Ashin Gambira, moine éminent engagé dans la lutte pour la démocratie, condamné à 32 ans de prison en 2008 : « Je pense que [la Birmanie] a encore un long chemin à parcourir. Bien que le gouvernement soit en train de libérer des prisonniers, il a encore les caractéristiques d'une dictature. Quel genre de démocratie est-ce? Ils ont dû attendre jusqu'à aujourd'hui pour nous libérer. » (http://www.dvb.no/news/burma-frees-top-dissidents-feelings-mixed/19718)
 
 
Nilar Thein, activiste du mouvement Génération 88, condamné à 65 ans de prison en 2008: « Les réformes introduites par le président Thein Sein et Tante Suu [Aung San Suu Kyi] représentent ce que nous avons si longtemps attendu. Mais nous devons travailler plus dur en faveur de nos collègues qui sont toujours en prison. S’ils sont tous libérés, ce sera un grand moment pour nous tous.» (http://www.irrawaddy.org/article.php?art_id=22828)

Selon les données collectées par l’Association d’Assistance aux Prisonniers Politiques Birmans (AAPPB)[1], sur les 651 prisonniers libérés lors de l’amnistie présidentielle annoncée le 12 janvier dernier, seuls 272  seraient des prisonniers politiques.

Par ailleurs, cette amnistie a eu lieu en vertu de l’article 401 (1) du code de procédure pénale, qui implique que ces libérations sont sous conditions. Selon cet article, les peines des prisonniers sont suspendues mais pas annulées. Ils peuvent donc à tout moment être arrêtés de nouveau et forcés à purger le reste de leur peine initiale.
 
Le Ministre birman de l’intérieur, le Lieutenant Général Ko Ko, a déclaré lors d’une conférence de presse la 14 janvier, que le gouvernement  avait été en mesure d’identifier 430 des 604 prisonniers politiques listés par la Ligue Nationale pour la Démocratie. Sur ces 430 prisonniers, 302 ont été libérés lors de l’amnistie du 13 janvier et 128 restent en détention car ils auraient enfreint des lois de nature strictement criminelle.

Lors de cette même conférence de presse, le Ministre de l’intérieur a déclaré que le gouvernement ne répondrait plus à aucune demande concernant les prisonniers politiques.

Selon les estimations de l’AAPP, il resterait pourtant 1000 prisonniers politiques derrière les barreaux.  Cependant, le nombre de prisonniers politiques actuellement incarcérés en Birmanie fait débat, les chiffres avancés par le gouvernement et par certains groupes de l’opposition présentant des différences notables.

L’aide des Nations unies est demandée par de nombreuses organisations afin de convoquer une commission chargée de concilier les écarts en termes de chiffres et de définitions.

Sans la reconnaissance du statut de prisonnier politique et sans accord clair sur la définition de ce terme, tous les citoyens birmans sont susceptibles d’être arrêtés et incarcérés de façon complètement arbitraire.
 

[1] L’APPB est la principale organisation birmane en charge de collecter des informations sur les prisonniers politiques de Birmanie et d’alerter l’opinion publique et la communauté internationale sur leur sort. Pour plus d’information, rendez-vous sur leur site internet : http://www.aappb.org/index.html
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