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Mohamed Nasheed
Mohamed Nasheed

Mohamed Nasheed by UNDP.jpg

Mohamed Nasheed, septembre 2009

Fonctions
4e président de la République des Maldives
11 novembre 20087 février 2012
(3 ans, 2 mois et 26 jours)
Vice-président Mohammed Waheed Hassan
Prédécesseur Maumoon Abdul Gayoom
Successeur Mohammed Waheed Hassan
Biographie
Date de naissance 17 mai 1967 (44 ans)
Lieu de naissance Malé (Maldives)
Nationalité Maldivienne
Parti politique Parti démocratique maldivien
Conjoint Laila Ali Abdulla
Diplômé de Université de Liverpool John Moores
Religion Islam

Coat of arms of Maldives.png
Président de la République des Maldives

Mohamed Nasheed (Dhivehi: މުހައްމަދު ނަޝީދު), né le 17 mai 1967 à Malé (Maldives), est un homme politique maldivien, président de la République de novembre 2008 à février 2012. Il est l'une des principales figures de l'opposition au président 

 

Études

Il est titulaire d'une licence d'études maritimes de l'Université de Liverpool John Moores au Royaume-Uni, et a également effectué des études aux Sri Lanka2.

Militant des droits de l'homme

Il est journaliste et militant des droits de l'homme avant d'entrer en politique3 4. Il est arrêté une première fois en 1990 après avoir publié un article dénonçant des actes de corruption du gouvernement. En 1991, Amnesty International le décrit comme un prisonnier d'opinion. Il passe une partie des années qui suivent en prison, en résidence surveillée ou en exil interne sur un atoll loin de la capitale. Ses deux filles naissent pendant qu'il purge dix-huit mois d'isolement carcéral2,5. Il est élu député en 20002. En novembre 2001, il est « condamné à une peine de deux ans et demi d'interdiction de séjour » pour « vols de biens appartenant à l'État non spécifiés ». Amnesty International déclare alors : « Il est possible que les poursuites judiciaires engagées contre cet homme aient été motivées par des considérations politiques. Amnesty International craint par conséquent que Mohamed Nasheed ne soit un prisonnier d'opinion »6.

En novembre 2003, il quitte le pays et obtient l'asile politique au Royaume-Uni2.

En 2005, de retour au pays, Nasheed est arrêté lors d’une manifestation pacifique à Malé, inculpé pour sédition et de nouveau emprisonné. Amnesty International déclare que « son arrestation avait été motivée par des considérations politiques ». Il est libéré en septembre 20061. En tout, entre 1990 et 2008, il aura été incarcéré seize fois5.

Président de la République

Élection

Nasheed est le candidat du Parti démocratique maldivien à l’élection présidentielle du 8 octobre 2008. Il s'agit des premières élections multipartites dans l'histoire du pays7. Il obtient 25 % des suffrages au premier tour, terminant deuxième derrière le président sortant Maumoon Gayoom. Qualifié pour le second tour8, il l'emporte le 28 octobre suivant avec 54,2 % des voix, contre 46,7 % à son adversaire. Il prend ses fonctions de président des Maldives le 11 novembre 2008.

Politiques

Nouvellement élu, Nasheed annonce pour objectif que le pays atteigne la neutralité carbone en dix ans7. Le 17 octobre 2009, il organise un conseil des ministres à trois mètres sous le niveau de la mer, afin d'alerter l'opinion publique mondiale sur le risque de disparition à terme de son pays et des autres membres de l'AOSIS (Alliance des petits États insulaires) en raison de l'élévation du niveau des eaux suscitée par le réchauffement climatique3. Dans un roman publié en 2005, l'écrivain de science fiction Yann Quero avait déjà fait des Maldives un sultanat sous-marin. Lors de la conférence de Copenhague de 2009 sur le climat, Nasheed confère à des journalistes le statut de membres de la délégation officielle maldivienne, afin qu'ils puissent pénétrer avec leurs caméras derrière les portes fermées et révéler au monde ce qui s'y dit et s'y produit. Il fait de la sensibilisation du monde aux conséquences du changement climatique l'une des priorités de sa présidence, affirmant que sa lutte contre le changement climatique est tout aussi importante que la lutte qu'il a menée pour la démocratie dans son pays. Il suggère également que, la montée des eaux étant sans doute inéluctable, il chercherait à acheter, quelque part, une large parcelle de terre pouvant accueillir la totalité de la population maldivienne, le temps venu. En 2011, le film documentaire américain The Island President est consacré à ses efforts concernant le changement climatique3 9.

Time magazine le décrit en 2009 comme l'un des « héros de l’environnement » et un « visionnaire »9. Foreign Policy le classe 37e sur sa liste des cent grands penseurs de l'année 20104. La même année, Newsweek le décrit comme l'un des dix dirigeants nationaux les plus respectés au monde10.

Démission

Début 2012, il doit faire face à des manifestations de conservateurs musulmans qui l'accusent d'être trop libéral, et même « anti-islamique ». Dans le même temps, la hausse des prix fragilise la popularité du Président ; il est accusé de l'avoir provoquée par ses politiques de lutte contre le déficit budgétaire.

Enfin, et surtout, en janvier il ordonne à l'armée de procéder à l'arrestation d'Abdulla Mohamed, président de la Cour pénale, l'accusant de protéger des membres de l'ancien régime. Les partis d'opposition ainsi que la Cour suprême dénoncent une arrestation « anticonstitutionnelle » ; des manifestants qualifient Nasheed de « dictateur ».

Le 6 février, des policiers attaquent un siège du Parti démocrate (le parti du Président). Le 7, l'armée disperse une manifestation de policiers et d'autres manifestants au moyen de gaz lacrymogène ; l'armée conseille ensuite à Nasheed de démissionner. Celui-ci démissionne le jour même, expliquant qu'il souhaite éviter des débordements violents. Le vice-Président Mohammed Waheed Hassan le remplace, et ordonne la libération d'Abdulla Mohamed11. Peu après, Nasheed déclare qu'il a démissionné sous la contrainte des armes : des soldats en armes l'auraient entouré « et m'ont dit qu'ils n'hésiteraient pas à s'en servir si je ne démissionnais pas ». Waheed dément cette version des faits7.

Au lendemain de sa démission, Nasheed publie un article dans le New York Times, accusant les juges choisis par Gayoom d'avoir « protégé l'ancien président, les membres de sa famille et ses alliés politiques, dont beaucoup sont accusés de corruption, de détournement de fonds et de violations des droits de l'homme ». Il ajoute que la liberté d'expression qu'il (Nasheed) a instaurée a été détournée par des « islamistes extrémistes. Des ministres de l'ancien président ont lancé des injures antisémites et anti-chrétiennes contre mon gouvernement, accusant d'apostasie tous ceux qui cherchaient à défendre les traditions islamiques libérales de notre pays, et affirmant que la démocratie leur donne, ainsi qu'à leurs alliés, le droit d'appeler à un jihad violent et de proférer des paroles de haine ». Concernant l'arrestation d'Abdulla Mohamed, il écrit : « Il me semble que je n'avais pas d'autre choix que de faire ce que j'ai fait »12.

Le 8 février, un porte-parole de la police indique que la police a trouvé de nombreuses bouteilles d'alcool dans les ordures de la résidence présidentielle. La consommation d'alcool étant illégale en dehors des stations touristiques, des poursuites sont envisagée contre Nasheed, qui risquerait jusqu'à trois ans de prison, ou l'exil interne sur une île loin de la capitale13...

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