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LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 13.03.12 | 08h39

Le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, serre le cou du ministre espagnol de l'économie Luis de Guindos, sous les yeux du ministre hollandais des finances, Jan Kees De Jager, le 12 mars 2012.AP/Virginia Mayo
Réunis à Bruxelles, les ministres des finances de l'Union monétaire ont donné un peu d'air au chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, en lui demandant de réduire à la fin de cette année son déficit public à 5,3 % du produit intérieur brut, contre un objectif de 4,4 % prévu à l'origine. Ce nouvel objectif est néanmoins un peu inférieur à celui qu'avait annoncé M. Rajoy le 2 mars à l'issue d'un sommet européen, lorsqu'il avait parlé d'un chiffre de 5,8 %, à la suite d'un déficit en 2011 beaucoup plus important que ce qui était escompté, supérieur à 8 %.
Pour cette année, "l'Eurogroupe estime que la correction du déficit excessif devrait être garantie par un effort supplémentaire de l'ordre de 0,5 point de pourcentage du produit intérieur brut", soit 5,3 %, a déclaré à la presse le chef de file de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, à l'issue de la réunion à Bruxelles.
Dans le même temps, la zone euro a insisté pour que Madrid respecte son engagement à ramener l'année prochaine son déficit public à 3 % du PIB, soit le maximum toléré par le pacte de stabilité et de croissance. Et elle a salué un engagement en ce sens du gouvernement espagnol.
UN RETOUR À 3 % DE DÉFICIT EN 2013 ?
"Il est crucial que l'Espagne se soit engagée à respecter cet objectif budgétaire", a souligné le commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn, pour qui c'est "essentiel pour rétablir la confiance dans l'économie espagnole et dans celle de la zone euro dans son ensemble".
Mais au final, l'Espagne a bien obtenu un geste de ses partenaires. "Ce qui est vraiment important, c'est l'objectif 2013. Ce qui est moins important, ce sont les moyens choisis pour 2012", a tenté de se justifier M. Juncker.
De son côté, Madrid a dit vouloir que le niveau élevé du déficit actuel et le ralentissement de la croissance soient pris en compte pour déterminer l'objectif 2012. "La position de l'Espagne est que deux choses ont changé. La première, c'est qu'il y a eu l'an dernier une déviation de 2,5 points de pourcentage sur le déficit public. La seconde, c'est que les circonstances en termes de croissance économique ont changé significativement", a souligné le ministre espagnol de l'économie, Luis de Guindos.
De nombreux économistes jugeaient de toute façon irréaliste d'exiger de l'Espagne qu'elle divise par deux son déficit en une seule année en 2012, à 4,4 %, au risque sinon de plonger ce pays dans une grave récession comme en Grèce. Le problème à présent, selon eux, est que Madrid ne parviendra probablement pas non plus à tenir l'objectif d'un retour à 3 % de déficit en 2013.
LE DEUXIÈME PROGRAMME D'AIDE À LA GRÈCE CONFIRMÉ
La concession faite à Madrid risque toutefois de mécontenter d'autres pays, contraints de se serrer la ceinture, comme la Belgique, qui a renforcé dimanche son plan de rigueur en adoptant un nouveau train de mesures d'austérité d'un total de 1,82 milliard d'euros, qui s'ajoutent aux 11,3 milliards d'économies décidées à la fin 2011.
Un effort salué comme "considérable" par M. Juncker lundi soir. Il a réfuté l'idée selon laquelle la souplesse dont les partenaires de l'Espagne ont fait preuve lundi constitue un premier coup de canif dans les engagements de la zone euro à plus de discipline budgétaire. Et ce, moins de deux semaines après la signature d'un nouveau pacte de discipline budgétaire.
La soirée de lundi a aussi permis de confirmer le lancement du deuxième programme d'aide à la Grèce, d'un montant de 130 milliards d'euros. Mieux, la dette publique grecque sera ramenée à 117 % du PIB du pays en 2020, soit en-dessous de l'objectif de 120,5 % fixé par l'Eurogroupe, grâce notamment à la réussite du plan d'effacement de la dette d'Athènes par ses créanciers privés, a annoncé M. Juncker.
En revanche, aucune décision n'a été prise sur le renforcement du pare-feu de la zone euro, le Mécanisme européen de stabilité (MES) qui entrera en vigueur en juillet.
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