Plusieurs facteurs semblent s'être conjugués pour aboutir à l'une des pires catastrophes de l'aviation française : le crash du vol Rio-Paris le 1er juin 2009, selon les éléments du rapport final des experts judiciaires, dont l'AFP cite des éléments la veille de sa présentation par le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA). Cette vaste investigation qui aura, au prix d'un effort de longue haleine, pu bénéficier des informations précieuses contenues dans les boîtes noires de l'appareil, conclut à une conjonction d'erreurs humaines et de défaillances techniques, a révélé ce mercredi à l'AFP une source proche du dossier ayant consulté les conclusions. Des causes déjà connues grâce à la communication de différents rapports d'étape.
Selon cette source, "le décrochage a été initié par une trajectoire non maîtrisée alors que survenait la perte de données de pression totale du fait du givrage des sondes Pitot". L'un des premiers éléments avancés peu après le crash pour expliquer la catastrophe. Une défaillance technique en outre déjà constatée par le passé, ce que souligne le rapport, notant des "spécifications de certification (CS25) qui n'ont pas évolué à la suite des incidents de perte d'indications de vitesse depuis 2004".
Le rapport des experts précise ensuite que la "procédure 'IAS douteuses' (requise lors du givrage des sondes, ndlr) bien qu'adaptée à la situation était inadéquate au vu des symptômes perceptibles". Le tout alors que le vol AF-447 évoluait dans des "conditions de vol défavorables: de nuit, en turbulences et sans références visuelles".
Des erreurs humaines
De plus, selon cette source, le rapport souligne que des erreurs humaines ont participé au crash. Le commandant de bord, en repos à ce moment du vol et qui est arrivé tardivement dans le poste de pilotage, n'aurait "pas assumé ses responsabilités managériales" et "a inhibé la volonté de bien faire du copilote", précise cette source.
A la veille de la communication du rapport des experts judiciaires, l'association de victimes AF447 Entraide et solidarité rappelle ses doutes et ses attentes. Elle estime notamment que les rapports d'étape montre que le piqué de l'appareil est dû à "la perturbation des systèmes de commandes de vol et de commande des moteurs par des fausses indications en provenance des sondes extérieures." Elle juge ainsi que les pilotes "se sont retrouvés dans une situation ingérable", bien que leur responsabilité a été mis en cause dans cet événement tragique.
Air France et Airbus ont été mis en examen en février 2011 pour homicide involontaire. La justice va maintenant pouvoir s'appuyer sur ce rapport de plus de 350 pages qui comprend une vingtaine de conclusions. Le crash de l'Airbus A330 effectuant la liaison Rio-Paris a coûté la vie aux 228 passagers et membres d'équipage.
