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L’attitude de la Suisse ne plaît pas à Charles de Courson. Dans une interview publiée ce mardi par le journal « Le Temps », le président (UDI) de la commission d’enquête parlementaire sur l’action du gouvernement pendant l’affaire Cahuzac fustige de la Suisse. Ses propos font suite à la mise en détention préventive de l’ex-cadre de l’établissement financier suisse Reyl Pierre Condamin-Gerbier, témoin dans l’affaire Cahuzac , arrêté en Suisse le 5 juillet, peu après avoir affirmé avoir remis à la justice française des informations sur des personnalités ayant détenu un compte en Suisse.
« Le juste est emprisonné, c’est incroyable », déplore Charles de Courson. « L’attitude de la Suisse est inacceptable pour une démocratie digne de ce nom », poursuit le centriste, qui fustige la pratique cantonale des forfaits fiscaux et l’interprétation « restrictive » des règles en matière d’échange d’informations. « Il faut arrêter l’hypocrisie généralisée », ajoute-t-il.
« Que ceux qui ont commis des crimes accusent ceux qui les dénoncent : il faut être en Suisse pour voir cela », critique-t-il. La commission d’enquête se réunissant ce mardi, « nous allons parler de Pierre Condamin-Gerbier et voir ce que nous pouvons faire », souligne-t-il.
De son côté, Yann Galut, député PS et rapporteur du projet de loi contre la fraude fiscale qui a auditionné Pierre Condamin-Gerbier à huis clos, qualifie cette interpellation de « message menaçant envoyé par la Suisse à l’intention des lanceurs d’alerte », dans une déclaration au journal « Le Temps ». Le député indique avoir demandé au gouvernement français « d’examiner la situation de Pierre Condamin-Gerbier ». « J’ai sollicité le gouvernement et l’ambassade de France à Berne pour vérifier si la protection consulaire lui a été apportée », précise-t-il.
Le 3 juillet, Pierre Condamin-Gerbier avait été entendu par la commission d’enquête chargée de se prononcer sur l’existence de dysfonctionnements dans l’action de l’Etat après les révélations de Mediapart sur le compte genevois de Jérôme Cahuzac.
Au regard des risques encourus en Suisse, Charles de Courson ne comprend pas pourquoi Pierre Condamin-Gerbier est rentré dans son pays, explique « Le Temps », qui cite également le sénateur communiste Eric Bocquet, rapporteur d’une autre commission d’enquête sur le rôle des banques et des acteurs financiers dans l’évasion fiscale et qui a aussi auditionné l’ex-cadre de Reyl : « Pourquoi est-ce qu’il n’est pas resté en France? C’est la question que tout le monde se pose », s’interroge-t-il dans les pages du quotidien helvétique.
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