Certains avaient jugé son silence assourdissant, Fleur Pellerin s'exprime enfin sur le dossier DailyMotion. Dans une interview au Journal du dimanche, la ministre de l'Économie numérique défend le gouvernement qui a bloqué la vente par Orange du site de vidéo à l'américain Yahoo! et se montre solidaire de la décision prise par Arnaud Montebourg. Avant qu'elle ne s'exprime, des informations de presse la disaient irritée par un cavalier seul du ministre du redressement productif.
Fleur Pellerin reconnaît toutefois que "la communication n'était pas exactement alignée comme il aurait fallu qu'elle le soit". Pierre Moscovici a notamment déclaré ne pas avoir été associé à cette décision, contrairement à ce qu'affirmait Arnaud Montebourg.
"L'État était légitime"
Sur le fond du dossier en revanche, Fleur Pellerin n'exprime pas d'états d'âme. "L'État était légitime à faire connaître sa position dans le dossier, parce qu'il est l'actionnaire de référence d'Orange. L'accord avec Yahoo ! n'était pas suffisamment équilibré : il aurait pu conduire à une absorption totale et à une disparition de Dailymotion", explique-t-elle. "Le gouvernement a accordé à juste titre la préférence au développement industriel plutôt qu'à une plus-value et à un gain de cash rapide", poursuit-elle.
La ministre de l'Economie numérique souligne toutefois qu'il "n'est pas question pour autant de dire à certains investisseurs étrangers : vous n'êtes pas les bienvenus. Le financement de notre économie passe par nos capacités à les attirer". Sur MYTF1News, le porte-parole du mouvement des "Pigeons" avait ainsi regretté "un très mauvais signal envoyé à l'étranger".
Avec Google et Apple, une "tension amicale"
Pour Fleur Pellerin, "Dailymotion ne doit pas rester un groupe franco-français, ce serait une impasse économique et industrielle. Mais l'entreprise, sa technologie, ses ingénieurs et ses emplois doivent rester ancrés en France". "Dans nos échanges avec les acteurs américains comme Google ou Apple, il y a une "tension amicale". Mais nous ne vivons pas dans une économie fermée. L'économie numérique n'est pas un village gaulois!", explique-t-elle.
"Nos pépites ont du mal à grossir, il faut les aider. Si cela passe par un tour de table avec des fonds de la Silicon Valley aux côtés d'Orange comme acteur de référence, cela ne me pose aucun problème", ajoute encore Fleur Pellerin. Interrogée sur les ambitions prêtées au groupe Vivendi et à l'entrepreneur Xavier Niel, fondateur d'Iliad, qui, selon le site Wansquare, ont chacun déposé une offre de rachat sur Dailymotion, elle se montre peu diserte. "Toutes les options sont à étudier", dit-elle.

<figcaption class="degrade-une"></figcaption></figure>


