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Affaire Tapie : Christine Lagarde évite la mise en examen

Affaire Tapie : Christine Lagarde évite
la mise en examen
Par Les Echos | 23/05 | 11:14 | mis à jour le 24/05 à 22:16      lien
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Après deux jours d’audition, l’ex-ministre de l’Economie et actuelle directrice générale du FMI a été a été placée sous le statut de témoin assisté par la Cour de justice de la République. Christine Lagarde défendait sa décision de recourir en 2007 à un arbitrage privé et coûteux pour régler le contentieux avec Bernard Tapie sur la vente d’Adidas.

Christine Lagarde - Reuters
Christine Lagarde - Reuters

Après deux jours d’audition, Christine Lagarde a été placée sous le statut de témoin assisté par la Cour de justice de la République . Elle échappe par conséquent à la mise en examen, le statut de témoin assisté étant intermédiaire entre celui de témoin et de mis en examen.

«  Mon statut de témoin assisté n’est pas une surprise pour moi puisque j’ai toujours agi dans l’intérêt de l’Etat et conformément à la loi », a déclaré à la presse la patronne du Fonds monétaire international (FMI) à sa sortie. « Mes explications ont permis d’apporter une réponse aux doutes qui avaient été soulevés concernant les décisions que j’avais prises à l’époque », a dit Christine Lagarde, qui a annoncé qu’elle rentrait à Washington « pour rendre compte » au conseil d’administration du Fonds.

 

Christine Lagarde, ministre de l’Economie de 2007 à 2011, a été entendue pendant près de 24 heures en deux jours sur son rôle dans la décision de s’en remettre à un tribunal arbitral qui a octroyé 403 millions d’euros, intérêts compris, à l’homme d’affaires en juillet 2008.

« Mme Lagarde conserve toute la confiance des autorités françaises et la mienne », avait déclaré mercredi à l’AFP le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici. De son côté, le FMI avait diffusé fin mars un communiqué dans lequel son conseil d’administration réitérait sa « confiance » dans les capacités de sa directrice générale à assumer « efficacement ses fonctions ».

« Aucune instruction donnée »

Lors de son audition, Christine Lagarde a dû détailler ses décisions, du choix d’un arbitrage en 2007 jusqu’à celui de renoncer à tout recours contre la décision du tribunal arbitral, malgré des avis contraires. Le 7 juillet 2008, ce tribunal avait condamné le Consortium de réalisation (CDR), organisme public gestionnaire du passif du Crédit Lyonnais, à verser 285 millions d’euros (400 millions avec les intérêts) à Bernard Tapie. Le choix d’un arbitrage, décidé dans son principe quand Jean-Louis Borloo était ministre de l’Economie en mai 2007, avait été entériné par Christine Lagarde en septembre/octobre 2007.

« L’arbitrage permettait de clore l’ensemble des neuf procédures en cours, les deux parties stipulant, dans le compromis, qu’elles acceptaient de se désister et renonçaient à toute instance ou action », avait-elle expliqué en septembre 2008 devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale. Priée de dire si elle avait évoqué cette décision avec le président Nicolas Sarkozy, elle avait répondu par la négative, précisant « qu’aucune instruction n’avait été donnée ».

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Bayrou regrette que l’immunité de Sarkozy interdise son audition

« Il y a eu au coeur de l’Etat, du gouvernement, l’organisation d’une manoeuvre, d’une série de décisions qui ont spolié le contribuable français au profit de personnes privées », a commenté jeudi sur RTL François Bayrou en donnant acte à Bernard Tapie du fait qu’il n’est pas responsable des décisions dont il a bénéficiées. « Ce n’est pas Bernard Tapie qui a signé les décisions, ce n’est pas Bernard Tapie qui a, au nom de l’Etat, choisi cette procédure absolument exorbitante du droit. Ç’a été fait par ceux qui, au gouvernement, ont décidé que, puisque la justice n’allait dans le sens de ce qu’ils souhaitaient, alors il fallait choisir un arbitrage privé », a-t-il résumé.
Interrogé sur l’importance du témoignage de Nicolas Sarkozy dans cette affaire, le président du Modem a regretté que l’audition de l’ancien chef de l’Etat soit impossible. « Alors même, s’il était prouvé que la décision a été prise au plus haut sommet de l’Etat, comme cela est probable et même inimaginable qu’il en soit autrement, le président de la République de l’époque, Nicolas Sarkozy, ne pourrait pas être poursuivi, ni mis en cause, ni entendu, parce que l’immunité du président de la République est absolue », a rappelé l’ancien candidat à la présidentielle.
« Alors, les exécutants pourraient être mis en cause mais pas le président de la République (...) On voit bien là combien ces institutions sont une interrogation pour tous les citoyens républicains en France »

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