L'ancien ministre de l'Intérieur est soupçonné d'avoir joué un rôle dans la décision en faveur de l'homme d'affaires, Bernard Tapie, selon les enquêteurs.
Dans le volet non ministériel de cette affaire, trois juges d'instruction enquêtent sur la décision de l'ancienne ministre de l'Economie Christine Lagarde (aujourd'hui à la tête du FMI) de recourir à un arbitrage pour solder le contentieux entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais sur la vente d'Adidas. A l'époque de l'arbitrage, en 2008, Claude Guéant était, comme secrétaire général de l'Elysée, le plus proche collaborateur de Nicolas Sarkozy.
Le tribunal arbitral, juridiction privée, avait condamné en juillet 2008 le Consortium de réalisation (CDR), structure publique qui gérait le passif du Crédit lyonnais, à verser à l'homme d'affaires 285 millions d'euros d'indemnités (400 millions avec les intérêts). De nombreuses perquisitions ont été réalisées ces dernières semaines, notamment aux domiciles de Bernard Tapie et de Stéphane Richard, qui était directeur de cabinet de Mme Lagarde à Bercy au moment de l'arbitrage.
Fin janvier, les policiers s'étaient rendus aux cabinets de l'avocat de Bernard Tapie, Me Maurice Lantourne, et à celui de Me Gilles August, un des avocats du Consortium de Réalisation (CDR), structure publique qui gérait le passif du Crédit lyonnais. Ils ont également perquisitionné les domiciles des trois juges arbitraux ayant soldé le contentieux, en l'occurrence l'avocat Jean-Denis Bredin, le magistrat à la retraite Pierre Estoup et l'ancien président du Conseil constitutionnel Pierre Mazeaud.
C'est la Cour de justice de la République (CJR) qui instruit le volet ministériel de l'affaire visant l'actuelle patronne du Fonds monétaire international (FMI) alors qu'elle était ministre de l'Economie.
